Le projet de la FIFA de créer une société commerciale dédiée à la gestion des droits de ses compétitions, dont la Coupe du monde, et d’ouvrir son capital à des investisseurs privés suscite une vive polémique. Selon RMC Sport, l’ancien président de l’instance, Sepp Blatter, a dénoncé avec fermeté cette initiative qu’il qualifie de « grave préjudice pour le football ».

Ce dimanche 9 août 2026, alors que la FIFA cherche à valoriser ses actifs à hauteur de 20 milliards de dollars (soit environ 17,5 milliards d’euros), le projet prévoit la cession d’une partie de ces actifs pour un montant estimé à 4,2 milliards de dollars (environ 3,7 milliards d’euros). Une réunion d’urgence est d’ailleurs prévue cette semaine au sein de l’UEFA pour discuter de cette initiative, jugée « mercantile » par plusieurs acteurs du football européen.

Ce qu'il faut retenir

  • La FIFA envisage de créer une filiale commerciale pour gérer les droits de ses compétitions, dont la Coupe du monde, avec une valorisation estimée à 20 milliards de dollars.
  • Le projet prévoit la cession d’une partie de ces actifs pour un montant de 4,2 milliards de dollars à des investisseurs privés.
  • Sepp Blatter, ancien président de la FIFA (1998-2015), a vivement critiqué cette initiative sur les réseaux sociaux, dénonçant un « grave préjudice pour le football » et affirmant que « personne n’a le droit de vendre notre sport ».
  • Une réunion d’urgence est prévue cette semaine au sein de l’UEFA pour réagir à ce projet.
  • Le Premier ministre britannique, Andy Burnham, a également réagi en soulignant que « le football n’appartient pas aux investisseurs » mais aux supporters.
  • L’entrée au capital de cette filiale commerciale pourrait inclure Thrive Capital, avec à sa tête Joshua Kushner, frère du gendre de Donald Trump et fils de l’ambassadeur des États-Unis en France.

Blatter dénonce une « relation financière » préjudiciable au football

Sepp Blatter, qui a dirigé la FIFA de 1998 à 2015, a pris la parole mardi 8 août 2026 sur les réseaux sociaux pour critiquer ouvertement le projet porté par l’actuel président de l’instance, Gianni Infantino. Dans un message publié sur X, l’ancien dirigeant a pointé du doigt « la relation étroite entre le président de la FIFA et le président des États-Unis », qualifiant cette dynamique de « financière » et portant un « grave préjudice au football ».

« Personne n’a le droit de vendre notre sport », a-t-il martelé, rappelant avec force que le football doit rester un bien commun et non une marchandise. Ses propos s’inscrivent dans un contexte de multiplication des réactions négatives face à ce projet, qui vise à transformer une partie des actifs de la FIFA en une entité commerciale ouverte aux investisseurs privés.

L’UEFA organise une réunion d’urgence face au projet de la FIFA

Face à l’ampleur des critiques, une réunion d’urgence est prévue cette semaine au sein de l’UEFA, l’instance qui chapeaute les fédérations européennes de football. Selon RMC Sport, cette rencontre vise à évaluer les conséquences du projet de la FIFA et à coordonner une réponse unifiée des fédérations européennes.

Plusieurs responsables du football européen ont déjà exprimé leur opposition à cette initiative, la qualifiant de dérive mercantile. Le projet, qui s’inscrit dans une logique de recherche de nouveaux revenus pour la FIFA, soulève des questions sur l’avenir du modèle économique du football mondial et sur la place des supporters dans ce système.

Un Premier ministre britannique s’oppose au projet

La polémique a également gagné la sphère politique. Andy Burnham, nouveau Premier ministre britannique, a pris position contre le projet de la FIFA. Dans une déclaration relayée par RMC Sport, il a rappelé que « le football n’appartient pas aux investisseurs », mais bien à ceux « qui remplissent les tribunes et qui se tiennent au bord du terrain semaine après semaine, qu’il pleuve ou qu’il fasse beau ».

Cette prise de position s’ajoute à celle de plusieurs acteurs du football, qui voient dans ce projet une menace pour l’essence même du sport, fondée sur la passion des supporters et la dimension collective du jeu. Burnham a également souligné que le football devait rester accessible à tous, sans être soumis aux logiques purement financières.

Un partenaire controversé : Thrive Capital et Joshua Kushner

Le choix du partenaire qui pourrait entrer au capital de la future filiale commerciale de la FIFA suscite également des interrogations. Selon RMC Sport, Thrive Capital, un fonds d’investissement américain, est pressenti pour prendre une participation minoritaire dans cette entité. Or, Joshua Kushner, frère du gendre de l’ancien président américain Donald Trump et fils de l’ambassadeur des États-Unis en France, figure parmi les dirigeants de ce fonds.

Cette proximité avec l’administration Trump et les milieux politiques américains ajoute une dimension géopolitique au projet. Certains observateurs y voient un risque de politisation accrue des instances dirigeantes du football mondial, déjà critiquées pour leur manque de transparence et leur opacité financière.

Et maintenant ?

La réunion d’urgence organisée cette semaine au sein de l’UEFA pourrait donner lieu à une prise de position collective des fédérations européennes contre le projet de la FIFA. Pour autant, aucune décision concrète n’a encore été annoncée, et le calendrier des prochaines étapes reste à préciser. La FIFA, de son côté, devrait poursuivre ses négociations avec les investisseurs potentiels, malgré les critiques. Reste à voir si les oppositions politiques et sportives parviendront à faire infléchir la direction prise par Gianni Infantino.

L’équilibre entre la recherche de nouveaux revenus pour financer le développement du football et la préservation de son âme collective pourrait bien être au cœur des débats dans les semaines à venir. Les prochains mois s’annoncent décisifs pour l’avenir économique et sportif du football mondial.

La FIFA cherche à valoriser ses actifs, notamment ceux liés à la Coupe du monde et à d’autres compétitions, en les transformant en une entité commerciale. Ce projet vise à attirer des investisseurs privés pour générer de nouveaux revenus, estimés à 4,2 milliards de dollars pour une cession partielle des actifs.

Joshua Kushner est un homme d’affaires américain, frère de Jared Kushner (gendre de Donald Trump) et fils de Charles Kushner, ambassadeur des États-Unis en France. Il est l’un des dirigeants de Thrive Capital, un fonds d’investissement pressenti pour entrer au capital de la future filiale commerciale de la FIFA.