Le géant automobile Stellantis, issu de la fusion entre PSA et Fiat Chrysler, s’apprête à céder Free2Move, sa plateforme de location de voitures en libre-service, au fonds d’investissement allemand Mutares. Cette opération, annoncée dix ans après le lancement du service, devrait être finalisée d’ici la fin de l’année 2026, bien que le montant de la transaction n’ait pas encore été communiqué. Selon BFM Business, cette décision s’inscrit dans une stratégie de recentrage du groupe sur ses activités industrielles et commerciales.

Ce qu'il faut retenir

  • La cession de Free2Move par Stellantis au fonds Mutares doit intervenir avant la fin 2026.
  • Le montant de la transaction n’a pas encore été révélé.
  • Free2Move, lancé il y a dix ans, propose des services d’autopartage en libre-service.
  • Cette opération s’inscrit dans une volonté de Stellantis de recentrer ses activités.

Un service emblématique à la recherche d’un nouveau propriétaire

Free2Move, plateforme d’autopartage créée en 2016, permet aux utilisateurs de louer des véhicules en libre-service dans plusieurs grandes villes européennes. Avec cette cession, Stellantis confirme sa volonté de se désengager d’une activité jugée non stratégique pour se concentrer sur ses priorités industrielles et technologiques, notamment l’électrification et la mobilité connectée. Le fonds Mutares, spécialisé dans la restructuration et la reprise d’entreprises en difficulté ou en phase de transformation, semble être un partenaire adapté pour accompagner l’évolution de ce service.

Cependant, cette décision intervient dans un contexte où Stellantis multiplie les annonces stratégiques. Le groupe a récemment réaffirmé son engagement en faveur de la production de véhicules électriques, avec des investissements massifs en France et en Europe. La vente de Free2Move pourrait donc s’inscrire dans une logique de recentrage sur ces nouveaux axes de développement, plutôt que comme une réponse à des difficultés financières.

Stellantis en pleine mutation industrielle et technologique

Cette cession s’ajoute à une série d’annonces récentes du constructeur, qui continue de façonner son avenir industriel. En juillet 2021, Stellantis avait révélé un plan d’investissement de 30 milliards d’euros dans l’électrification de ses modèles d’ici 2025, avec pour objectif de proposer une gamme entièrement électrique en Europe dès 2025. Par ailleurs, le groupe a annoncé la création de plusieurs gigafactories de batteries, dont une en Italie, à Termoli, pour répondre à la demande croissante du marché.

Dans le même temps, Stellantis renforce ses partenariats technologiques. En mai 2021, le groupe a signé un accord avec le géant taïwanais Foxconn pour développer des cockpits connectés et des interfaces utilisateurs innovantes. Ces initiatives visent à positionner Stellantis comme un acteur clé de la voiture autonome et des services de mobilité du futur. La cession de Free2Move s’inscrit donc dans une stratégie globale de réorientation vers des activités à plus forte valeur ajoutée.

Un changement de cap après dix ans d’autopartage

Lancé en 2016, Free2Move a connu une croissance significative, notamment dans les grandes métropoles européennes. Le service a permis à des milliers d’utilisateurs d’accéder à des véhicules en libre-service, une offre qui répondait à une demande croissante pour des solutions de mobilité flexible et durable. Cependant, malgré son succès, l’autopartage reste un secteur concurrentiel, où la rentabilité peut être difficile à atteindre sans une taille critique ou des synergies industrielles.

Le fonds Mutares, connu pour ses interventions dans des secteurs en mutation, pourrait ainsi apporter une nouvelle dynamique à Free2Move. Le groupe allemand a notamment accompagné des entreprises dans leur transition numérique et industrielle, ce qui pourrait permettre à Free2Move de se repositionner sur le marché de la mobilité partagée. Reste à savoir si cette cession sera suivie d’investissements supplémentaires ou si Mutares optera pour une stratégie de rationalisation des coûts.

Quelles conséquences pour les utilisateurs et les salariés ?

Pour les utilisateurs de Free2Move, la cession ne devrait pas entraîner de bouleversement immédiat. Stellantis a assuré que le service continuerait à fonctionner normalement pendant la période de transition, jusqu’à la finalisation de la vente. Les contrats en cours seront honorés, et les clients pourront toujours accéder aux véhicules disponibles via l’application dédiée. Cependant, une fois le service sous le contrôle de Mutares, des changements pourraient intervenir, notamment en termes de tarifs, de zones de couverture ou de fonctionnalités proposées.

Côté salariés, l’impact dépendra des intentions du nouveau propriétaire. Mutares pourrait décider de maintenir tout ou partie des équipes en place, ou au contraire, de procéder à des restructurations pour adapter l’activité à sa propre stratégie. À ce stade, Stellantis n’a pas communiqué sur d’éventuels plans sociaux ou des transferts de personnel vers d’autres entités du groupe.

Et maintenant ?

D’ici la fin de l’année 2026, les deux parties devront finaliser les modalités de la transaction, y compris le montant exact de la cession et les garanties accordées aux salariés. Mutares devra ensuite présenter sa feuille de route pour Free2Move, qui pourrait inclure des investissements, une expansion géographique ou une intégration dans une plateforme plus large de mobilité partagée. Stellantis, de son côté, devrait préciser comment les fonds issus de cette vente seront réinvestis dans ses activités prioritaires, notamment l’électrification et l’innovation technologique.

Cette cession marque une étape importante dans la transformation de Stellantis, qui continue de s’adapter à un marché automobile en pleine mutation. Alors que le groupe mise sur la voiture électrique et connectée, la vente de Free2Move illustre sa volonté de se recentrer sur des activités à forte rentabilité et à fort potentiel de croissance.