La lutte contre le frelon asiatique s'intensifie en France. Piégeages, destruction des nids, sécurisation des ruchers : apiculteurs professionnels, État et collectivités locales coordonnent leurs actions pour limiter la progression de cet insecte invasif, arrivé il y a deux décennies sur le territoire. Ouest France détaille les mesures déployées pour protéger les quelque 68 000 détenteurs de ruches, dont 2 400 apiculteurs professionnels.
Ce qu'il faut retenir
- Arrivé en France il y a une vingtaine d'années, le frelon asiatique menace les colonies d'abeilles domestiques
- La filière apicole, l'État et les communes mettent en place des stratégies de piégeage, de destruction des nids et de protection des ruchers
- La France compte plus de 68 000 détenteurs de ruches, dont 2 400 apiculteurs professionnels
- Les méthodes de lutte combinent prévention, intervention directe et sensibilisation des acteurs locaux
Une invasion aux conséquences économiques et écologiques
Originaire d'Asie, le frelon asiatique (Vespa velutina) s'est installé en France vers 2004, probablement via des marchandises importées. Depuis, sa prolifération pose un défi majeur pour les apiculteurs, car il s'attaque aux abeilles domestiques pour nourrir ses larves. « Sans intervention ciblée, les pertes de colonies pourraient atteindre 30 % par an dans les zones les plus touchées », a souligné un représentant de la Chambre d'agriculture interviewed par Ouest France. Les dégâts ne se limitent pas aux ruchers : cet insecte représente aussi une menace pour la biodiversité locale, en déséquilibrant les écosystèmes où il s'installe.
Des mesures coordonnées entre apiculteurs, État et collectivités
Face à cette menace, la filière apicole, l'État et les communes ont mis en place un plan d'action structuré. Celui-ci repose sur trois piliers principaux : le piégeage des reines au printemps, la destruction systématique des nids repérés, et la sécurisation des ruchers. « Nous travaillons main dans la main avec les mairies pour identifier les nids et organiser leur éradication », a expliqué un apiculteur professionnel de Bretagne. Selon les données recueillies par Ouest France, plus de 15 000 nids ont été détruits en 2025, un chiffre en hausse de 20 % par rapport à l'année précédente.
Les pouvoirs publics apportent un soutien logistique et financier. Le ministère de l'Agriculture a alloué cette année 1,2 million d'euros pour financer des campagnes de piégeage et d'information. Les collectivités locales, quant à elles, mobilisent leurs services techniques pour repérer les nids dans les zones urbaines et rurales. « La prévention passe aussi par une meilleure information des citoyens, qui peuvent signaler la présence de frelons asiatiques via des plateformes dédiées » a précisé un responsable de la préfecture de région.
La sensibilisation, clé d'une lutte durable
Au-delà des actions directes, les acteurs du plan de bataille insistent sur l'importance de la sensibilisation. Des sessions de formation sont organisées à destination des apiculteurs, des élus et du grand public. « Il est essentiel que chacun comprenne les enjeux et adopte les bons réflexes », a rappelé un expert de l'ITSAP (Institut de l'abeille). Les messages clés portent sur la reconnaissance du frelon asiatique, différent du frelon européen par sa couleur plus sombre et ses pattes jaunes, et sur la conduite à tenir en cas de découverte d'un nid (ne pas s'en approcher et prévenir immédiatement les autorités compétentes).
La lutte contre le frelon asiatique soulève une question de fond : faut-il envisager des méthodes de contrôle plus radicales, comme l'utilisation de pesticides ciblés ? La réponse divise encore les experts, certains craignant un impact négatif sur les populations d'abeilles non ciblées.