Le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, porte un projet de réforme visant à autoriser l’utilisation de la généalogie génétique dans les enquêtes criminelles en France. Cette mesure, qui pourrait être adoptée prochainement, permettrait aux enquêteurs d’accéder à des bases de données génétiques étrangères pour élucider des affaires criminelles non résolues, notamment les plus graves. Selon Ouest France, cette disposition sera au cœur des débats lors des Journées du crime et de la science, qui se tiendront à Pleumeur-Bodou (Côtes-d’Armor) du 28 au 31 mai 2026.
Ce qu'il faut retenir
- Le projet de réforme, défendu par Gérald Darmanin, autoriserait l’accès aux bases de données génétiques étrangères pour les enquêtes criminelles.
- Cette mesure concernerait principalement les crimes graves et les cold cases, ces affaires non résolues depuis des années.
- Les débats sur ce sujet auront lieu lors des Journées du crime et de la science, du 28 au 31 mai 2026 à Pleumeur-Bodou.
- La généalogie génétique consiste à croiser des échantillons d’ADN pour identifier des suspects ou des victimes via des liens familiaux.
Une réforme inspirée des pratiques internationales
La généalogie génétique n’est pas une nouveauté en matière d’enquête criminelle. Aux États-Unis, cette technique a déjà permis de résoudre plusieurs affaires emblématiques, comme le meurtre de Sherri Rasmussen en 2006 ou l’identification de l’« East Area Rapist », un serial killer actif dans les années 1970-1980. En France, où cette méthode reste interdite, le projet porté par Gérald Darmanin vise à combler ce retard. «
L’objectif est de donner aux enquêteurs un nouvel outil pour faire avancer des dossiers bloqués depuis des années,» a précisé un conseiller du ministère de l’Intérieur. Selon Ouest France, cette réforme s’inscrit dans une volonté plus large de moderniser les méthodes judiciaires face à l’évolution des technologies.
Des limites éthiques et juridiques à encadrer
Si l’idée séduit par son potentiel, elle soulève également des questions éthiques et juridiques. La CNIL (Commission nationale de l’informatique et des libertés) avait déjà alerté en 2023 sur les risques liés à l’utilisation de données génétiques à des fins judiciaires, notamment en matière de vie privée. «
Il faudra garantir un strict encadrement pour éviter toute dérive, comme l’utilisation abusive de ces données à d’autres fins que l’enquête,» a souligné un juriste spécialisé en droit médical. D’après Ouest France, le texte de réforme prévoit des garde-fous, mais leur efficacité reste à démontrer. Autre point de vigilance : l’accès aux bases de données étrangères, qui dépendra des accords internationaux en vigueur.
Un débat public lors des Journées du crime et de la science
Les Journées du crime et de la science, qui se tiendront à Pleumeur-Bodou du 28 au 31 mai 2026, offriront une tribune pour discuter des enjeux de cette réforme. Organisées chaque année, ces rencontres rassemblent des experts en criminalistique, des magistrats et des représentants des forces de l’ordre. Selon le programme prévisionnel, plusieurs ateliers seront consacrés aux nouvelles technologies en matière d’enquête, dont la généalogie génétique. «
Ces journées sont l’occasion de confronter les pratiques et de réfléchir aux innovations qui pourraient faire avancer la justice,» a indiqué un organisateur. Pour les associations de victimes, cette réforme représente un espoir de voir enfin aboutir des dossiers douloureux.
Avec cette réforme, la France pourrait rejoindre les pays ayant déjà recours à cette technique, comme les États-Unis, le Royaume-Uni ou les Pays-Bas. Une avancée qui, si elle est bien encadrée, pourrait marquer un tournant dans la résolution des affaires criminelles non élucidées.
Non, la généalogie génétique reste interdite en France à ce jour. Le projet de réforme porté par Gérald Darmanin vise justement à autoriser son utilisation dans le cadre d’enquêtes criminelles, notamment pour résoudre des cold cases.
Si la réforme est adoptée, les enquêteurs pourraient utiliser la généalogie génétique pour réexaminer des affaires de meurtres, de viols ou de disparitions non élucidées depuis des années. Aux États-Unis, cette technique a déjà permis de résoudre des affaires datant de plusieurs décennies.