Alors que l’affaire Jeffrey Epstein continue de résonner en France, Gérald Marie, figure historique des agences de mannequins, reste le dernier suspect encore en vie à être directement visé par des plaintes pour viols dans le cadre du volet français de cette affaire. Selon BFM - Faits Divers, au moins sept plaintes ont été déposées contre lui, accusant des faits survenus entre les années 1980 et 1990. Parmi les anciens collaborateurs cités dans ce dossier, Daniel Siad et Jean-Luc Brunel, tous deux décédés ces derniers mois, ne pourront plus témoigner.

Ce qu'il faut retenir

  • Gérald Marie est le dernier Français vivant à être accusé dans le volet français de l’affaire Epstein, visé par sept plaintes pour viols, viols sur mineur ou traite d’êtres humains.
  • Ses anciens collaborateurs, Daniel Siad (décédé en juillet 2026) et Jean-Luc Brunel (suicide en prison en 2024), ne sont plus en mesure de s’exprimer.
  • Il rejette catégoriquement toutes les accusations, affirmant : « Il n’y aura rien » et niant avoir jamais commis de viol.
  • Gérald Marie nie également avoir entretenu des liens significatifs avec Jeffrey Epstein, qu’il décrit comme « un beau mec charmant et bien élevé ».

Un dernier témoin encore en vie

Avec la disparition de Daniel Siad et de Jean-Luc Brunel, Gérald Marie incarne désormais l’unique chance pour les victimes présumées de faire entendre leur voix dans cette affaire. Sept plaintes ont été déposées contre lui, évoquant des faits remontant aux décennies 1980 et 1990. Ces accusations le placent au cœur du système présumé de recrutement de jeunes femmes par Jeffrey Epstein et son réseau, selon les éléments du dossier français. La figure médiatique des agences de mannequins, autrefois omniprésente dans le milieu de la mode, se retrouve aujourd’hui sous le feu des projecteurs judiciaires.

Les plaignantes, dont certaines ont déjà témoigné publiquement, insistent sur l’urgence d’entendre Gérald Marie avant qu’il ne soit trop tard. Ebba Karlsson, victime présumée de Daniel Siad et de Gérald Marie, a réitéré cette demande le 12 août 2026 sur BFMTV, affirmant avoir été violée par ce dernier. « Il est très important d’entendre Gérald Marie avant qu’il ne soit trop tard », a-t-elle souligné.

Gérald Marie persiste et signe : « Je n’ai jamais violé personne »

Face aux accusations, Gérald Marie maintient une défense ferme et catégorique. Au micro de RTL, il a balayé toutes les allégations en déclarant sans ambiguïté : « Elles peuvent aller devant toutes les justices qu’elles veulent, il n’y aura rien. » Avant d’ajouter : « Je n’ai jamais ni violé personne, ni eu le besoin de violer personne. J’ai toujours eu un comportement cohérent et correct avec les femmes. J’adore les femmes. Je me vois mal en train d’en forcer une. »

Âgé de plus de soixante-dix ans, l’ancien président d’Élite Europe minimise également l’impact des accusations sur sa réputation. Depuis son domicile, il continue de clamer son innocence, refusant d’endosser seul la responsabilité de faits qu’il attribue à des personnes désormais décédées. Avec son avocate, Me Céline Bekerman, il a d’ailleurs déposé une plainte pour diffamation contre Libération après la publication d’un témoignage de l’ancienne mannequin Carré Otis, l’accusant elle aussi de viols dans les années 1980.

« Qu’est-ce qu’il lui a pris, je ne sais pas. Elle était cool, Carré. J’ai pas compris. »
— Gérald Marie, lors d’une intervention sur RTL.

Des liens avec Jeffrey Epstein minimisés

Sur ses relations avec Jeffrey Epstein, Gérald Marie les présente comme anecdotiques. Il affirme avoir rencontré l’homme d’affaires américain à une seule reprise, dans un bar parisien, où une proposition de collaboration professionnelle leur aurait été faite. Après une discussion, le projet aurait été abandonné. « On a discuté, on a envisagé la possibilité de faire quelque chose (...) et puis on s’est rendu compte chemin faisant que c’était pas pour nous. On n’a pas fait. Tout simplement », a-t-il expliqué.

Il décrit Epstein comme un homme « charmant, bien élevé, bien éduqué », sans relever de comportement suspect à son encontre. Cette version contraste avec les témoignages de nombreuses victimes présumées, qui dépeignent un réseau organisé de recrutement et d’exploitation à grande échelle. Gérald Marie, lui, rejette toute implication dans un tel système.

Une plainte pour diffamation contre Libération

Outre les accusations de viols, Gérald Marie a choisi de riposter judiciairement. Il a porté plainte pour diffamation contre le quotidien Libération après la publication, en 2025, d’un témoignage de Carré Otis. L’ancienne mannequin y évoquait des viols subis dans les années 1980, imputés à Gérald Marie. « Je n’ai pas d’explication. Elle était cool, Carré. J’ai pas compris », a-t-il déclaré, semblant désarçonné par cette accusation tardive.

Cette démarche s’inscrit dans une stratégie de défense offensive, visant à contester la crédibilité des plaignantes et à discréditer les témoignages publiés dans la presse. Cependant, elle n’a pas empêché l’ouverture d’enquêtes préliminaires ni la multiplication des plaintes à son encontre.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes judiciaires dépendront en grande partie de la capacité des enquêteurs à recueillir de nouveaux témoignages et preuves. Le parquet de Paris, qui a ouvert une enquête pour « traite des êtres humains en bande organisée », a indiqué que les investigations se poursuivaient malgré les décès de plusieurs suspects. Les plaignantes, elles, réclament la réouverture des auditions, craignant que Gérald Marie ne bénéficie de l’absence de ses anciens complices pour échapper à la justice. Une audience ou une décision sur la recevabilité des plaintes pourrait intervenir d’ici la fin de l’année 2026.

Cette affaire, qui mêle mondes de la mode, pouvoir et crimes sexuels, soulève des questions persistantes sur l’impunité présumée de réseaux puissants. Alors que Gérald Marie reste le dernier maillon visible de ce système, l’enquête devra trancher : entre innocence proclamée et culpabilité présumée, le doute pourrait bien persister.

Gérald Marie est visé par au moins sept plaintes pour viols, viols sur mineur et traite d’êtres humains. Les faits qui lui sont reprochés se seraient produits entre les années 1980 et 1990, période durant laquelle il était président d’Élite Europe, une agence de mannequins. Il est accusé d’avoir participé à un système de recrutement de jeunes femmes au profit de Jeffrey Epstein.

Avec le décès de Daniel Siad en juillet 2026 et celui de Jean-Luc Brunel en 2024, Gérald Marie est le dernier suspect français encore en vie à être directement accusé dans cette affaire. Les victimes présumées craignent qu’il ne décède à son tour avant que la justice ne puisse recueillir son témoignage, privant ainsi les enquêtes de leur principal accusé.