Les pelouses des clubs de football amateur de Laval, en Mayenne, sont devenues impraticables après un été marqué par des vagues de chaleur et une sécheresse exceptionnelle. Face à cette situation, la mairie a pris un arrêté interdisant, jusqu’à la fin du mois de septembre, toute activité sportive sur les terrains en herbe naturelle. Une mesure qui contraint les clubs, dont l’US Lavalloise, à s’entraîner sur des surfaces synthétiques, au risque d’augmenter les risques de blessures pour les joueurs. Selon nos confrères de Franceinfo - Sport, qui ont réalisé un reportage sur place, cette situation inédite en Mayenne illustre les conséquences concrètes du changement climatique sur les pratiques sportives locales.
Ce qu’il faut retenir
- La mairie de Laval a interdit les entraînements et matchs sur les pelouses naturelles jusqu’à fin septembre pour préserver les terrains.
- L’US Lavalloise, comme d’autres clubs de la région, s’entraîne désormais sur des terrains synthétiques, avec des risques accrus de blessures.
- Les matchs de championnat des deux prochains week-ends ont été reportés par la ligue des Pays-de-la-Loire en raison de ces difficultés.
- Les terrains en herbe sont secs, durs comme du béton, et certains clubs doivent adapter leurs créneaux pour partager les rares surfaces disponibles.
Un arrêté municipal pour préserver des pelouses « grillées » par la sécheresse
La décision de la mairie de Laval intervient après un été caniculaire qui a transformé les pelouses des clubs amateurs en déserts de terre craquelée. « Là, il n’y a vraiment plus d’herbe. C’est vraiment que de la terre et du sable », constate Laurent Buron, entraîneur de l’US Lavalloise, en désignant l’unique terrain en herbe du club. Sous sa casquette, il observe une pelouse jaunie, devenue dure comme du béton par endroits. « Concrètement, il n’y a plus d’herbe sur au moins un quart du terrain. Plus loin, dans certaines zones, on a encore des pousses d’herbe parce qu’il y a eu deux ou trois orages. Là où il y a de l’herbe, ça a reverdi par rapport à la semaine dernière. »
Pour préserver ce qui reste des surfaces, la municipalité a pris un arrêté interdisant toute activité sportive sur les pelouses naturelles jusqu’à la fin septembre. Une mesure radicale, mais nécessaire selon les responsables locaux, pour éviter une dégradation irréversible des terrains. « Aujourd’hui, on est obligé de tout revoir, de réaménager, d’étirer les horaires pour pouvoir rentrer dans les cases », explique Laurent Buron, qui doit désormais adapter l’organisation des entraînements de son équipe.
Des entraînements délocalisés sur synthétique, un casse-tête logistique
Pour continuer à préparer leurs joueurs, les clubs lavallois n’ont d’autre choix que de se rabattre sur les deux terrains synthétiques de la ville, partagés entre cinq clubs. Une situation qui pose deux problèmes majeurs : d’abord, celui des blessures, ensuite, celui de la gestion des créneaux horaires.
« Il faut faire très, très attention sur votre ressenti corporel », avertit Laurent Buron auprès des jeunes de l’équipe U17 lors de leur premier entraînement de la saison. Il craint notamment les risques de traumatismes articulaires, comme la maladie d’Osgood-Schlatter, fréquente chez les adolescents. « Pour avoir été dans d’autres clubs où il y avait des terrains synthétiques, on sait qu’à force, ça peut générer des traumatismes », souligne-t-il. Les joueurs, eux, s’adaptent tant bien que mal. « C’est plus dur, il y a plus de chocs quand on court. Mais ça ne me fait pas trop mal physiquement », témoigne l’un d’eux.
Le partage des terrains synthétiques impose également de réduire la durée des séances. « Comme les créneaux sur synthétique sont hyper chronométrés, c’est-à-dire que les seniors de deux autres clubs vont venir derrière, on va être obligés de lâcher le terrain à 19 heures. Donc là, on va faire une séance de 45 minutes », précise l’entraîneur. Un rythme qui complique l’organisation, d’autant que le transport du matériel doit être anticipé pour chaque déplacement.
Une préparation perturbée pour les clubs de la région
La situation n’est pas unique à Laval. Loïc Even, entraîneur des seniors, résume l’ampleur du problème : « On n’a jamais vu ça, en Mayenne ! Tous les terrains en herbe sont grillés, secs, durs. » Pour lui, l’adaptation est possible, mais elle reste complexe. « S’entraîner sur des moitiés de terrains quand on a 25 à 30 joueurs, c’est un peu compliqué, surtout à cette période de préparation. »
Face à ces difficultés, la ligue des Pays-de-la-Loire a décidé de reporter les matchs de championnat des deux prochains week-ends. Une décision qui permet aux clubs de souffler et de mieux préparer leurs joueurs, tout en espérant que les pluies automnales permettront aux pelouses de se régénérer. En attendant, les clubs doivent faire avec les contraintes imposées par la sécheresse, une situation qui pourrait se reproduire avec une fréquence accrue dans les années à venir.
Un phénomène qui dépasse le cadre sportif
Cette sécheresse historique, qui a frappé l’ensemble de la France cet été, a eu des répercussions bien au-delà des terrains de football. Selon les météorologues, les températures records et l’absence de précipitations ont accéléré la dégradation des sols, posant la question de la résilience des espaces verts et des équipements sportifs face au réchauffement climatique. À Laval comme ailleurs, les collectivités doivent désormais repenser la gestion de leurs infrastructures pour les rendre moins vulnérables aux aléas climatiques.
« Températures records, feux “hors norme”, sécheresse “inédite”… », comme le rapportait Franceinfo - Sport dans un dossier récent, l’été 2026 a mis en lumière les défis posés par le changement climatique. Les clubs amateurs, souvent dépendants de subventions locales, pourraient être les premiers à subir les conséquences de cette nouvelle donne environnementale.
La mairie de Laval a pris un arrêté interdisant toute activité sportive sur les pelouses naturelles jusqu’à la fin septembre pour préserver les terrains, devenus secs et durs comme du béton après un été caniculaire. Cette mesure vise à éviter une dégradation irréversible des surfaces.
Les terrains synthétiques augmentent les risques de blessures, notamment articulaires, en raison de leur surface plus dure et de l’absence d’absorption des chocs. Les entraîneurs craignent particulièrement les traumatismes comme la maladie d’Osgood-Schlatter chez les jeunes joueurs.