Alors que les feux de forêt mobilisent chaque été des milliers de sapeurs-pompiers en France, notamment en Gironde, l’association Départements de France tire la sonnette d’alarme sur le financement des Services départementaux d’incendie et de secours (Sdis). Dans un communiqué publié ce lundi 9 août 2026, les élus départementaux dénoncent un modèle « plus dimensionné » pour faire face aux risques actuels et appellent à une réforme immédiate du financement de la sécurité civile, selon BFM Business.
Ce qu'il faut retenir
- Les collectivités territoriales financent plus de 90 % du budget de 5,6 milliards d’euros des Sdis en 2026.
- Les départements assument près de 60 % de cet effort, soit une contribution passée de 1,6 milliard d’euros en 2005 à 3,3 milliards d’euros aujourd’hui.
- Départements de France estime que les défis explosent, mais les moyens n’évoluent pas à la même vitesse, atteignant un « point de rupture ».
- L’association demande l’ouverture immédiate d’une réforme assortie de ressources nouvelles, pérennes et à la hauteur des risques.
- Les feux de forêt plus fréquents, les sécheresses durables et les inondations majeures sont cités comme des exemples de risques en augmentation.
Pour les départements, la situation est d’autant plus critique que leurs recettes baissent tandis que leurs dépenses sociales explosent. « Au moment même où les risques explosent, où les feux gagnent en intensité et où les besoins de protection des populations augmentent, les principaux financeurs de la sécurité civile voient leurs marges de manœuvre s’effondrer », soulignent-ils dans leur communiqué. Les élus rappellent avoir alerté « depuis des années » sur ce sujet, sans obtenir de réponse adaptée.
François Sauvadet, président de Départements de France, précise les chiffres : « Les collectivités territoriales financent plus de 90 % des 5,6 milliards d’euros de budget des Sdis, et les départements assument à eux seuls près de 60 % de cet effort. Notre contribution est passée de 1,6 milliard d’euros en 2005 à 3,3 milliards d’euros aujourd’hui. » Il insiste sur l’urgence d’agir : « Les défis explosent, mais les moyens n’évoluent pas à la même vitesse. Aujourd’hui, nous avons atteint un point de rupture. »
Des risques en hausse, des moyens en baisse
L’association dresse un constat alarmant : les feux de forêt deviennent plus fréquents et plus violents, les sécheresses s’installent durablement, les inondations majeures se multiplient, et les missions de secours à personne explosent. « Jamais les sapeurs-pompiers n’ont été autant sollicités », affirme Départements de France. Face à cette réalité, l’association exige une « réponse forte et durable de l’État », car l’augmentation du financement des Sdis ne peut plus reposer uniquement sur les départements.
Jean-Louis Masson, président du conseil départemental du Var, abonde dans ce sens : « Face à la multiplication des événements climatiques extrêmes, l’augmentation du financement des Sdis ne peut plus reposer uniquement sur les départements ». Il rappelle que les départements, déjà asphyxiés financièrement, ne peuvent plus assumer seuls cette charge croissante. « Cette réalité impose une réponse forte et durable de l’État », insiste-t-il.
Un financement à bout de souffle
La situation est d’autant plus tendue que les départements font face à une baisse de leurs recettes fiscales, couplée à une explosion de leurs dépenses sociales. « Les départements dénoncent déjà un risque d’asphyxie financière qui réduit drastiquement leurs capacités d’investissement », rappelle BFM Business. Les élus soulignent que leur contribution a été multipliée par deux en vingt ans, sans que les missions des Sdis n’aient été revues à la baisse pour autant.
Dans ce contexte, Départements de France demande « l’ouverture immédiate d’une réforme du financement des Sdis, assortie de ressources nouvelles, pérennes et à la hauteur des risques auxquels notre pays est désormais confronté ». L’association réclame des solutions structurelles, et non des mesures ponctuelles, pour éviter l’effondrement du système.
Pour l’heure, le ministère de l’Intérieur n’a pas réagi officiellement à l’appel de Départements de France. Pourtant, la question dépasse le cadre des Sdis : elle interroge l’équilibre des finances locales et la capacité de l’État à assumer ses responsabilités en matière de sécurité civile. Les prochains mois s’annoncent décisifs pour éviter une crise majeure dans les services d’incendie et de secours.
Cette crise intervient alors que les appels aux dons pour les pompiers se multiplient chaque été, signe que le système actuel montre ses limites. Bref, le modèle français de financement de la sécurité civile, construit il y a plusieurs décennies, doit être repensé pour s’adapter aux défis climatiques et sociétaux actuels.
Le budget total des Services départementaux d’incendie et de secours (Sdis) s’élève à 5,6 milliards d’euros en 2026, selon Départements de France.
Les départements assument près de 60 % du budget des Sdis, soit une contribution passée de 1,6 milliard d’euros en 2005 à 3,3 milliards d’euros aujourd’hui.