Alors que la FIFA prépare le lancement d’une société commerciale pour ouvrir son capital à des investisseurs privés, l’UEFA a réagi avec une fermeté inhabituelle. Dans un communiqué publié ce mardi 9 août 2026, l’instance dirigeante du football européen a dénoncé une « limite franchie » par Gianni Infantino, qualifiant le projet de « marchandisation du football ». Selon RMC Sport, cette réaction s’inscrit dans une opposition frontale entre les deux fédérations, alors que la FIFA vient de conclure avec succès la première Coupe du monde à 48 équipes.
Ce qu'il faut retenir
- L’UEFA critique un projet de la FIFA visant à créer une société commerciale dont le capital serait partiellement ouvert à des investisseurs privés, une première dans l’histoire du football.
- Le président de la FIFA, Gianni Infantino, prévoit de valoriser cette société à 20 milliards de dollars et d’en vendre près de 20 % à un fonds dirigé par un proche de Donald Trump, permettant à la FIFA d’empocher 4,2 milliards de dollars.
- L’UEFA dénonce une « absence totale de transparence » et rappelle que « l’âme et la gouvernance du football ne sont pas des actifs négociables ».
- Pour rallier les fédérations nationales à ce projet, la FIFA promet une augmentation significative des fonds alloués, actuellement estimés à 2 millions de dollars par an pour chaque entité nationale.
- Aleksander Ceferin, président de l’UEFA, a indiqué que « personne n’est propriétaire du football » et que « la FIFA n’a pas le droit de le vendre ».
Un conflit ouvert entre la FIFA et l’UEFA
La tension entre les deux institutions n’est pas nouvelle, mais elle atteint un nouveau sommet avec ce projet de cession partielle du capital de la FIFA. Selon RMC Sport, l’UEFA a réagi avant même l’officialisation du plan par Gianni Infantino, qu’elle accuse de vouloir « financiariser » le football. Dans son communiqué, l’instance européenne souligne que ce projet concerne « toutes les parties prenantes : ligues, clubs, joueurs, supporters, gouvernements et tous ceux qui ont à cœur l’avenir de ce sport ».
Aleksander Ceferin, président de l’UEFA, a martelé lors de la publication du communiqué : « Cela franchit une limite que les instances dirigeantes du football ne devraient jamais dépasser. L’UEFA prend la situation très au sérieux. » Cette prise de position publique marque une escalade dans un conflit déjà tendu entre les deux fédérations, notamment après les révélations de plusieurs médias sur les liens entre Gianni Infantino et des personnalités politiques, dont des proches de Donald Trump.
Un projet économique ambitieux, mais controversé
Pour justifier cette initiative, la FIFA mise sur un argumentaire économique. En collaboration avec la banque d’affaires JP Morgan, Gianni Infantino souhaite créer une entité commerciale dont la valorisation est estimée à 20 milliards de dollars. Selon les projections, la vente de près de 20 % du capital à un fonds d’investissement dirigé par un proche de l’ancien président américain permettrait à la FIFA de percevoir un chèque de 4,2 milliards de dollars — soit environ 3,7 milliards d’euros.
Ce montant colossal servirait, selon la FIFA, à renforcer les moyens financiers des fédérations nationales. Actuellement, celles-ci reçoivent environ 2 millions de dollars par an. Avec ce nouveau modèle, elles pourraient bénéficier de subventions bien plus importantes, une perspective qui pourrait séduire une partie des acteurs du football mondial. Pourtant, cette perspective de « financiarisation » du sport roi reste inacceptable pour l’UEFA, qui y voit une dérive incompatible avec les valeurs traditionnelles du football.
« L’âme et la gouvernance du football ne sont pas des actifs destinés à être négociés, surtout en l’absence totale de transparence quant aux bénéficiaires financiers. Aucun d’entre nous n’est propriétaire du football. Il n’appartient pas à la FIFA de le vendre. »
— Aleksander Ceferin, président de l’UEFA, dans un communiqué publié le 9 août 2026
Des enjeux politiques et financiers qui dépassent le cadre sportif
Le projet de la FIFA s’inscrit dans un contexte plus large, marqué par des interrogations sur la gouvernance du football mondial. Plusieurs parlementaires américains, notamment, ont déjà exprimé leur volonté d’auditionner Gianni Infantino sur ses liens avec l’administration Trump et sur d’éventuels conflits d’intérêts. Ces tensions politiques ajoutent une dimension supplémentaire à un dossier déjà complexe.
Par ailleurs, cette initiative intervient après l’organisation réussie de la Coupe du monde 2026, un tournoi historique avec 48 participants. Les recettes générées par cet événement ont confirmé la capacité de la FIFA à attirer des investisseurs et des sponsors. Cependant, la création d’une société commerciale dédiée soulève des questions sur la redistribution de ces richesses. Si la FIFA promet des retombées financières accrues pour les fédérations nationales, l’UEFA rappelle que ces dernières doivent rester maîtresses de leur destin, sans dépendre de décisions opaques prises à Zurich.
Une opposition idéologique sur le rôle du football
Au-delà des chiffres et des projections économiques, c’est une vision du football qui est en jeu. Pour l’UEFA, le football est un sport collectif, porteur de valeurs sociales et culturelles, et non un produit financier à rentabiliser. Aleksander Ceferin l’a rappelé avec force : « La gouvernance du football ne doit pas être négociable. » Cette position s’appuie sur le soutien de nombreux acteurs du football européen, des ligues aux supporters, en passant par les clubs et les joueurs.
À l’inverse, la FIFA semble prête à franchir ce pas, arguant que la manne financière générée pourrait permettre de financer des projets à long terme, comme le développement du football dans les pays émergents ou la modernisation des infrastructures. Pourtant, pour ses détracteurs, cette logique relève davantage de la logique capitaliste que de la mission sportive. Comme le souligne RMC Sport, la bataille qui s’annonce pourrait bien redéfinir l’équilibre des pouvoirs dans le football mondial.
En attendant, les prochaines semaines seront déterminantes pour mesurer l’ampleur de la mobilisation contre ce projet. Les fédérations nationales, les ligues professionnelles et les associations de supporters devront se positionner clairement. Une chose est sûre : l’avenir du football, entre passion et profit, ne sera plus jamais le même.
L’UEFA considère que la création d’une société commerciale dont le capital serait partiellement ouvert à des investisseurs privés constitue une « marchandisation du football ». Pour elle, l’âme et la gouvernance du sport ne doivent pas être négociables, et la FIFA n’a pas le droit de vendre ce qui appartient à tous les acteurs du football. Aleksander Ceferin a ainsi déclaré que « personne n’est propriétaire du football ».
Si la FIFA met en place ce nouveau modèle, les fédérations nationales pourraient perdre une partie de leur autonomie financière et décisionnelle. Actuellement, elles reçoivent environ 2 millions de dollars par an de la FIFA. Avec la création de la société commerciale, la FIFA promet des subventions bien plus importantes, mais cela les rendrait dépendantes des choix opaques de la direction zurichoise. L’UEFA craint aussi que ces fonds ne soient conditionnés à des contreparties politiques ou économiques.