Depuis son retrait des terrains au début du mois de juillet, Gaël Kakuta, figure du football français et international congolais, s’exprime sur un sujet rarement abordé avec autant de franchise : la santé mentale des footballeurs. Dans un entretien accordé au média Capté, l’ancien milieu offensif de Chelsea, Dijon, Amiens ou encore Lens a livré une analyse sans concession, selon RMC Sport.
Ce qu'il faut retenir
- Gaël Kakuta estime que 99,9 % des footballeurs sont « tristes », en raison des pressions et responsabilités qui pèsent sur eux.
- L’ancien joueur, aujourd’hui à la retraite, évoque un milieu où les joueurs « portent des masques » et dissimulent leurs difficultés.
- Il cite l’usage de produits pour gérer la fatigue et le stress, au-delà de la simple lassitude physique.
- Gaël Kakuta souligne que 99,9 % des footballeurs cachent leur mal-être, faute d’être écoutés ou compris.
- Son parcours personnel inclut une dépression surmontée grâce à sa foi religieuse, après le décès de sa mère.
Âgé de 35 ans, Kakuta a officiellement mis un terme à sa carrière footballistique à l’issue de la Coupe du monde 2026, lors de laquelle la République démocratique du Congo, son pays d’adoption, a été éliminée par l’Angleterre en huitièmes de finale. Son analyse, publiée par RMC Sport, offre un éclairage rare sur les coulisses psychologiques d’un métier souvent réduit à sa dimension sportive.
Un milieu où la performance prime sur l’humain
Pour Gaël Kakuta, le football professionnel est un univers où la performance est reine, au détriment du bien-être individuel. « 99,9 % des footballeurs sont tristes », déclare-t-il dans l’entretien pour Capté, en insistant sur le poids des responsabilités qui pèsent sur leurs épaules. « Personne ne se soucie de comment ils se sentent vraiment », précise-t-il. Selon lui, les joueurs évoluent dans un environnement où leur valeur est mesurée à l’aune de leurs résultats, sans égard pour leur santé mentale.
L’ancien international congolais évoque un sentiment d’isolement : « Tu ne sais pas qui est autour de toi, pourquoi il est là ». Pour Kakuta, les relations dans ce milieu sont souvent teintées d’intérêt, ce qui pousse les joueurs à adopter une posture de façade. « Tu portes un masque », explique-t-il, ajoutant que les footballeurs ont l’impression d’être traités comme « de la viande » par les dirigeants et les supporters. « Est-ce qu’ils sont vraiment vus ? Est-ce qu’ils sont vraiment écoutés ? », interroge-t-il, sans attendre de réponse.
La nuit tombe sur les joueurs, malgré les apparences
Derrière les sourires forcés et les célébrations médiatisées, Gaël Kakuta décrit une réalité bien plus sombre. « C’est bien de prétendre être joyeux, mais la nuit, est-ce que tu dors ? », lance-t-il. Il évoque des joueurs contraints de recourir à des substances pour tenir le rythme, au-delà de la simple fatigue physique. « Ce n’est pas la fatigue », martèle-t-il, suggérant que les problèmes sont d’ordre psychologique.
Son propre parcours illustre cette lutte intérieure. Après le décès de sa mère, Kakuta a traversé une période de dépression, dont il s’est sorti grâce à sa foi religieuse. Une expérience qui l’a conduit à remettre en question les priorités du milieu footballistique. Aujourd’hui, il considère que sa plus grande victoire ne se mesure ni en trophées ni en statistiques, mais dans sa rencontre avec Jésus-Christ, qui lui a appris à dissocier son identité de ses performances sportives.
À 35 ans, après un passage chez Chelsea dès ses 16 ans, suivi de clubs comme Dijon, Amiens ou le RC Lens, Kakuta quitte le football professionnel avec un constat accablant : le métier broie autant qu’il élit.
Un héritage qui dépasse le terrain
Son analyse intervient dans un contexte où le football prend progressivement conscience de l’importance de la santé mentale. Des clubs comme Manchester United ou la Juventus ont déjà mis en place des cellules d’écoute psychologique pour leurs joueurs. Pourtant, les témoignages comme celui de Kakuta restent rares, en raison du tabou qui entoure encore ce sujet.
Pour l’ancien milieu offensif, le problème réside dans l’absence de soutien réel. « On te demande d’être fort, mais personne ne t’apprend à l’être », résume-t-il. Il souligne que les joueurs, souvent jeunes et isolés dans des pays étrangers, se retrouvent livrés à eux-mêmes face aux pressions constantes. Les contrats, les transferts, les attentes des supporters et des dirigeants créent un environnement où l’échec n’est pas toléré, et où la vulnérabilité est perçue comme une faiblesse.
Son intervention intervient à un moment où le football français et international tente de se réinventer, notamment face aux enjeux de diversité et d’inclusion. Reste à savoir si les propos de Kakuta trouveront un écho suffisamment fort pour provoquer des changements structurels.
Une chose est sûre : son analyse a le mérite de rappeler que derrière les exploits sportifs se cachent des êtres humains, avec leurs doutes et leurs fragilités.
Gaël Kakuta a évolué dans plusieurs clubs au cours de sa carrière, dont Chelsea (2007-2011), Dijon, Amiens, le RC Lens, ainsi que dans d’autres formations européennes et asiatiques. Son parcours international inclut également des sélections avec la République démocratique du Congo.
Selon ses déclarations, Gaël Kakuta a surmonté sa dépression grâce à sa foi religieuse, après le décès de sa mère. Il a évoqué cette période comme un tournant dans sa vie, qui l’a conduit à remettre en question les valeurs du milieu footballistique.