À cinq jours de l'ouverture de la Coupe du monde 2026, la Fédération française de football (FFF) a lancé un appel aux autorités algériennes pour demander la libération du journaliste sportif français Christophe Gleizes, détenu depuis plus de deux ans en Algérie, selon RMC Sport.

Lors d'une conférence de presse organisée à l'issue de l'assemblée générale de la FFF à Ajaccio, le président de la fédération, Philippe Diallo, a exprimé l'espoir d'un geste de clémence en faveur du professionnel de presse. « A l'approche de la Coupe du monde et avant son ouverture, un geste de clémence vis-à-vis de ce journaliste sportif serait le bienvenu », a-t-il déclaré. Diallo a insisté sur la nécessité que Christophe Gleizes, « attaché à la grande fête du football », puisse retrouver sa famille et ses proches avant le début du Mondial, prévu le 11 juin 2026.

Ce qu'il faut retenir

  • Christophe Gleizes, journaliste sportif français, purge une peine de sept ans de prison en Algérie depuis juin 2025.
  • Il a été arrêté en mai 2024 en Kabylie, alors qu'il réalisait un reportage sur la JSK, une équipe de football locale.
  • Condamné pour « apologie du terrorisme », sa peine a été confirmée en appel en décembre 2025.
  • Les avocats de Gleizes ont annoncé le 29 janvier 2026 que toutes les procédures judiciaires étaient closes, ouvrant la voie à une éventuelle grâce présidentielle.
  • La FFF, à travers son président Philippe Diallo, a appelé à la clémence des autorités algériennes avant l'ouverture de la Coupe du monde 2026.

Un journaliste arrêté lors d'un reportage en Kabylie

Christophe Gleizes a été interpellé en mai 2024 dans la région de Kabylie, située dans le nord-est de l'Algérie. Selon les informations rapportées par RMC Sport, il se trouvait sur place pour réaliser un reportage sur la JS Kabylie, un club de football emblématique du pays. Les circonstances exactes de son arrestation n'ont pas été précisées dans les documents disponibles, mais les autorités algériennes ont par la suite engagé des poursuites judiciaires à son encontre.

Il a été condamné en juin 2025 à sept ans de prison ferme pour « apologie du terrorisme », une accusation souvent utilisée dans des contextes politiques sensibles en Algérie. Sa peine a été confirmée en appel en décembre 2025, après que le parquet eut introduit un recours contre sa première condamnation. Les avocats du journaliste ont systématiquement nié les charges retenues contre lui, dénonçant une instrumentalisation judiciaire.

Une procédure judiciaire désormais close, place à la grâce présidentielle

Le 29 janvier 2026, les avocats de Christophe Gleizes, Me Amirouche Bakouri et Me Emmanuel Daoud, ont annoncé que « toutes les procédures judiciaires dans cette affaire étaient closes ». Dans un communiqué diffusé sur Facebook, ils ont précisé que la Cour de cassation avait « pris acte du désistement du pourvoi » de leur client et « rejeté au fond » un autre recours introduit par le parquet. « Le débat juridictionnel étant désormais clos, l'avenir de Christophe Gleizes relève à présent des prérogatives discrétionnaires du président (Abdelmajid Tebboune) », ont-ils souligné.

Cette annonce marque un tournant dans l'affaire. Les défenseurs du journaliste estiment que la voie est désormais dégagée pour que le président algérien accorde sa grâce, mettant fin à une détention qui s'est prolongée bien au-delà de la durée initialement encourue pour les faits reprochés. La famille de Gleizes et plusieurs organisations de défense des droits de l'homme, dont Reporters sans frontières (RSF), ont multiplié les initiatives pour sensibiliser l'opinion publique et les autorités à son sort.

La FFF et les proches de Gleizes multiplient les appels à la libération

Alors que le coup d'envoi de la Coupe du monde 2026 approche, la question de la libération de Christophe Gleizes prend une dimension diplomatique et médiatique. Philippe Diallo, président de la FFF, a rappelé lors de sa conférence de presse à Ajaccio que le journaliste était « attaché » à l'événement, sans préciser s'il couvrait spécifiquement la compétition. « La fédération, à travers moi, appelle à cette clémence de la part des autorités algériennes pour que ce journaliste puisse, juste avant la grande fête du football, retrouver sa famille et ses proches », a-t-il insisté.

De son côté, la famille de Gleizes a organisé plusieurs rassemblements pour maintenir la pression sur les autorités algériennes. Une manifestation avait notamment eu lieu à Montpellier le 29 janvier 2026, en partenariat avec le Club de la presse d'Occitanie et Reporters sans frontières (RSF). Ces initiatives visent à rappeler l'enjeu humanitaire que représente sa détention, alors que les négociations autour de la Coupe du monde pourraient servir de levier pour obtenir sa libération.

Et maintenant ?

La prochaine étape repose désormais entre les mains du président algérien Abdelmajid Tebboune. Selon les avocats de Gleizes, la grâce présidentielle constitue la seule issue possible pour mettre fin à sa détention, aucune autre procédure judiciaire ne pouvant plus être engagée. La Coupe du monde 2026, qui débute le 11 juin, pourrait offrir un cadre propice à une décision rapide, mais rien ne garantit que cette hypothèse se concrétisera. Les autorités algériennes n'ont jusqu'à présent pas réagi publiquement à l'appel de la FFF ou aux demandes de grâce formulées par les avocats et les organisations de défense des droits de l'homme.

Si une libération était accordée, Christophe Gleizes pourrait théoriquement quitter l'Algérie avant le début du Mondial, bien que les modalités pratiques d'un tel retour restent à préciser. En cas de refus, la détention du journaliste se poursuivrait, dans l'attente d'une nouvelle décision présidentielle ou d'une évolution politique susceptible de modifier la donne.

Cette affaire illustre les tensions persistantes entre la France et l'Algérie sur les questions de liberté de la presse et de respect des droits humains, alors que les relations diplomatiques entre les deux pays restent marquées par des divergences sur de nombreux sujets, y compris sportifs. La Coupe du monde 2026, qui se déroulera pour la première fois conjointement au Canada, aux États-Unis et au Mexique, pourrait ainsi devenir le théâtre indirect d'un dialogue diplomatique autour de la situation de Christophe Gleizes.

Christophe Gleizes a été condamné pour « apologie du terrorisme » en juin 2025, une accusation souvent utilisée en Algérie dans des contextes politiques sensibles. Ses avocats dénoncent une instrumentalisation judiciaire et affirment que les faits reprochés ne justifient pas une peine aussi lourde.

Les avocats de Gleizes estiment que seule une grâce présidentielle peut désormais permettre sa libération. Le président algérien Abdelmajid Tebboune dispose de prérogatives discrétionnaires pour accorder cette grâce, sans que les motifs de sa décision ne soient communiqués publiquement.