Alors que la Formule 1 traverse une pause imprévue après l’annulation des Grands Prix de Bahreïn et d’Arabie saoudite en raison du conflit en Iran et au Moyen-Orient, les trois premières courses de la saison 2026 offrent déjà un premier bilan contrasté. Entre domination écrasante de Mercedes, percée spectaculaire de Kimi Antonelli et difficultés persistantes pour Red Bull Racing, cette nouvelle ère réglementaire divise autant qu’elle intrigue. Selon RMC Sport, les tendances se dessinent rapidement, tandis que les audiences télévisées en France enregistrent un recul préoccupant.

Ce qu'il faut retenir

  • Mercedes truste les trois premières courses avec deux doublés (Australie et Chine) et mène le championnat constructeurs avec 45 points d’avance sur ses poursuivants après seulement trois manches.
  • Kimi Antonelli, 19 ans, devient le plus jeune leader de l’histoire de la F1 après deux victoires et deux pole positions en trois Grands Prix.
  • Charles Leclerc et Lewis Hamilton permettent à Ferrari de se hisser à la deuxième place du championnat avec 90 points, en progression de 72 points par rapport à 2025 à la même période.
  • Max Verstappen et Red Bull Racing, autrefois intouchables, peinent à suivre et voient leur leader évoquer un éventuel départ si la situation ne s’améliore pas.
  • En France, Canal+ a perdu 300 000 téléspectateurs entre le GP du Japon 2025 et celui de 2026, signe d’un désintérêt croissant pour le nouveau règlement.
  • La FIA organise deux réunions majeures les 9 et 20 avril 2026 pour discuter des ajustements possibles du règlement, alors que les écuries et pilotes réclament des modifications.

Une domination de Mercedes aussi précoce qu’inattendue

Dès les premières manches de la saison, la hiérarchie s’est rapidement dessinée. Mercedes a confirmé son avance, remportant les trois premiers Grands Prix de la saison — en Australie, en Chine et au Japon — avec des doublés en Australie et en Chine. Avec près de 45 points d’écart sur ses poursuivants, l’écurie allemande semble déjà hors de portée, sauf incident. « Mercedes est absolument dominante en ce moment », a résumé l’ancien pilote Mika Salo à RMC Sport. Cette suprématie technique rappelle celle de 2014, lorsque le constructeur allemand avait également creusé un écart décisif dès les débuts de la saison sous un nouveau règlement.

Dans ces conditions, la lutte pour les victoires s’annonce verrouillée pour les prochains Grands Prix. Les autres écuries, conscientes de l’ampleur du retard accumulé, travaillent d’arrache-pied pour combler l’écart. Mais à ce stade, la tâche s’annonce colossale, tant les écarts de performance entre Mercedes et ses adversaires sont marqués.

Kimi Antonelli, l’étoile montante qui défie les records

À seulement 19 ans, Kimi Antonelli s’impose comme la révélation de cette saison 2026. Après une saison 2025 marquée par des performances inégales et des erreurs coûteuses, le protégé de Toto Wolff a pris une maturité évidente. Il a remporté deux des trois premières courses et décroché deux pole positions, devenant le plus jeune leader de l’histoire de la F1. Son coéquipier, George Russell (28 ans), pourtant expérimenté, devra désormais compter avec un adversaire de taille pour la première fois de sa carrière chez Mercedes.

Son ascension impressionne le paddock, même si elle est facilitée par la supériorité technique de la W15. « La relève est déjà là », a souligné RMC Sport, rappelant que la Formule 1 a toujours besoin de jeunes talents pour assurer son avenir. Antonelli, sous contrat jusqu’en 2030, incarne cette nouvelle génération prête à prendre le relais des légendes actuelles.

Ferrari et McLaren en embuscade, Red Bull en crise

Derrière Mercedes, Ferrari se positionne comme le principal rival, avec Charles Leclerc et Lewis Hamilton régulièrement sur le podium. L’écurie italienne totalise déjà 90 points au championnat, soit 72 points de plus qu’à la même période l’an dernier. Ses progrès sont notables, notamment grâce à d’excellents départs et une bonne exploitation du nouveau règlement. « Est-ce qu’on est aussi loin que ce qu’on a vu au Japon par rapport à Mercedes ? Je ne pense pas », a déclaré Leclerc après la course. « Mais ils ont encore un gros avantage, et c’est à nous d’essayer de changer cette situation. »

Juste derrière, McLaren montre des signes de progression, notamment grâce à Oscar Piastri, capable de jouer les trouble-fêtes. En revanche, la déception est immense chez Red Bull Racing. Max Verstappen, quadruple champion du monde, est relégué en fond de top 10 sur certaines grilles et peine à rivaliser avec les leaders. Une situation inédite pour le Néerlandais, qui a plusieurs fois évoqué son manque de motivation et ouvert la porte à un éventuel départ si la situation ne s’améliore pas. « Je ne m’amuse pas cette saison », a-t-il confié, confirmant le « spleen » qui règne chez l’écurie autrichienne.

Le bilan contrasté des pilotes français : Gasly en forme, Ocon en difficulté

Côté français, le bilan est mitigé. Pierre Gasly, désormais chez Alpine, a marqué des points lors des trois premiers Grands Prix, avec une 8e place au championnat et 15 points. Le Français a qualifié sa monoplace de « meilleure voiture de sa carrière » et espère que les évolutions prévues lui permettront de se hisser régulièrement dans le top 5. « On a une base solide, mais il faut continuer à progresser », a-t-il déclaré.

En revanche, Esteban Ocon, toujours chez Alpine, peine à suivre. Malgré un point marqué au Japon, il reste dans l’ombre de son coéquipier Oliver Bearman, qui compte déjà 17 points et pointe à la 7e place du championnat. Mis sous pression par son écurie cet hiver, Ocon devra impérativement hausser son niveau dès le prochain Grand Prix de Miami pour éviter une saison difficile. Une série de malchances en course lors des trois premières manches n’a pas aidé à sa cause.

Les audiences en chute libre en France, un signal d’alerte pour la FIA

Autre tendance préoccupante de ce début de saison : la baisse des audiences télévisées en France. Selon RMC Sport, Canal+ a perdu 300 000 téléspectateurs entre le GP du Japon 2025 et l’édition 2026. Ce recul, particulièrement marqué, interroge sur l’attractivité du nouveau règlement. Les fans semblent désorientés par la récupération d’énergie des monoplaces, qui dicte désormais le déroulement des courses. Un effritement des audiences pourrait inciter la FIA à revoir sa copie. Deux réunions cruciales sont prévues les 9 et 20 avril 2026 pour discuter des améliorations à apporter au règlement.

Cette baisse de popularité n’est pas sans conséquence. La Formule 1 mise beaucoup sur son nouveau format pour attirer un public plus large, mais le risque est de perdre ses fidèles supporters si les courses deviennent trop techniques et moins spectaculaires. La FIA devra trouver un équilibre entre innovation et spectacle pour ne pas aliéner son public historique.

Et maintenant ?

Plusieurs questions se posent après ce début de saison mouvementé. Mercedes parviendra-t-elle à maintenir sa domination jusqu’à la fin de l’année ? Kimi Antonelli confirmera-t-il son statut de nouvelle star de la F1, ou verra-t-on un retour en grâce de Verstappen et Red Bull ? La FIA parviendra-t-elle à ajuster le règlement pour relancer l’intérêt des courses, avant que la lassitude ne s’installe chez les spectateurs ? Autant de défis qui attendent la discipline dans les prochains mois, alors que le prochain Grand Prix de Miami pourrait déjà apporter des réponses, voire des bouleversements.

Une chose est sûre : cette saison 2026 s’annonce déjà comme l’une des plus imprévisibles de la décennie, entre bouleversements sportifs et interrogations sur l’avenir du spectacle.

Ces deux Grands Prix ont été annulés en raison du conflit en Iran et au Moyen-Orient, qui a rendu la situation sécuritaire trop instable pour organiser des courses selon RMC Sport.

La FIA a prévu deux réunions majeures les 9 et 20 avril 2026 pour évoquer les ajustements possibles du règlement, alors que les écuries et pilotes réclament des modifications.