Le tribunal de commerce de Lorient a rendu une décision lourde de conséquences pour l’emploi dans le Morbihan. La Fonderie de Bretagne, située à Caudan, a été placée en redressement judiciaire ce vendredi 3 juillet 2026, comme le rapporte Ouest France. Cette procédure, qui suspend temporairement les créances, ouvre désormais une période de trois mois pour trouver une solution viable, faute de quoi l’entreprise pourrait être liquidée.
Ce qu'il faut retenir
- La Fonderie de Bretagne à Caudan a été placée en redressement judiciaire le 3 juillet 2026 par le tribunal de commerce de Lorient.
- L’entreprise doit désormais trouver trois millions d’euros pour assurer sa pérennité.
- Le repreneur initialement pressenti, Europlasma, a été écarté par le tribunal.
- Une période de trois mois est ouverte pour trouver un nouveau repreneur ou une solution de financement.
- À défaut, la liquidation judiciaire pourrait être prononcée.
Un avenir incertain pour l’un des derniers sites de fonderie en Bretagne
Avec cette décision, le tribunal de commerce de Lorient a acté l’urgence d’une situation déjà fragile. La Fonderie de Bretagne, qui emploie une centaine de salariés, est l’un des derniers sites de fonderie encore en activité dans la région. Son redressement judiciaire intervient dans un contexte économique déjà tendu pour les industries lourdes, confrontées à la hausse des coûts énergétiques et à la concurrence internationale.
Le tribunal a écarté la candidature d’Europlasma, une entreprise spécialisée dans le traitement des déchets industriels, qui avait été évoquée comme repreneur potentiel. « Le tribunal a estimé que le projet présenté par Europlasma ne garantissait pas la pérennité de l’entreprise ni la sauvegarde des emplois », a précisé une source proche du dossier à Ouest France. Le repreneur pressenti devait en effet assumer une dette estimée à plusieurs millions d’euros, un montant jugé trop élevé au regard des garanties proposées.
Trois millions d’euros : le montant clé pour éviter la liquidation
Pour sortir de cette procédure, la Fonderie de Bretagne doit désormais mobiliser trois millions d’euros dans les trois prochains mois. Ce chiffre, avancé par les administrateurs judiciaires, correspond à la fois aux dettes courantes et aux besoins de trésorerie immédiats. « Sans cette somme, l’entreprise ne pourra pas faire face à ses obligations et devra être liquidée », a expliqué un responsable du tribunal de commerce de Lorient.
Les pistes envisagées pour réunir ces fonds restent encore floues. Des discussions sont en cours avec les collectivités locales, la région Bretagne et l’État pour évaluer un éventuel soutien financier. « On examine toutes les options, mais rien n’est acté pour l’instant », a indiqué un élu local sous couvert d’anonymat. Autant dire que le temps presse, alors que les salariés, leurs familles et les sous-traitants attendent des réponses concrètes.
Les salariés en première ligne face à l’incertitude
La procédure de redressement judiciaire place les 110 salariés de la Fonderie de Bretagne dans une position particulièrement délicate. « On nous a assuré que les salaires seraient versés normalement pendant la période de redressement, mais après, on ne sait pas », témoigne un employé sous couvert d’anonymat. Les représentants du personnel ont d’ores et déjà demandé des garanties supplémentaires pour éviter tout licenciement abusif.
Parallèlement, des discussions sont en cours avec les syndicats pour préparer un éventuel plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) si la liquidation venait à être prononcée. « On ne baisse pas les bras, mais on ne se fait pas d’illusions non plus. Sans repreneur solide, l’entreprise n’a pas d’avenir », confie un membre du comité social et économique (CSE).
Une question reste en suspens : la Bretagne, qui mise sur la relocalisation industrielle, sera-t-elle capable de sauver l’un de ses derniers sites de fonderie ? La réponse pourrait donner le ton pour l’avenir de l’industrie lourde en France.
Le tribunal de commerce de Lorient a considéré que le projet de reprise présenté par Europlasma ne garantissait ni la pérennité financière de l’entreprise ni la sauvegarde des emplois. Les administrateurs judiciaires ont jugé que les garanties financières proposées par le repreneur étaient insuffisantes au regard des dettes accumulées par la Fonderie de Bretagne.
Plusieurs pistes sont envisagées : un soutien financier direct des collectivités locales (région Bretagne, département du Morbihan), des aides de l’État via des dispositifs de soutien à l’industrie, ou encore des prêts à taux zéro. Aucun montant n’a encore été officiellement annoncé, mais des discussions sont en cours pour évaluer les options disponibles.