Le tribunal de commerce de Toulouse a accordé un nouveau délai à l’usine Fibre Excellence de Saint-Gaudens (Haute-Garonne) pour examiner une offre de reprise, tout en prononçant la liquidation judiciaire de l’autre site du groupe à Tarascon (Bouches-du-Rhône) dès mercredi 29 juillet, selon Le Figaro.
Ce qu'il faut retenir
- Le tribunal de Toulouse accorde un sursis jusqu’au 24 août pour une offre de reprise du site de Saint-Gaudens, mais prononce la liquidation judiciaire du site de Tarascon dès le 29 juillet.
- Deux usines, employant chacune 270 salariés, sont concernées par cette décision judiciaire.
- Une offre indicative de deux millions d’euros a été déposée, avec un potentiel repreneur alsacien (Soprema) soutenu par la région Occitanie et le département de Haute-Garonne à hauteur de 5 millions d’euros chacun.
- Les offres seront examinées en huis clos le 8 septembre au tribunal de Toulouse, avec une décision attendue dans les jours suivants.
Un sursis temporaire pour éviter la liquidation immédiate
Jeudi 30 juillet, le tribunal de commerce de Toulouse a accordé un délai supplémentaire jusqu’au 24 août pour examiner une offre de reprise pour l’usine Fibre Excellence de Saint-Gaudens. Cette décision intervient après la liquidation judiciaire prononcée dès le 29 juillet pour le site de Tarascon, dans les Bouches-du-Rhône. Les deux établissements, qui emploient chacun 270 salariés, sont désormais dans une situation critique, selon les magistrats.
Le tribunal a reçu une offre indicative et préliminaire pour Saint-Gaudens, accompagnée d’un dépôt de deux millions d’euros « en avance sur le financement d’un éventuel investissement ». Cependant, la situation de l’usine est jugée « irrémédiablement compromise », sans perspective de redressement à moyen terme. Si aucune offre valable n’est validée, la liquidation judiciaire sera prononcée le 15 septembre, comme l’a précisé la décision rendue par les juges.
Une offre en cours de formalisation, soutenue par les pouvoirs publics
Un industriel alsacien, le groupe Soprema, s’est associé à un papetier belge, VPK Group, et au groupe Engie pour renforcer son dossier de reprise. Ce consortium bénéficie également du soutien financier de la région Occitanie et du département de Haute-Garonne, qui ont chacun promis d’injecter cinq millions d’euros dans le projet. Une autre société pourrait également soumettre une proposition avant la date butoir du 24 août.
Les offres seront examinées lors d’une audience en huis clos prévue le 8 septembre au tribunal de Toulouse. La décision sera communiquée dans les jours suivants, sans qu’aucune date précise n’ait encore été annoncée. Entre-temps, le suspense persiste pour les 270 salariés de Saint-Gaudens, dont les emplois sont directement menacés.
Les salariés de Saint-Gaudens entre soulagement et incertitude
Devant les grilles de l’usine de Saint-Gaudens, occupée par les salariés depuis le 21 juin, la nouvelle du sursis a été accueillie avec un mélange de soulagement et de prudence. Sébastien Oustric, délégué syndical de l’établissement, a réagi en déclarant : « On est satisfait de ce sursis, on respire un peu mieux. » Il a ajouté que le repreneur potentiel, un industriel sérieux, s’appuie sur des partenaires solides pour consolider son offre.
Pour autant, l’incertitude reste entière. Si l’offre de Soprema et ses alliés devait être rejetée, la liquidation judiciaire entraînerait la fermeture définitive du site, avec des conséquences dramatiques pour les emplois locaux. Les salariés, conscients de ce risque, tentent de se préparer à toutes les éventualités, tout en espérant une issue favorable.
Contexte : une crise structurelle pour le secteur de la pâte à papier
Les deux usines de Fibre Excellence, situées à Saint-Gaudens et Tarascon, incarnent les difficultés croissantes du secteur de la pâte à papier en France. Soumises à une concurrence internationale accrue et à des coûts énergétiques élevés, ces unités de production peinent à rester compétitives. La liquidation de Tarascon marque un tournant dans cette crise, tandis que Saint-Gaudens bénéficie d’un ultime répit.
Cette situation rappelle celle d’autres sites industriels en France, où les repreneurs se font rares et les aides publiques deviennent indispensables pour éviter des fermetures en cascade. Les pouvoirs publics, régionaux et nationaux, jouent désormais un rôle clé dans la recherche de solutions, comme en témoignent les engagements financiers pris pour soutenir le dossier de Soprema.
En parallèle, la liquidation de l’usine de Tarascon servira de cas d’étude pour les autres sites en difficulté du secteur. Les syndicats et les pouvoirs publics appellent à une réflexion plus large sur la pérennité de ces activités, dans un contexte où les subventions et les partenariats public-privé deviennent des leviers incontournables.
L’offre déposée par le groupe alsacien Soprema, associé au papetier belge VPK Group et au groupe Engie, s’appuie sur un engagement financier de deux millions d’euros, versés en avance. En complément, la région Occitanie et le département de Haute-Garonne ont chacun promis cinq millions d’euros pour sécuriser le projet. Ces fonds doivent permettre de couvrir une partie des coûts d’investissement et de modernisation du site.