Les fédérations nationales de football disposent d’un délai jusqu’au 19 septembre 2026 pour se prononcer sur la création d’une société commerciale destinée à gérer les activités de la FIFA, annonce l’instance mondiale dans un courrier daté du 28 juillet et consulté par Franceinfo - Sport. Cette proposition, qui vise à attirer des investisseurs extérieurs, pourrait entrer en vigueur dès le 1er janvier 2027, selon les termes du projet dévoilé par Gianni Infantino, président de la FIFA.
Ce qu'il faut retenir
- Les fédérations membres de la FIFA ont jusqu’au 19 septembre 2026 pour approuver ou rejeter le projet de création d’une société commerciale.
- Cette structure permettrait à la FIFA de lever 10 milliards de dollars auprès d’investisseurs privés pour financer le développement du football.
- Chaque fédération participante recevrait 20 millions de dollars dès l’entrée en vigueur du projet, prévue au 1er janvier 2027.
- Gianni Infantino assure que la FIFA « ne cédera le contrôle de quelque nature que ce soit » à ces investisseurs.
- L’UEFA, via un communiqué, dénonce une initiative qui « ne peut pas continuer à utiliser notre sport pour s’enrichir » et met en garde contre une privatisation du football.
Un projet ambitieux pour moderniser les finances du football mondial
Le courrier envoyé aux fédérations membres précise que cette société commerciale, dont la création est encore en discussion, aurait pour mission de gérer l’intégralité des activités commerciales de la FIFA. L’objectif affiché est double : financer durablement le développement du football à travers le monde et sécuriser les revenus futurs de l’instance, souvent critiquée pour son manque de transparence financière. Selon les projections, les 10 milliards de dollars attendus d’ici 2030 pourraient permettre de financer des programmes de formation, d’infrastructures ou encore de soutien aux fédérations les plus modestes.
Dans son courrier, Gianni Infantino insiste sur le fait que cette opération « se fera sans céder le contrôle de quelque nature que ce soit ». Une promesse qui vise à rassurer les sceptiques, alors que le projet suscite déjà des remous parmi les dirigeants du football européen. « La FIFA ne peut pas continuer à utiliser notre sport pour s’enrichir et enrichir ses amis », a réagi l’Union des associations européennes de football (UEFA) dans un communiqué publié ce mercredi, marquant ainsi son opposition frontale à l’initiative.
Des fonds immédiatement disponibles pour les fédérations participantes
Le dispositif proposé par la FIFA prévoit une répartition immédiate des fonds aux fédérations membres qui accepteraient de participer au projet. Chaque fédération recevrait ainsi une enveloppe de 20 millions de dollars, « une opportunité de financement réservée aux seules fédérations membres qui souhaitent y participer », précise le courrier. Ces fonds seraient « disponibles immédiatement à compter du 1er janvier 2027 », à condition que la décision soit prise avant le 19 septembre 2026. Pour la FIFA, ce calendrier serré est justifié par la nécessité de « planifier à l’avance » et d’éviter tout retard dans le déploiement du projet.
Cette proposition intervient alors que la FIFA, présidée depuis 2016 par Gianni Infantino, fait face à des critiques récurrentes sur sa gestion financière et son manque de transparence. Le président suisse, réélu pour un nouveau mandat en 2023, a fait de la modernisation des structures une priorité, notamment après les scandales liés à l’attribution des Coupes du monde 2018 et 2022. Le projet de cession partielle de ses activités commerciales s’inscrit dans cette logique de réforme, même si son adoption reste incertaine.
L’UEFA et d’autres acteurs du football européen opposés au projet
L’opposition la plus marquée vient de l’UEFA, qui regroupe 55 fédérations européennes. Dans un communiqué cinglant, l’instance dirigée par Aleksander Čeferin dénonce un projet qui, selon elle, « franchit une ligne rouge ». « On ne peut pas continuer à utiliser notre sport pour s’enrichir et enrichir ses amis », souligne le texte, sans citer explicitement Gianni Infantino mais visiblement dirigé contre sa politique. L’UEFA, qui a déjà engagé des réformes internes pour limiter les dépenses excessives des clubs et promouvoir une gouvernance plus équitable, craint que ce projet ne renforce encore l’influence des investisseurs privés sur le football mondial.
D’autres voix s’élèvent également contre cette initiative. À Bruxelles, la Commission européenne a récemment rappelé, dans une réponse à une question parlementaire, que « le football reste un sport amateur à l’origine et que toute privatisation massive de ses ressources pourrait poser des problèmes de concurrence et de transparence ». Ces prises de position laissent présager des débats houleux lors de la prochaine assemblée générale de la FIFA, prévue en décembre 2026 à Kigali, au Rwanda.
Pour Gianni Infantino, cette réforme est « un tournant majeur » pour le football. Pour ses détracteurs, c’est une nouvelle étape vers une marchandisation excessive du sport. Dans les deux cas, le calendrier est désormais fixé : le 19 septembre pourrait bien être une date clé pour l’avenir du ballon rond.
Les fédérations qui refuseraient de participer au projet ne bénéficieraient pas des 20 millions de dollars promis par la FIFA. Selon les termes du projet, ces fonds sont « réservés aux seules fédérations membres qui souhaitent y participer ». En revanche, la FIFA n’a pas précisé si d’autres formes de soutien financier pourraient être maintenues pour les fédérations non participantes. Le risque principal réside donc dans un déséquilibre accru entre les fédérations riches et celles qui, faute de moyens, pourraient voir leurs projets de développement ralentis.