La Fédération argentine de football a apporté, dans la nuit de jeudi à vendredi, son soutien public à Gianni Infantino, président de la Fifa, alors que ce dernier reste fragilisé par l’abandon de son projet de vente de parts de l’instance mondiale. Ce communiqué intervient quelques heures après que la Confédération sud-américaine (Conmebol), dont fait partie l’Argentine, a exprimé sa « préoccupation face aux actions unilatérales répétées » de la Fifa, selon RMC Sport.
Dans un message adressé directement à Infantino et publié en ligne, la Fédération argentine a salué « la gestion menée au cours des dix dernières années » par le dirigeant italo-suisse. Le texte souligne également la « reconnaissance des erreurs commises durant ce processus » ainsi que « les excuses présentées dans le message sincère adressé aux 211 associations membres de la Fifa » concernant le projet avorté de création d’une société commerciale pour ouvrir le capital de l’instance à des investisseurs privés.
Ce qu'il faut retenir
- Soutien argentin à Infantino : La Fédération argentine a publiquement réaffirmé son appui au président de la Fifa, malgré l’échec de son projet controversé.
- Critiques de la Conmebol : La Confédération sud-américaine a exprimé « à l’unanimité sa préoccupation » face aux « actions unilatérales répétées » de la Fifa, tout en menaçant de ne pas renouveler sa confiance pour l’élection présidentielle de mars 2027.
- Boycott maintenu par l’UEFA : La Confédération européenne, forte de 55 membres, poursuit son opposition en boycottant les compétitions de la Fifa, malgré l’abandon du projet.
- Soutien de la CAF : La Confédération africaine, qui compte 54 membres affiliés, a « réaffirmé à l’unanimité son soutien » à Gianni Infantino.
- Division en Asie : La Confédération asiatique (AFC), avec 46 membres, reste divisée sur la question.
Un soutien précieux pour Infantino en pleine tourmente
Alors que Gianni Infantino traverse une période de forte tension après l’échec de son projet de transformation de la Fifa en une entité commerciale, le soutien de la Fédération argentine représente un ballon d’oxygène politique. Dans son communiqué, l’instance sud-américaine a rappelé que le président de la Fifa a « permis une transformation profonde de la Fifa », notamment en ouvrant l’organisation « à toutes les associations membres et aux confédérations ». « Grâce à un dialogue franc et direct, nous pouvons tous ensemble continuer à promouvoir le football à tous les niveaux et dans toutes ses disciplines », peut-on lire dans le texte.
Ce soutien intervient à un moment clé pour Infantino, alors que le Congrès de la Fifa approche et que la question de sa reconduction à la tête de l’instance se pose. « L’Association que j’ai l’honneur de présider réaffirme sa conviction profonde : la voie à suivre consiste à poursuivre le travail sous votre direction, afin de continuer à développer un football meilleur et toujours plus inclusif », précise le communiqué argentin. Une déclaration qui contraste avec les critiques croissantes adressées à Infantino ces dernières semaines.
La Conmebol sonne l’alarme, mais reste ambiguë sur ses intentions
Quelques heures avant le communiqué argentin, la Conmebol avait adopté une position bien plus critique envers la Fifa. Dans un communiqué publié jeudi soir, la Confédération sud-américaine a exprimé « à l’unanimité sa préoccupation face aux actions unilatérales répétées entreprises sans recourir au dialogue ni aux mécanismes institutionnels prévus pour traiter ce type de situation ». Une référence directe aux méthodes de gouvernance d’Infantino, souvent pointées du doigt pour leur manque de concertation avec les fédérations membres.
Plus inquiétant encore, la Conmebol a menacé de ne pas renouveler sa confiance au président de la Fifa lors de la prochaine élection, prévue en mars 2027. Pourtant, Alejandro Domínguez, président de la Confédération sud-américaine et considéré comme un allié d’Infantino, n’a pas explicitement appelé à sa démission. Une nuance qui laisse planer le doute sur les intentions réelles de la Conmebol : s’agit-il d’une simple pression pour obtenir des garanties de transparence, ou d’un prélude à une opposition ouverte lors du scrutin à venir ?
L’UEFA maintient son boycott, tandis que la CAF et l’AFC envoient des signaux contrastés
Côté européen, la fronde menée par l’UEFA ne faiblit pas. La Confédération, qui regroupe 55 fédérations, maintient son boycott des compétitions organisées par la Fifa, Coupe du monde incluse, malgré l’abandon du projet de vente de parts. Une décision qui illustre le profond malaise entre les deux instances, malgré des tentatives de médiation avortées. « Nous ne participerons à aucune compétition organisée par la Fifa tant que les garanties démocratiques et la transparence ne seront pas rétablies », avait déclaré Aleksander Čeferin, président de l’UEFA, début juillet.
À l’inverse, la Confédération africaine (CAF) a choisi de se ranger publiquement derrière Infantino. Lors d’une réunion en juillet, ses 54 membres affiliés ont « réaffirmé à l’unanimité son soutien » au président de la Fifa. Une position qui s’explique en partie par les nombreux investissements réalisés par la Fifa en Afrique ces dernières années, notamment dans les infrastructures et les compétitions locales. Quant à la Confédération asiatique (AFC), elle apparaît profondément divisée. Avec 46 membres, elle n’a pas encore pris de position collective, certains pays soutenant ouvertement Infantino tandis que d’autres, comme l’Arabie saoudite ou l’Iran, pourraient rejoindre le camp des critiques.
Les prochaines étapes : un Congrès décisif et des élections sous tension
Le prochain Congrès de la Fifa, prévu avant la fin de l’année, s’annonce comme un moment charnière pour Gianni Infantino. Lors de cette assemblée, les 211 fédérations membres devront trancher sur plusieurs dossiers, dont la gouvernance et la transparence de l’instance. Infantino pourrait y présenter de nouvelles réformes pour apaiser les tensions, mais son leadership reste contesté. Le Congrès de 2027, qui verra l’élection du prochain président de la Fifa, s’approche à grands pas : Infantino, candidat unique jusqu’à présent, devra convaincre une majorité des votants pour éviter une crise politique majeure.
Pour l’instant, le patron de la Fifa peut compter sur des soutiens solides, comme celui de l’Argentine ou de la CAF, mais aussi sur des critiques de plus en plus virulentes. La Conmebol et l’UEFA, deux des confédérations les plus influentes, ont clairement indiqué qu’elles ne lui renouvelleraient pas leur confiance sans garanties. Bref, autant dire que la partie n’est pas encore jouée pour Infantino.
En attendant, la Fifa doit composer avec un climat de défiance inédit. Les appels à une « remise à plat complète » de sa gouvernance, lancés par la Concacaf, montrent que le mécontentement dépasse les clivages géographiques. Pour Infantino, l’enjeu n’est plus seulement de sauver son projet avorté, mais bien de restaurer une légitimité ébranlée auprès de ses pairs.
Le projet, porté par Gianni Infantino, visait à transformer la Fifa en une société commerciale en ouvrant son capital à des investisseurs privés. Il a été abandonné face à une opposition massive des fédérations, qui y voyaient un risque de perte de contrôle sur l’instance et une atteinte à son modèle historique. Plusieurs confédérations, dont l’UEFA et la Conmebol, ont critiqué ce projet pour son manque de transparence et ses méthodes unilatérales.
Plusieurs réunions clés sont prévues dans les mois à venir, dont un Congrès de la Fifa avant la fin de l’année. Cet événement sera l’occasion pour Infantino de présenter de nouvelles réformes et de tenter de regagner la confiance des fédérations. Les élections présidentielles, prévues en mars 2027, marqueront un tournant : si Infantino ne parvient pas à obtenir une majorité, une crise politique majeure pourrait éclater au sein de l’instance.