Selon Le Monde - Education, la décision du préfet de Corse de contester devant la justice administrative le financement de 1,3 million d’euros accordé par la Collectivité de Corse à cinq écoles primaires immersives suscite une vive inquiétude. La fédération Scola Corsa, qui porte ces établissements, dénonce une remise en cause de leur existence même.
Ce qu'il faut retenir
- 5 écoles primaires immersives en Corse sont menacées par un recours judiciaire lancé par le préfet.
- La Collectivité de Corse a financé ces établissements à hauteur de 1,3 million d’euros.
- Le recours du préfet vise à contester la légalité de ce financement, selon Le Monde - Education.
- La fédération Scola Corsa dénonce une « remise en question » de l’existence de ces écoles.
Un financement public contesté par l’État
Le préfet de Corse a décidé de former un recours au tribunal administratif pour contester la légalité du financement public alloué par la Collectivité de Corse aux cinq écoles primaires immersives. Ce recours, annoncé ce mardi 16 juin 2026, porte sur une enveloppe de 1,3 million d’euros, jugée illégale par les autorités préfectorales. Scola Corsa, qui fédère ces établissements, s’est immédiatement élevée contre cette décision, qualifiant la situation de menace existentielle pour ses écoles.
Ces établissements, qui proposent un enseignement immersif en langue corse, bénéficient depuis plusieurs années de subventions régionales. Leur modèle pédagogique repose sur une immersion totale dans la langue et la culture corses dès le plus jeune âge. Selon la fédération, ce recours administratif pourrait entraîner la fermeture de ces écoles si le financement venait à être suspendu ou annulé.
Scola Corsa dénonce une « remise en question » de ses écoles
Dans un communiqué diffusé ce jour, Scola Corsa affirme que « l’existence même de ses cinq écoles primaires immersives est remise en question » par cette initiative du préfet. La fédération rappelle que ces établissements, implantés à Bastia et Ajaccio, accueillent chaque année plusieurs centaines d’élèves et jouent un rôle clé dans la préservation et la transmission de la langue corse. « Ce recours est une attaque directe contre notre modèle éducatif et contre l’autonomie de la Corse en matière d’enseignement », a déclaré un porte-parole de la fédération, cité par Le Monde - Education.
Les écoles immersives corses fonctionnent selon un modèle éprouvé, inspiré de ceux existant dans d’autres régions européennes. Elles permettent aux enfants d’apprendre le corse comme langue principale, tout en maîtrisant le français. Leur financement repose en grande partie sur des subventions publiques, complétées par des contributions des familles et des partenariats locaux. La perte de ce soutien financier mettrait en péril leur fonctionnement quotidien.
Quelles suites pour les écoles et les familles ?
Si le tribunal administratif donne raison au préfet, la Collectivité de Corse pourrait être contrainte de rembourser les sommes perçues ou de cesser immédiatement le versement des subventions. Pour Scola Corsa, cela signifierait une remise en cause immédiate de ses activités, avec des conséquences directes pour les quelque 500 élèves actuellement scolarisés dans ces établissements. Les familles concernées, déjà engagées dans ce parcours linguistique, se retrouveraient sans solution alternative viable à court terme.
Du côté des autorités préfectorales, l’objectif affiché est de faire respecter la légalité budgétaire et de s’assurer que les fonds publics sont utilisés conformément aux règles en vigueur. « Nous agissons dans l’intérêt général et dans le strict respect de la loi », a indiqué un représentant de la préfecture, qui n’a pas souhaité préciser si d’autres recours pourraient être envisagés contre d’éventuels autres financements similaires.
Ce conflit illustre les tensions persistantes autour de la question linguistique en Corse, où la préservation du corse reste un enjeu culturel et politique majeur. Alors que les négociations pourraient s’engager entre les parties prenantes, l’équilibre entre autonomie locale et cadre légal national reste plus que jamais au cœur des débats.
Le préfet estime que le financement de 1,3 million d’euros accordé par la Collectivité de Corse aux écoles immersives corses est illégal. Il a donc décidé de saisir le tribunal administratif pour faire annuler cette décision, au nom du respect de la légalité budgétaire et des règles encadrant l’utilisation des fonds publics.