Le président du Sénat, Gérard Larcher, a réaffirmé dimanche 31 mai 2026 son intention de briguer un nouveau mandat à la tête de la chambre haute, à l’issue des élections sénatoriales prévues en septembre. Dans un entretien accordé à La Tribune, le sénateur des Yvelines, figure historique de la droite sénatoriale, a insisté sur sa volonté de poursuivre son action, tout en appelant à une forme de prudence dans la gestion des transitions politiques.

Selon BFM – Politique, Gérard Larcher a également évoqué le calendrier électoral à venir, notamment la course à l’Élysée, où il se positionne en soutien de Bruno Retailleau, candidat de la droite et du centre. Ses déclarations interviennent alors que plusieurs personnalités de la majorité et de l’opposition ont annoncé leur candidature pour le scrutin présidentiel de 2027.

Ce qu'il faut retenir

  • Gérard Larcher, président LR du Sénat, souhaite rester à la tête de l’institution après les élections sénatoriales de septembre 2026.
  • Il espère obtenir la confiance de ses collègues en octobre pour un nouveau mandat de trois ans et assure qu’il assumera ses responsabilités si aucun consensus ne se dégage dans le bloc central d’ici l’automne.
  • Sur le plan présidentiel, Larcher soutient Bruno Retailleau, tout en soulignant la nécessité d’éviter une division entre la majorité présidentielle et Les Républicains au premier tour.
  • Il annonce que la droite présentera d’ici fin juin des propositions budgétaires au Premier ministre pour le budget 2027, insistant sur la nécessité de réduire la dette, passée de 1 200 milliards d’euros sous Macron.
  • Larcher a également critiqué les méthodes de travail du Sénat en période estivale, plaidant pour une fin des sessions législatives avant le 14 juillet.

Un troisième mandat en ligne de mire pour Larcher

Gérard Larcher, 76 ans, dont près de deux décennies passés à la tête du Sénat, a clairement affiché sa volonté de poursuivre l’aventure. « J’espère que mes collègues me feront à nouveau confiance en octobre pour trois ans », a-t-il déclaré dans les colonnes de La Tribune. Le président de la chambre haute, élu pour la première fois à ce poste en 2011, mise sur la continuité pour pérenniser son action. Il a cependant tempéré son propos en rappelant qu’il ne fallait « pas brûler les étapes », dans un contexte politique marqué par des tensions persistantes entre les différentes forces de droite et du centre.

Ancien ministre sous Jacques Chirac, Larcher incarne une ligne ferme, tant sur le plan institutionnel qu’économique. Son engagement en faveur d’une gestion rigoureuse des finances publiques s’inscrit dans la droite ligne des critiques qu’il formule depuis des années contre l’accroissement de la dette sous la présidence d’Emmanuel Macron. « Il faudra bien réduire la part des dépenses », a-t-il martelé, rappelant que la dette française avait bondi de 1 200 milliards d’euros depuis 2017.

Soutien à Bruno Retailleau pour la présidentielle, mais appel à l’unité

Sur le front de l’élection présidentielle de 2027, Gérard Larcher a réitéré son soutien à Bruno Retailleau, président du groupe LR au Sénat et candidat déclaré à la succession d’Emmanuel Macron. Dans son entretien, il a salué « le discours de vérité » porté par Retailleau sur la situation économique et sociale de la France, tout en insistant sur l’urgence, pour la droite et la majorité présidentielle, de ne pas présenter plus d’un candidat au premier tour. Une mise en garde qui vise notamment Édouard Philippe (Horizons) et Gabriel Attal (Renaissance), également en lice pour représenter le camp modéré.

« Il va donc falloir qu’on trouve un système pour qu’à la fin de l’année, au plus tard, on puisse choisir notre représentant », a-t-il souligné. Larcher a d’ores et déjà prévenu qu’il prendrait « le moment venu ses responsabilités pour proposer des initiatives et trouver une solution ». Une posture qui laisse entrevoir une possible médiation de sa part pour éviter une fragmentation des voix, au risque de s’attirer des critiques internes au sein de son propre camp.

Le Sénat face à un défi législatif estival

Au-delà des enjeux politiques, Gérard Larcher a pointé du doigt les dysfonctionnements liés à l’organisation des travaux parlementaires. « On légifère en général très mal à cette période », a-t-il regretté, plaidant pour que le Sénat ne siège plus après le 14 juillet. Une position qui reflète les tensions récurrentes autour du calendrier législatif, souvent critiqué pour son manque d’efficacité, notamment en période de vacances parlementaires.

Côté budget, le président du Sénat a annoncé que la droite présenterait d’ici la fin juin des « propositions au Premier ministre » pour le budget 2027. Ces dernières devraient défendre « de grandes orientations et des choix » en matière de réduction des dépenses publiques. Une démarche qui s’inscrit dans la continuité des critiques formulées par Les Républicains contre la politique économique du gouvernement, jugée trop laxiste sur le plan financier.

Et maintenant ?

Les prochains mois s’annoncent décisifs pour Gérard Larcher, dont la légitimité pourrait être mise à l’épreuve lors des élections sénatoriales de septembre. Si sa candidature à la présidence du Sénat semble acquise au sein de son groupe, la droite devra trancher rapidement sur son candidat à l’Élysée pour éviter une dispersion des voix au premier tour. Quant au budget 2027, les discussions avec Matignon s’annoncent tendues, dans un contexte de rigueur budgétaire réclamée par une partie de la classe politique. La capacité de Larcher à fédérer au-delà des clivages internes sera déterminante pour la suite.

La course à l’Élysée, elle, devrait s’intensifier d’ici la fin de l’année, avec une échéance clé à la fin 2026 pour désigner un candidat unique de la droite et du centre. Quant aux sénatoriales, elles détermineront la configuration politique de la chambre haute pour les trois prochaines années, dans un paysage institutionnel plus que jamais fragmenté.

Le président du Sénat dénonce un « manque d’efficacité » dans les travaux législatifs menés en période estivale. Selon lui, la suspension des sessions après le 14 juillet permettrait d’éviter une législation bâclée, souvent critiquée pour son manque de rigueur. Cette position s’inscrit dans une critique plus large des méthodes de travail du Parlement, jugées trop rigides et peu adaptées aux réalités politiques.

Larcher met en avant la nécessité de « réduire la part des dépenses publiques », dans un contexte où la dette française a dépassé les 1 200 milliards d’euros depuis 2017. Ses propositions devraient donc se concentrer sur la maîtrise des dépenses de l’État, une remise en cause des niches fiscales et une refonte des politiques sociales, sans pour autant détailler de mesures concrètes dans son entretien.