Une nouvelle forme d’escroquerie en ligne, baptisée « fraude au deuil », sévit actuellement en Belgique et pourrait s’étendre prochainement en France. Selon Capital, des cybercriminels profi tent de la vulnérabilité des familles endeuillées en postant des messages de condoléances sur les sites de pompes funèbres, avant de tenter d’extorquer des informations personnelles ou financières. Cette manœuvre, déjà observée sur des plateformes spécialisées, a donné lieu à des centaines de signalements en quelques mois.

Ce qu'il faut retenir

  • 130 signalements ont été enregistrés sur la plateforme de l’entreprise de services funéraires Dela en Belgique, parmi 45 000 messages de condoléances publiés en trois mois.
  • Les arnaqueurs se font passer pour des notaires, avocats ou assureurs pour soutirer des documents officiels ou des fonds.
  • Une victime aurait versé de l’argent en prétextant des frais administratifs ou un versement lié à une assurance-vie.
  • Les plateformes de condoléances ne sont pas utilisées par les professionnels du droit ou des assurances pour contacter les familles.
  • Les signalements peuvent être effectués via signal-spam.fr ou la plateforme PHAROS.
  • Cette arnaque pourrait toucher la France « bientôt », selon les observateurs.

Une méthode d’escroquerie qui exploite la détresse émotionnelle

Les auteurs de cette fraude ciblent délibérément des personnes en situation de fragilité psychologique, après le décès d’un proche. D’après les informations rapportées par Capital, les malfaiteurs postent des messages de condoléances sur les registres en ligne des entreprises de pompes funèbres. Une fois un lien de confiance établi, ils se présentent comme des représentants légaux – notaire, avocat ou assureur – et informent les familles de l’existence d’une assurance-vie ou d’un capital décès au nom du défunt.

L’objectif ? Obtenir des documents sensibles, comme un certificat de décès, ou des données bancaires, sous prétexte de finaliser une procédure administrative ou un versement. « Chère Madame, nous avons été informés du décès et souhaitons vous informer de l’existence d’une assurance-vie au nom du défunt », peut-on lire dans un exemple cité par Capital. Une fois ces informations en leur possession, les escrocs peuvent détourner des fonds ou commettre d’autres fraudes.

Des centaines de victimes potentielles en Belgique

L’ampleur du phénomène commence à être documentée. Selon les chiffres communiqués par Dela à TF1 Info et rapportés par Capital, 130 signalements ont été enregistrés sur les 45 000 messages de condoléances publiés sur sa plateforme en ligne entre janvier et mars 2026. Une plainte a été déposée, confirmant l’existence de cette escroquerie et la volonté des autorités de la combattre.

Parmi les cas recensés, une victime aurait cédé à la pression et versé une somme d’argent, prétendue comme des « frais administratifs » ou un « acompte sur un héritage ». Les arnaqueurs n’hésitent pas à jouer sur l’urgence et la culpabilité, poussant les proches à agir rapidement sous peine de « perdre leurs droits ». Pourtant, comme le rappellent les spécialistes, aucune démarche légale ne s’effectue dans l’urgence ou via une plateforme de condoléances en ligne.

Comment reconnaître et éviter cette arnaque ?

Pour se prémunir contre cette fraude, plusieurs réflexes s’imposent. D’abord, il est essentiel de savoir que les notaires, avocats et assureurs ne contactent jamais les familles par ce biais. Toute communication de ce type doit être considérée comme suspecte. En cas de doute, il est recommandé de ne pas répondre et de vérifier directement auprès de l’organisme concerné via ses coordonnées officielles.

Pour signaler une tentative d’escroquerie, les victimes ou leurs proches peuvent utiliser les plateformes dédiées : signal-spam.fr pour les spams et tentatives de phishing, ou PHAROS, la plateforme de signalement des contenus illicites en ligne. Ces outils permettent de contribuer à la lutte contre ce type de criminalité et d’éviter que d’autres familles ne soient victimes.

« Peu importe la situation, vous avez le temps de réfléchir et de vérifier les informations qu’on vous a données. Il ne sera pas « trop tard » en quelques minutes, comme le font croire les arnaqueurs. » — Extrait de l’article de Capital, citant les recommandations des experts.

Une menace qui pourrait s’étendre en France

Si cette arnaque est pour l’heure principalement documentée en Belgique, les observateurs craignent qu’elle ne franchisse rapidement la frontière française. Les mécanismes en ligne et la généralisation des plateformes de condoléances numériques facilitent la propagation de telles pratiques. Selon Capital, les autorités françaises suivent de près l’évolution de ce phénomène et pourraient renforcer les mises en garde auprès du public.

Les services funéraires en France, comme en Belgique, appellent à la vigilance. Les familles sont invitées à rester méfiantes face à toute sollicitation inattendue, surtout dans un contexte aussi sensible. Les professionnels du droit et des assurances rappellent par ailleurs que toute démarche officielle s’effectue par courrier postal ou rendez-vous en agence, jamais par message en ligne ou sur un registre de condoléances.

Et maintenant ?

Les autorités belges et françaises devraient renforcer les campagnes de sensibilisation auprès du grand public dans les semaines à venir. Une collaboration entre les plateformes de services funéraires, les banques et les forces de l’ordre est également envisagée pour limiter l’impact de cette fraude. D’ici l’été 2026, des recommandations officielles pourraient être publiées pour encadrer les pratiques des entreprises funéraires en ligne et mieux protéger les familles. En attendant, la prudence reste de mise.

Cette fraude s’inscrit dans une tendance plus large d’escroqueries ciblant les personnes vulnérables, notamment les personnes âgées ou isolées. Elle rappelle l’importance de rester vigilant face aux sollicitations en ligne, même lorsqu’elles semblent anodines ou bienveillantes.

Ne répondez pas et ne cliquez sur aucun lien. Vérifiez l’identité de l’expéditeur en contactant directement l’organisme mentionné via ses coordonnées officielles (site web ou annuaire). Signalez le message sur signal-spam.fr ou PHAROS pour aider à lutter contre cette fraude.

Les professionnels du droit, des assurances ou des banques ne contactent jamais les familles par ce biais. Méfiez-vous des messages urgents ou culpabilisants, ainsi que des demandes de documents officiels ou d’argent. En cas de doute, ignorez le message et signalez-le.