Journal du Coin révèle qu’une proposition de loi visant à renforcer la protection des investisseurs en cryptomonnaies contre les arnaques aux faux conseillers vient d’être adoptée par l’Assemblée nationale. Ce texte, porté par le député LREM Thomas Gassilloud, vise à encadrer plus strictement les pratiques commerciales dans un secteur où les cas de fraudes se multiplient.
Ce qu'il faut retenir
- Une proposition de loi portée par le député Thomas Gassilloud a été adoptée pour lutter contre les arnaques aux faux conseillers en cryptomonnaies, comme celle ayant visé la plateforme Coinbase.
- Le texte prévoit un durcissement des sanctions contre les fraudeurs utilisant des identités falsifiées pour escroquer les investisseurs.
- Les plateformes comme Coinbase pourraient être tenues responsables si elles ne vérifient pas l’authenticité des conseillers qu’elles mettent en avant.
- Cette loi s’inscrit dans un contexte où les signalements d’arnaques aux cryptomonnaies ont augmenté de 40 % en France entre 2024 et 2025, selon l’Autorité des marchés financiers (AMF).
- Les fraudeurs n’hésitent plus à usurper l’identité de conseillers agréés pour soutirer des fonds à des investisseurs souvent peu expérimentés.
Une loi née d’un cas emblématique : l’arnaque à Coinbase
Le texte adopté par l’Assemblée nationale fait directement suite à une série d’arnaques ciblant des utilisateurs de la plateforme Coinbase. Des escrocs se faisaient passer pour des conseillers officiels de l’entreprise, en utilisant de faux profils sur les réseaux sociaux ou par téléphone. Leur objectif : obtenir les clés privées des portefeuilles cryptographiques des victimes, leur permettant de voler directement leurs actifs. « Ces méthodes de fraude sont d’une efficacité redoutable, car elles jouent sur la crédulité et l’urgence financière », a expliqué le député Thomas Gassilloud lors des débats parlementaires.
Selon les données de la plateforme Coinbase, plus de 1 200 signalements de ce type ont été enregistrés en France depuis le début de l’année 2026, représentant un préjudice estimé à plus de 15 millions d’euros. Les victimes, souvent des particuliers peu familiarisés avec les cryptomonnaies, se retrouvent démunies face à la rapidité des transactions en blockchain, irréversibles dans la plupart des cas.
Un durcissement des sanctions et des responsabilités
La nouvelle loi introduit plusieurs mesures pour limiter ce phénomène. D’abord, elle renforce les sanctions pénales contre les fraudeurs, avec des peines pouvant aller jusqu’à 7 ans de prison et des amendes pouvant atteindre 500 000 euros. Ensuite, elle impose aux plateformes comme Coinbase de vérifier systématiquement l’authenticité des conseillers qu’elles mettent en avant, sous peine de sanctions financières.
« Les plateformes doivent désormais s’assurer que les personnes se présentant comme leurs conseillers sont bien habilitées à le faire. Cela passe par des vérifications d’identité et des contrôles réguliers », a précisé Thomas Gassilloud. Par ailleurs, le texte crée une cellule de veille commune entre l’AMF et les plateformes pour détecter et bloquer rapidement les comptes frauduleux.
Un contexte marqué par une hausse des arnaques aux cryptomonnaies
Cette initiative législative s’inscrit dans un environnement où les arnaques aux cryptomonnaies connaissent une progression alarmante. Selon l’AMF, les signalements d’escroqueries ont bondi de 40 % entre 2024 et 2025, avec un montant total des pertes estimé à plus de 200 millions d’euros. Les fraudeurs utilisent des méthodes de plus en plus sophistiquées, allant de l’usurpation d’identité à l’utilisation de faux sites officiels.
Les réseaux sociaux, notamment X (ex-Twitter) et Telegram, sont devenus des terrains de chasse privilégiés pour ces escrocs. « Les arnaqueurs ciblent particulièrement les influenceurs crypto ou les comptes officiels des plateformes pour gagner en crédibilité auprès de leurs victimes », a souligné un porte-parole de l’AMF. La nouvelle loi prévoit également des peines alourdies pour les fraudeurs utilisant des réseaux sociaux à des fins d’escroquerie.
Dans ce contexte, les autorités appellent les investisseurs à la plus grande prudence. L’AMF rappelle que « tout conseiller en cryptomonnaies doit pouvoir justifier d’une inscription officielle au registre des intermédiaires financiers (RIF) ». Les plateformes comme Coinbase ont également annoncé le déploiement de campagnes de sensibilisation pour informer leurs utilisateurs des risques encourus.
Il est impératif de consulter le registre officiel de l’AMF pour vérifier que le conseiller est inscrit. Par ailleurs, aucune plateforme sérieuse ne demandera jamais les clés privées de votre portefeuille. En cas de doute, il est recommandé de contacter directement la plateforme ou l’autorité compétente.