Entre le 24 et le 30 juillet 2026, Hong Kong a enregistré au moins 9 millions de dollars de pertes liées à des arnaques sentimentales impliquant des cryptomonnaies. Selon Cryptoast, la police locale a recensé 25 cas de ce type de fraude sur cette période, illustrant l’ampleur prise par le phénomène de « pig butchering ».

Parmi les victimes, une agente d’assurance a perdu 3,3 millions de dollars après avoir été manipulée par une personne rencontrée en ligne, se faisant passer pour son « conjoint ». Cette dernière l’a convaincue d’investir dans une application de trading frauduleuse, un scénario typique de ces escroqueries qui se multiplient à l’échelle mondiale.

Ce qu'il faut retenir

  • 9 millions de dollars perdus en une semaine à Hong Kong, entre le 24 et le 30 juillet 2026, selon les chiffres communiqués par la police locale et rapportés par Cryptoast.
  • Au moins 25 cas de fraudes sentimentales liées aux cryptomonnaies ont été recensés, dont celui d’une agente d’assurance ayant perdu 3,3 millions de dollars.
  • Le mode opératoire repose sur une relation de confiance établie en ligne, avant d’orienter les victimes vers des plateformes de trading frauduleuses.
  • Le « pig butchering », une technique d’arnaque particulièrement lucrative, aurait permis à des réseaux criminels de dérober plus de 75 milliards de dollars entre janvier 2020 et février 2024.

Un schéma d’arnaque rodé et de plus en plus sophistiqué

Les escroqueries par « pig butchering » — littéralement « abattage du porc », en référence à l’engraissement progressif de la victime avant l’abattage — suivent un protocole bien établi. Selon les données compilées par Cryptoast, les malfaiteurs prennent contact avec leurs cibles via des applications de rencontre ou de messagerie, parfois pendant plusieurs mois, afin de créer un lien de confiance.

Une fois la relation instaurée, les arnaqueurs évoquent progressivement un investissement en cryptomonnaies, souvent présenté comme une opportunité exceptionnelle. Les victimes sont ensuite redirigées vers des sites imitant des plateformes de trading légitimes, affichant des profits fictifs pour les inciter à investir des sommes toujours plus importantes. La prise de conscience de la fraude intervient généralement au moment où les victimes tentent de retirer leurs fonds, réalisant alors que ces derniers ont disparu.

Un phénomène mondial qui dépasse les frontières de Hong Kong

Le « pig butchering » n’est pas un problème circonscrit à Hong Kong. Selon une étude menée par des chercheurs de l’Université du Texas à Austin, relayée par Cryptoast, ces réseaux criminels, majoritairement basés en Asie du Sud-Est, auraient causé des pertes dépassant les 75 milliards de dollars à l’échelle mondiale entre janvier 2020 et février 2024.

Ces chiffres témoignent de l’ampleur prise par ce type de fraude, qui s’est professionnalisé au point de ressembler à de véritables « usines à arnaques ». Les escrocs ont perfectionné leur technique, exploitant les failles psychologiques des victimes pour maximiser les gains. Autant dire que la lutte contre ce phénomène reste un défi majeur pour les autorités internationales.

Les autorités tentent de réagir, mais les résultats restent limités

Face à l’augmentation des fraudes, les gouvernements et les forces de l’ordre ont commencé à se mobiliser. Aux États-Unis, par exemple, les autorités ont gelé 700 millions de dollars en cryptomonnaies liées à ces arnaques en début d’année 2026, après l’arrestation d’un individu présenté comme le « roi du pig butchering ».

Pourtant, ces mesures ne suffisent pas à endiguer le phénomène. Les réseaux criminels continuent de prospérer, profitant de la décentralisation des cryptomonnaies et des difficultés liées à la traçabilité des transactions. Comme le souligne Cryptoast, ces escroqueries ont atteint un niveau de sophistication tel qu’elles s’apparentent désormais à une industrie à part entière, difficile à démanteler.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes pour lutter contre ces fraudes pourraient inclure un renforcement de la coopération internationale entre les autorités judiciaires et les plateformes de cryptomonnaies. Une régulation plus stricte des acteurs du secteur, ainsi que des campagnes de sensibilisation ciblant les populations les plus exposées, pourraient également être envisagées. Reste à voir si ces mesures seront suffisantes pour inverser la tendance, alors que les réseaux criminels continuent de s’adapter et de perfectionner leurs méthodes.

Alors que le « pig butchering » reste un fléau en constante évolution, les autorités et les acteurs du secteur devront redoubler d’efforts pour protéger les investisseurs et limiter l’ampleur de ces arnaques. La question reste entière : ces initiatives suffiront-elles à endiguer un phénomène qui semble, pour l’instant, gagner en intensité ?

Le « pig butchering » (ou « abattage du porc » en français) est une technique d’arnaque qui consiste à manipuler une victime sur une longue période pour la convaincre d’investir dans des cryptomonnaies ou des placements frauduleux. Le terme fait référence à l’idée d’engraisser progressivement la victime avant de la « saigner » en récupérant l’argent.

Les signes d’alerte incluent une rencontre en ligne qui évolue rapidement vers des discussions financières, des promesses de rendements exceptionnels, ou encore des plateformes de trading inconnues proposant des profits irréalistes. Il est conseillé de toujours vérifier l’identité et les intentions de la personne avant tout investissement.