Selon Libération, les politiques menées par Donald Trump aux États-Unis, Benjamin Netanyahou en Israël et Vladimir Poutine en Russie semblent s’inscrire dans une logique commune : une stratégie de destruction massive, couplée à une absence totale de reconstruction ou de réparation des dégâts causés. Trois crises majeures – l’Ukraine, Gaza et l’Iran – illustrent cette dynamique, où les objectifs militaires et géopolitiques priment sur toute considération humanitaire ou institutionnelle.

Ce qu'il faut retenir

  • Donald Trump a multiplié les décisions unilatérales aux États-Unis, notamment en réduisant drastiquement les budgets alloués aux réparations post-catastrophes naturelles ou aux infrastructures publiques.
  • Benjamin Netanyahou, dans sa gestion du conflit à Gaza, a systématiquement ciblé les infrastructures civiles (hôpitaux, écoles, réseaux d’eau) sans proposer de plan de reconstruction crédible.
  • Vladimir Poutine a adopté une tactique similaire en Ukraine, détruisant délibérément des villes entières (comme Marioupol) et laissant les populations sans aide humanitaire durable.
  • Les trois dirigeants ont en commun une méfiance envers les institutions internationales (ONU, Cour pénale internationale) et une préférence pour des solutions de force.
  • Les conséquences humaines sont dramatiques : plus de 35 000 morts à Gaza depuis octobre 2023, des centaines de milliers de déplacés en Ukraine, et une escalade des tensions régionales, notamment avec l’Iran.

Une doctrine de la « casse » systématique

Selon Libération, la stratégie de ces trois dirigeants repose sur une même logique : « tout détruire et ne rien réparer ». Aux États-Unis, Donald Trump a réduit de 40 % le budget fédéral alloué aux réparations après des catastrophes naturelles, comme les ouragans en Floride ou les incendies en Californie. En Israël, Benjamin Netanyahou a justifié les bombardements sur Gaza par la nécessité de « neutraliser le Hamas », mais aucune reconstruction n’a été engagée malgré les appels de l’ONU. En Russie, Vladimir Poutine a systématiquement bombardé les infrastructures ukrainiennes critiques, comme les centrales électriques ou les réseaux de chauffage, sans proposer de plan de reconstruction.

Cette approche n’est pas nouvelle. Déjà sous ses premiers mandats, Trump avait affaibli les réglementations environnementales, tandis que Netanyahou avait accéléré la colonisation en Cisjordanie. Quant à Poutine, son invasion de l’Ukraine en février 2022 s’est accompagnée d’une politique de « terre brûlée », comme en Tchétchénie dans les années 1990. Bref, autant dire que la méthode relève d’une doctrine plutôt que d’improvisations.

Les conséquences humanitaires et géopolitiques

Les répercussions de ces politiques sont lourdes. À Gaza, selon l’ONU, 90 % des habitants sont en insécurité alimentaire, et les hôpitaux fonctionnent à 20 % de leur capacité. En Ukraine, plus de 6 millions de personnes sont réfugiées à l’étranger, et les dégâts économiques sont estimés à 1 000 milliards de dollars par la Banque mondiale. En Iran, les tensions avec Israël ont atteint un pic après les attaques du 13 avril 2024, qui ont failli dégénérer en conflit ouvert.

Sur le plan géopolitique, ces trois dirigeants ont en commun un rejet des institutions multilatérales. Trump a retiré les États-Unis de l’Accord de Paris sur le climat et de l’OMS. Netanyahou a bloqué les missions de l’ONU à Gaza, tandis que Poutine a ignoré les condamnations de la Cour pénale internationale pour crimes de guerre. Cette défiance envers le droit international crée un vide que ces régimes exploitent pour étendre leur influence.

Une stratégie économique ?

Selon Libération, cette politique de destruction pourrait aussi répondre à des logiques économiques. Trump a réduit les budgets sociaux pour financer son mur à la frontière mexicaine. Netanyahou a justifié la guerre à Gaza par la nécessité de « sécuriser les ressources », tandis que Poutine a utilisé la guerre en Ukraine pour maintenir son contrôle sur les ressources énergétiques. Dans les trois cas, la reconstruction coûterait des milliards, une somme que ces régimes préfèrent investir ailleurs.

Pourtant, les coûts humains et matériels pourraient finir par peser sur leur stabilité. En Israël, les manifestations contre Netanyahou se multiplient, tandis qu’en Russie, l’opposition à Poutine grandit malgré la répression. Aux États-Unis, les élections de novembre 2026 pourraient rebattre les cartes, surtout si les dégâts économiques s’aggravent.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes dépendront en grande partie des évolutions politiques dans ces trois pays. En Israël, les pressions internationales pourraient pousser à un cessez-le-feu à Gaza d’ici la fin de l’été 2026. En Ukraine, une contre-offensive ukrainienne pourrait tenter de reprendre du terrain avant l’hiver, tandis que les négociations de paix resteront au point mort tant que Poutine sera au pouvoir. Aux États-Unis, le résultat des élections pourrait soit renforcer cette dynamique de destruction, soit ouvrir la voie à un retour des politiques de reconstruction.

Une chose est sûre : tant que ces trois dirigeants resteront en place, les populations civiles continueront de payer le prix fort. La question n’est plus seulement celle de la guerre, mais aussi celle de la reconstruction – ou de l’absence de reconstruction.

Selon Libération, cette stratégie répond à plusieurs logiques : affaiblir les oppositions internes (en focalisant l’attention sur un ennemi extérieur), éviter de financer des programmes sociaux coûteux, et maintenir un contrôle strict sur les populations. Pour Trump, Netanyahou et Poutine, la guerre sert aussi à légitimer leur pouvoir en période de crise.