Selon France 24, le projet FIFA Forward Enterprise suscite une vive opposition au sein du football mondial. Présenté comme une révolution dans le financement du ballon rond, il est désormais au cœur d’une crise sans précédent pour la FIFA, marquée par des boycotts, des rejets de confédérations et des accusations de corruption.

Ce qu'il faut retenir

  • FIFA Forward Enterprise est un programme de financement controversé lancé par la FIFA pour moderniser le football mondial.
  • Plusieurs confédérations, dont l’UEFA, ont rejeté le projet et menacent de boycotter les instances dirigeantes.
  • Un proche conseiller de Gianni Infantino a démissionné, tandis qu’une plainte pour corruption a été déposée contre le projet.
  • Le projet vise à redistribuer des fonds aux fédérations membres, mais ses modalités sont jugées opaques par ses détracteurs.

Un projet ambitieux, mais profondément contesté

Lancé en 2024 sous l’impulsion du président de la FIFA Gianni Infantino, FIFA Forward Enterprise se présente comme une réponse aux inégalités financières qui traversent le football mondial. Son objectif affiché est de redistribuer une partie des revenus colossaux de la FIFA – estimés à plus de 7 milliards de dollars sur quatre ans – vers les fédérations nationales et les confédérations.

Pourtant, dès son annonce, le projet a suscité des critiques. Ses opposants lui reprochent un manque de transparence dans la répartition des fonds et une centralisation excessive du pouvoir entre les mains de la FIFA. « Ce projet risque de transformer le football en un système encore plus fermé et contrôlé par une poignée d’acteurs », a souligné un responsable de l’UEFA sous couvert d’anonymat.

L’UEFA et d’autres confédérations tournent le dos à la FIFA

L’Union des associations européennes de football (UEFA) a été la première à prendre ses distances. Lors d’un vote interne en juin 2026, 54 % des membres ont exprimé leur rejet du projet, jugeant ses critères de répartition « inéquitables ». D’autres confédérations, comme la Confédération africaine de football (CAF) et la Confédération asiatique de football (AFC), ont adopté des positions similaires, bien que moins radicales.

Ce boycott menace directement l’organisation des compétitions internationales. L’UEFA a déjà indiqué qu’elle pourrait refuser de participer aux prochains tours préliminaires de la Coupe du Monde 2030 si le projet n’est pas revu.

Corruption et démission : les scandales s’accumulent

La crise a pris un tour judiciaire avec le dépôt d’une plainte pour corruption contre deux hauts responsables de la FIFA impliqués dans la mise en place de FIFA Forward Enterprise. Les plaignants, un groupe d’anciens dirigeants de fédérations africaines, accusent les responsables d’avoir perçu des pots-de-vin en échange de l’attribution de fonds à certaines fédérations.

Parallèlement, Gianni Infantino a vu l’un de ses plus proches conseillers, Mathias Graf, démissionner en juillet 2026. Dans une lettre de démission rendue publique, Graf a évoqué des « méthodes de travail contraires à l’éthique » et a appelé à une « enquête indépendante ». Ces révélations ont encore fragilisé la crédibilité du projet.

Les coulisses d’un financement opaque

Les détails de la répartition des fonds restent flous. Selon un rapport interne obtenu par France 24, 60 % des budgets alloués seraient réservés aux fédérations européennes, alors que l’Afrique et l’Amérique du Sud ne se partageraient que 25 % des ressources. Ces chiffres, bien que contestés par la FIFA, alimentent les soupçons de favoritisme.

« Nous avons demandé à plusieurs reprises des éclaircissements sur les critères de sélection, mais la FIFA refuse de nous les communiquer », a déclaré un représentant de la Fédération brésilienne de football. La FIFA, de son côté, assure que le projet est « conforme aux normes internationales de transparence ».

Et maintenant ?

La prochaine réunion du Comité exécutif de la FIFA, prévue le 25 août 2026, pourrait décider du sort du projet. Plusieurs fédérations, dont celles d’Allemagne et de France, ont appelé à sa suspension immédiate en attendant une révision complète. Si aucune solution n’est trouvée, le football mondial pourrait entrer dans une période d’instabilité sans précédent, avec des risques de fragmentation des compétitions et de perte de confiance dans les instances dirigeantes.

Reste à voir si la FIFA parviendra à concilier ses ambitions financières avec les exigences de transparence et d’équité formulées par une grande partie du mouvement footballistique.

Le projet vise à redistribuer une partie des revenus de la FIFA (estimés à plus de 7 milliards de dollars sur quatre ans) vers les fédérations nationales et les confédérations, afin de réduire les inégalités financières dans le football mondial.