Le Parlement européen pourrait mettre un terme à tous les avantages fiscaux liés aux voitures thermiques dans les flottes d’entreprises. Une mesure envisagée pour accélérer la transition vers la mobilité électrique, dès 2028. Selon Frandroid, cette proposition s’inscrit dans une stratégie plus large visant à réduire les émissions de CO₂ du secteur des transports.

Ce qu'il faut retenir

  • Le Parlement européen prévoit de supprimer les avantages fiscaux pour les voitures thermiques en entreprise à partir de 2028.
  • L’objectif est d’inciter les entreprises à adopter massivement la voiture électrique.
  • Cette mesure s’inscrit dans le cadre des objectifs climatiques européens pour réduire les émissions du secteur des transports.
  • Les flottes d’entreprises représentent une part significative du marché automobile en Europe.

Une décision motivée par la transition écologique

Le secteur des transports, responsable d’environ un quart des émissions de gaz à effet de serre en Europe, est dans le collimateur des institutions européennes. Pour atteindre ses objectifs climatiques, l’Union européenne mise sur l’électrification des flottes professionnelles, un levier jugé stratégique. « Supprimer les avantages fiscaux pour les véhicules thermiques dans les entreprises permet d’accélérer la transition vers des solutions plus propres », a expliqué un porte-parole du Parlement européen auprès de Frandroid.

Cette mesure ne concerne pas uniquement les véhicules neufs. Les véhicules d’occasion thermiques pourraient également être impactés, bien que les modalités exactes restent à préciser. Les entreprises disposent donc de moins de trois ans pour adapter leurs stratégies d’achat et de gestion de flotte.

Les entreprises face à un défi financier et logistique

Pour les entreprises, cette décision représente un changement majeur. Les avantages fiscaux, comme la déductibilité partielle de la TVA ou les exonérations sur les taxes annuelles, constituent des économies substantielles. Leur suppression pourrait peser lourd dans les budgets des sociétés, surtout pour celles dont les flottes sont encore majoritairement thermiques.

Selon des estimations citées par Frandroid, les coûts liés à la transition pourraient atteindre plusieurs milliers d’euros par véhicule pour les entreprises. Cela inclut non seulement l’achat de véhicules électriques, mais aussi l’adaptation des infrastructures de recharge et la formation des conducteurs. Bref, un investissement conséquent qui pourrait dissuader certaines structures, en particulier les PME.

Un calendrier serré et des incertitudes persistantes

Le Parlement européen n’a pas encore finalisé le texte de loi, mais les discussions avancent rapidement. Si la mesure est adoptée, elle devrait entrer en vigueur en 2028, laissant aux entreprises un délai de trois ans pour s’adapter. Cependant, des zones d’ombre subsistent, notamment sur les aides publiques qui pourraient accompagner cette transition.

Certains parlementaires plaident pour un accompagnement financier renforcé, tandis que d’autres estiment que les mécanismes du marché suffiront à encourager l’électrification. « Il faut éviter que cette mesure ne pénalise les entreprises les moins solvables », a souligné un député européen sous couvert d’anonymat.

Et maintenant ?

D’ici la fin de l’année 2026, le Parlement européen devrait finaliser sa proposition législative, avant son adoption définitive en 2027. Les entreprises ont donc tout intérêt à anticiper dès maintenant cette transition, en évaluant leurs besoins en véhicules électriques et en étudiant les solutions de financement disponibles. Reste à voir si les États membres suivront cette orientation, certains pays ayant déjà adopté des mesures similaires, d’autres traînant des pieds.

Cette réforme s’inscrit dans un contexte où l’Europe cherche à réduire sa dépendance aux énergies fossiles et à accélérer la décarbonation des transports. Une ambition qui pourrait bien redessiner le paysage de la mobilité professionnelle dans les années à venir.

Selon Frandroid, la mesure vise l’ensemble des voitures thermiques, qu’elles soient essence ou diesel, neuves ou d’occasion, utilisées dans le cadre des flottes d’entreprises. Les véhicules hybrides non rechargeables pourraient également être impactés, mais aucune précision n’a encore été apportée sur ce point.