L'équipementier automobile Forvia a connu une perte nette de 2,1 milliards d'euros en 2025, selon ses comptes publiés mardi 24 février. Cette perte est due à la fois à son activité courante et à une dépréciation exceptionnelle de 1,8 milliard d'euros, liée notamment à la vente prévue de son pôle d'aménagements intérieurs (18% du chiffre d'affaires), avec une moins-value de près de 600 millions, déjà inscrite dans les comptes 2025.
Forvia était déjà en perte en 2020, 2021 et 2022. Il n'a enregistré depuis six ans qu'une seule année avec un résultat positif, en 2023. Sa marge opérationnelle a progressé en 2025, à 5,6% contre 5,2%, mais Forvia reste plombé par une dette de six milliards d'euros fin 2025. Sans donner de date, l'équipementier a précisé être en «négociations avancées avec plusieurs parties» pour céder son pôle d'aménagements intérieurs, qui représente un chiffre d'affaires de 4,8 milliards d'euros, 60 sites et 31 000 salariés.
Les suppressions d'emplois se poursuivent
Sur les 10 000 suppressions d'emplois d'ici 2028, annoncées en 2024, Forvia en a déjà réalisé 6 400, d'où des coûts de restructuration de 410 millions d'euros en 2025. Les comptes 2025 comprennent aussi 209 millions d’euros de dépréciation de sa participation dans Symbio (détenue conjointement par Michelin, Stellantis et Forvia), reflétant l'impact de la décision de Stellantis de mettre fin à ses activités dans l'hydrogène.
La dette devrait être ramenée à 4,5 milliards d'euros fin 2026
Une fois le pôle Intérieurs vendu, la dette devrait être ramenée à 4,5 milliards d'euros fin 2026, selon la direction. Forvia prévoit «une amélioration de la rentabilité» et une poursuite de son désendettement, «dans un contexte de ventes plus faibles».
Le secteur automobile est confronté à de nombreux défis
Confrontée au ralentissement du marché automobile européen et à une concurrence féroce de la Chine et des pays à bas coûts, les équipementiers européens ne cessent d'alerter sur les menaces qui pèsent sur leur avenir et de réclamer à l'UE d'accorder une préférence communautaire pour les voitures contenant 70% à 80% de contenu fabriqué en Europe. Bruxelles a encore repoussé sa décision sur ce sujet jusqu'à début mars, en raison notamment des dissensions entre Français et Allemands.
FAQ
Le secteur automobile est confronté à de nombreux défis, notamment le ralentissement du marché européen, la concurrence de la Chine et des pays à bas coûts, ainsi que les coûts de restructuration et de dépréciation.
Bruxelles a encore repoussé sa décision sur ce sujet jusqu'à début mars, en raison notamment des dissensions entre Français et Allemands.
