Plusieurs centaines d’étudiants et de professionnels des médecines alternatives pourraient bientôt voir leurs parcours de formation encadrés par l’État. Philippe Baptiste, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, a en effet demandé au Haut Conseil de l’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur (Hcéres) de réaliser une mission d’évaluation et de cartographie des formations en aromathérapie, acupuncture et autres approches non conventionnelles proposées dans les universités françaises. Une initiative qui vise à clarifier un secteur longtemps marqué par une grande disparité de pratiques et de contenus pédagogiques.
Selon Le Monde – Education, cette annonce s’inscrit dans un contexte où les formations en médecines alternatives, bien que de plus en plus demandées par les étudiants, restent souvent dépourvues de cadre national unifié. Le ministre a précisé que l’objectif était de « garantir la qualité et la transparence des enseignements dispensés », tout en évitant les dérives sectaires ou les pratiques non fondées scientifiquement. La mission confiée au Hcéres devrait aboutir d’ici la fin de l’année 2026, avec un rapport détaillé attendu pour l’automne.
Ce qu'il faut retenir
- Une mission d’évaluation confiée au Hcéres, chargée de cartographier et d’évaluer la qualité des formations en médecines alternatives dans les universités françaises.
- Philippe Baptiste, ministre de l’Enseignement supérieur, a officiellement lancé cette initiative pour encadrer un secteur en pleine expansion.
- Un rapport final attendu pour l’automne 2026, avec pour objectif de clarifier les critères de qualité et d’éviter les dérives sectaires ou pseudoscientifiques.
- Des formations concernées : aromathérapie, acupuncture, homéopathie, ostéopathie, parmi d’autres approches non conventionnelles proposées dans certains cursus universitaires.
- Garantir la transparence et la rigueur scientifique des enseignements, selon les termes employés par le ministre.
Un secteur en croissance mais peu encadré
Depuis plusieurs années, les universités françaises proposent des formations en médecines alternatives, souvent intégrées dans des licences ou des masters spécialisés. Pourtant, ces cursus échappent largement à une régulation nationale, contrairement aux filières médicales classiques. Le Monde – Education souligne que cette absence de cadre a pu favoriser l’émergence de formations aux contenus discutables, voire de structures aux pratiques sectaires. « On observe une grande disparité dans la qualité des enseignements, entre des parcours sérieux et d’autres beaucoup plus flous », explique un responsable universitaire cité par le quotidien.
Les étudiants se tournent de plus en plus vers ces formations, attirés par une approche holistique de la santé ou par des perspectives professionnelles dans les métiers du bien-être. Pourtant, sans un référentiel national, il est difficile pour les futurs diplômés de savoir ce qu’ils peuvent attendre de ces enseignements. La mission confiée au Hcéres pourrait donc aboutir à la création d’un label ou d’un référentiel commun, comme cela existe déjà pour certaines disciplines médicales.
Quelles méthodes pour quels résultats ?
Concrètement, la mission du Hcéres consistera à évaluer la qualité académique des formations, en analysant les programmes pédagogiques, les qualifications des intervenants et les débouchés professionnels proposés. Une attention particulière sera portée sur les liens entre ces cursus et les connaissances scientifiques validées. « L’idée n’est pas de diaboliser les médecines alternatives, mais de s’assurer que les étudiants reçoivent une formation rigoureuse », a précisé un conseiller du ministère.
Parmi les disciplines concernées, l’acupuncture et l’aromathérapie figurent en tête de liste, suivies de l’homéopathie et de l’ostéopathie. Certaines universités, comme celles de Strasbourg ou de Montpellier, proposent déjà des diplômes universitaires dans ces domaines, mais avec des approches très variables. La mission devrait permettre d’harmoniser ces pratiques et d’éviter les formations trop courtes ou trop commerciales.
En attendant, la mission du Hcéres s’annonce comme une première étape vers une plus grande transparence. Pour les étudiants déjà engagés dans ces parcours, la question reste entière : leur formation actuelle sera-t-elle reconnue dans le nouveau cadre ? La réponse dépendra des conclusions du rapport, attendu dans les prochains mois.
Selon les informations de Le Monde – Education, les principales disciplines visées sont l’aromathérapie, l’acupuncture, l’homéopathie et l’ostéopathie. D’autres approches comme la phytothérapie ou la sophrologie pourraient également être concernées, bien que la liste définitive ne soit pas encore arrêtée.