Une odeur de brûlé perceptible loin des zones touchées par les incendies en Gironde et dans les Landes n’est pas une illusion d’optique. Selon Futura Sciences, les panaches de fumée générés par ces feux de forêt peuvent en effet parcourir des centaines de kilomètres, dégradant significativement la qualité de l’air sur leur passage. Cette situation a conduit Atmo Occitanie à placer sept départements de la région en alerte rouge pollution ce dimanche 26 juillet 2026, un épisode qui s’est maintenu jusqu’à ce lundi 27 juillet.

Ce qu'il faut retenir

  • Sept départements d’Occitanie (Lot, Aveyron, Tarn, Tarn-et-Garonne, Lozère, Gard, Hérault) ont été placés en alerte rouge pollution de l’air en raison des fumées venues de Gironde et des Landes.
  • Ces fumées sont particulièrement chargées en particules fines PM2.5, dangereuses pour la santé respiratoire et cardiovasculaire.
  • L’épisode de pollution devrait prendre fin mardi 28 juillet, après un changement de direction des vents.
  • Les personnes vulnérables (enfants, personnes âgées, malades chroniques) sont les plus exposées aux risques sanitaires liés à ces particules.
  • Santé publique France et Atmo Nouvelle-Aquitaine surveillent activement la situation en Nouvelle-Aquitaine, où un épisode de pollution local est également en cours.

Une pollution qui ne connaît pas les frontières administratives

Les incendies qui ravagent actuellement le massif des Landes et plusieurs zones de Gironde dégagent des fumées dont les particules fines – notamment les PM2.5 – voyagent bien au-delà des zones sinistrées. Selon Futura Sciences, ces particules, d’une taille inférieure à 2,5 micromètres, peuvent pénétrer profondément dans les poumons et même entrer dans le sang, posant des risques pour la santé cardiovasculaire et respiratoire. Leur concentration anormalement élevée dans l’air a justifié le placement en alerte rouge de sept départements occitans, où la qualité de l’air est désormais jugée très dégradée.

Cette situation n’est pas isolée. Les spécialistes rappellent que les panaches de fumée peuvent parcourir jusqu’à plusieurs centaines de kilomètres, selon les conditions météorologiques. Atmo Occitanie a ainsi confirmé dans un communiqué publié ce 27 juillet que « dans la matinée du 28 juillet, une bascule de vent limitera l’influence des incendies de Gironde et des Landes sur la qualité de l’air en Occitanie ». L’organisme anticipe une amélioration dès mardi, avec la fin de cet épisode de pollution.

Des particules toxiques et des risques sanitaires bien identifiés

Les fumées des incendies de végétation contiennent un mélange complexe de substances nocives. Outre les particules fines PM2.5, responsables de 80 % des composés présents dans ces panaches selon l’Anses, on y trouve également des cendres géantes, des composés organiques volatils (comme l’acroléine, le formaldéhyde ou le benzène), des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), des métaux lourds et des oxydes d’azote (NOx). Même à distance des feux, ces éléments peuvent provoquer des irritations des voies respiratoires, des maux de gorge, des otites, voire des dermatites atopiques.

Les risques sont particulièrement élevés pour les populations vulnérables : enfants, personnes âgées, femmes enceintes, malades chroniques (asthme, BPCO, diabète, maladies cardiovasculaires ou rénales). Selon l’expertise collective publiée par l’Anses en 2026, l’exposition aux fumées peut altérer temporairement la fonction pulmonaire et augmenter le risque d’hospitalisation pour les personnes souffrant de maladies respiratoires. Les pompiers, eux, sont doublement exposés : lors des phases d’attaque du feu, mais aussi après l’extinction, en raison de la contamination de leur équipement par les suies.

Un épisode de pollution qui s’étend au-delà de l’Occitanie

Si l’Occitanie est la région la plus touchée par la migration des fumées en provenance de Nouvelle-Aquitaine, Atmo Nouvelle-Aquitaine a également signalé un épisode de pollution aux particules dans Gironde, les Landes et le Lot-et-Garonne. Ces départements restent sous surveillance en raison de la persistance des incendies et des conditions météo favorables à l’accumulation des fumées. Santé publique France a indiqué maintenir « une surveillance sanitaire forte, en lien avec Atmo Nouvelle-Aquitaine, tant que l’épisode lié aux incendies demeure actif ».

Les autorités sanitaires rappellent que les particules fines ne connaissent pas les limites départementales. Leur dispersion dépend des vents dominants et de l’intensité des feux. Dans un contexte de réchauffement climatique, ces épisodes pourraient devenir plus fréquents et plus intenses, comme l’ont montré les mégafeux observés au Canada ou en Australie ces dernières années.

Quels gestes adopter pour se protéger ?

Face à cet épisode de pollution, les experts de l’Anses recommandent plusieurs mesures pour limiter l’exposition aux particules fines. Dans les zones concernées, il est conseillé de limiter les déplacements et le temps passé à l’extérieur, de maintenir portes et fenêtres fermées et de n’aérer qu’en l’absence de panaches de fumée. Les aérations doivent être occultées avec des linges humides, et les ventilations mécaniques contrôlées (VMC) doivent être stoppées pendant les pics de pollution.

Pour les personnes sensibles, le port d’un masque FFP2 est recommandé en cas d’exposition directe aux fumées. En cas de symptômes (toux, irritation des yeux, essoufflement), il est conseillé de consulter un médecin généraliste ou, en cas de gêne respiratoire importante, d’appeler le 15. À l’intérieur des logements, il est préférable d’éviter l’utilisation d’encens ou de bougies, qui peuvent aggraver la pollution de l’air intérieur.

Et maintenant ?

Selon les prévisions de Atmo Occitanie, l’épisode de pollution devrait s’atténuer dès mardi 28 juillet, avec une bascule des vents limitant l’arrivée des fumées en provenance de Nouvelle-Aquitaine. Cependant, la situation reste sous surveillance, notamment en Nouvelle-Aquitaine, où les incendies persistent. Les autorités sanitaires appellent à la vigilance, en particulier pour les populations vulnérables, et rappellent l’importance de suivre les recommandations en matière de qualité de l’air.

Cet épisode illustre une fois de plus la nécessité de renforcer la prévention des feux de forêt et de mieux anticiper les risques liés à la pollution atmosphérique, alors que le changement climatique tend à aggraver la fréquence et l’intensité de ces phénomènes.

Selon l’Anses, les particules fines PM2.5 représentent 80 % des composés présents dans les fumées. Ces particules, d’une taille inférieure à 2,5 micromètres, peuvent pénétrer profondément dans les poumons et même entrer dans le sang, posant des risques majeurs pour la santé respiratoire et cardiovasculaire.

Atmo Occitanie prévoit une amélioration dès mardi 28 juillet 2026, avec la fin de l’épisode de pollution aux particules fines dans les sept départements concernés.