À la veille de la finale de la Ligue des champions opposant le Paris Saint-Germain à Arsenal ce samedi 30 mai à Budapest, les professionnels de la restauration parisienne expriment leur inquiétude face aux contraintes imposées par les autorités. Selon Franceinfo - Sport, Alexandre Bernard, représentant de l’Union des Métiers et des Industries de l’Hôtellerie (Umih) en Île-de-France, estime que « que l’équipe gagne ou perde, les dégâts seront les mêmes ». Une déclaration faite sur les ondes d’ICI Paris Île-de-France ce vendredi 29 mai, alors que les dispositifs de sécurité se mettent en place pour éviter les débordements observés lors des précédentes finales.

Ce qu'il faut retenir

  • Les restaurateurs des Champs-Élysées seront contraints de fermer à 16h ce samedi, avec une réouverture dimanche à 7h, sauf pour les palaces autorisés à ouvrir normalement.
  • Le ministre de l’Intérieur a déployé 22 000 policiers et gendarmes sur l’ensemble du territoire, dont 8 000 en Île-de-France, et a demandé aux préfets de « ne tolérer aucune violence ou dégradation ».
  • Lors de la finale de 2025, remportée par le PSG à Munich, 5 400 membres des forces de l’ordre avaient été mobilisés en région parisienne.
  • À Nantes, les transports en commun (trams et bus) ne circuleront pas en centre-ville samedi soir pour éviter les incidents.
  • L’an dernier, 563 interpellations avaient eu lieu après la victoire du PSG, avec 307 gardes à vue prononcées.

Des restaurateurs contraints à l’inaction malgré l’événement

Alexandre Bernard, interrogé par ICI Paris Île-de-France, souligne que « plutôt que de penser à faire la fête, on commence à prendre soin de nos affaires, à sécuriser notre clientèle, gérer l’après-match ». Selon lui, entre 25 et 30 établissements des Champs-Élysées ne pourront pas fonctionner ce samedi soir, une période normalement propice aux affaires. « Ça devrait être la fête samedi soir, mais j’ai bien peur que ça tourne à l’orage », confie-t-il, évoquant une décision préfectorale imposant une fermeture anticipée des commerces non essentiels.

Cette mesure, bien que justifiée par les autorités pour des raisons de sécurité, prive les restaurateurs d’un afflux de clients attendu. Les Champs-Élysées, épicentre des célébrations parisiennes lors des grands événements sportifs, devraient pourtant attirer des milliers de supporters ce week-end. Pourtant, les professionnels du secteur redoutent autant les débordements que l’absence de rentabilité pour une soirée cruciale pour leurs finances.

Un dispositif policier exceptionnel face aux risques de violences

Mercredi 27 mai, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a détaillé un plan de sécurité inédit pour encadrer les célébrations liées à la finale. « Un télex a été envoyé aux préfets pour leur demander de ne tolérer aucune violence et/ou dégradation », a-t-il précisé, confirmant la mobilisation de 22 000 agents à l’échelle nationale, dont 8 000 en Île-de-France. Cette mobilisation dépasse largement celle de l’an dernier, où 5 400 policiers et gendarmes avaient été déployés en région parisienne lors de la victoire du PSG contre l’Inter Milan à Munich.

Cette année, les craintes portent notamment sur les risques de tensions entre supporters des deux équipes ou sur des débordements liés à l’alcool, un scénario déjà observé par le passé. Les autorités redoutent également des actes de vandalisme ciblant les commerces ou les transports, comme cela avait été le cas lors de la finale 2025, où 563 interpellations avaient été recensées, aboutissant à 307 gardes à vue.

Nantes et Budapest : deux villes sous haute surveillance

Outre Paris, d’autres villes françaises adoptent des mesures préventives. À Nantes, où la mairie craint des incidents similaires à ceux de 2025, aucun tram ni bus ne circulera en centre-ville ce samedi soir. Une décision prise pour éviter que les célébrations ne dégénèrent, comme cela avait été le cas l’an dernier, où les supporters du PSG avaient envahi les rues après la victoire.

Du côté de Budapest, où se déroule la finale, les autorités hongroises ont également renforcé leur dispositif sécuritaire. Les supporters des deux clubs, le PSG et Arsenal, devront se plier à des contrôles stricts à leur arrivée dans la capitale hongroise. Les tensions entre les deux camps, bien que rares, restent une préoccupation pour les organisateurs, qui craignent des affrontements avant ou après le match.

Et maintenant ?

Les prochaines heures seront décisives pour évaluer l’efficacité des dispositifs mis en place. Les autorités espèrent que les mesures préventives éviteront les débordements observés lors des éditions précédentes. Pour les restaurateurs parisiens, la question reste entière : comment concilier sécurité et activité économique dans un contexte aussi tendu ? La réouverture dimanche matin à 7h marquera la fin de cette parenthèse exceptionnelle, mais aussi le retour à une certaine normalité pour les commerces concernés.

Plus largement, cet événement soulève la question de la gestion des grands rassemblements sportifs en milieu urbain. Entre impératifs sécuritaires et enjeux économiques, les autorités devront trouver un équilibre pour préserver à la fois l’ordre public et la vitalité des territoires. La finale de la Ligue des champions, symbole de spectacle et de passion, devient aussi un cas d’étude sur la manière dont les villes s’adaptent – ou non – à ces défis.

Cette mesure a été imposée par la préfecture d’Île-de-France pour des raisons de sécurité, afin d’éviter les débordements et les risques de dégradations liés aux célébrations de la finale de la Ligue des champions. Seuls les palaces sont autorisés à ouvrir normalement.

D’après le ministre de l’Intérieur, 8 000 policiers et gendarmes seront déployés en Île-de-France pour encadrer les célébrations et prévenir les violences.