Une marche blanche a rassemblé plus de 5 000 personnes ce dimanche 7 juin à Fleurance, dans le Gers, pour rendre hommage à Lyhanna, 11 ans, dont le corps a été retrouvé sans vie jeudi 4 juin à Puycasquier. La collégienne avait disparu le vendredi 29 mai à la sortie de son établissement scolaire, déclenchant une semaine d’émotion et de recherches dans la région. Selon BFM - Faits Divers, un suspect, Jérôme Barella, a été mis en examen pour son meurtre et placé en détention provisoire.

Ce qu'il faut retenir

  • Lyhanna, 11 ans, a disparu le 29 mai 2026 après la sortie de son collège à Fleurance vers 15 heures.
  • Son corps a été retrouvé le 4 juin 2026 à Puycasquier, dans le Gers.
  • Jérôme Barella, mis en examen pour le meurtre de la collégienne, a été placé en détention provisoire.
  • Quatre nouvelles procédures ont été ouvertes contre le suspect depuis sa mise en examen, portant à neuf le nombre total d’affaires le concernant.
  • Une marche blanche a rassemblé 5 000 participants à Fleurance, où la famille de Lyhanna et le maire ont lu des messages en son honneur.
  • Le maire de Fleurance, Grégory Bobbato, a dénoncé une « faillite du système et de la société » dans la protection des enfants.

Une semaine de recherches et la découverte du corps

Lyhanna a été vue en vie pour la dernière fois le vendredi 29 mai 2026 aux alentours de 15 heures, à la sortie du collège Hubert Reeves de Fleurance. Sa disparition a immédiatement mobilisé les forces de l’ordre, les bénévoles et les habitants de la région. Selon BFM - Faits Divers, les recherches se sont concentrées dans un rayon de plusieurs kilomètres autour de l’établissement scolaire, avant que son corps ne soit retrouvé cinq jours plus tard, le 4 juin, dans une zone boisée près de Puycasquier.

Dès l’annonce de la découverte du corps, les autorités ont confirmé l’ouverture d’une enquête pour meurtre. Jérôme Barella, un homme de 35 ans résidant dans le Gers, a été interpellé dans les heures qui ont suivi. Placé en garde à vue, il a ensuite été présenté au parquet et mis en examen pour homicide volontaire. La détention provisoire a été requise à son encontre, une décision validée par le juge d’instruction.

Un suspect aux lourds antécédents judiciaires

Les investigations menées depuis la mise en examen de Jérôme Barella ont révélé l’ampleur de son passé judiciaire. Selon BFM - Faits Divers, quatre nouvelles procédures ont été ouvertes contre lui depuis le 4 juin, portant à neuf le nombre total d’affaires le concernant. Parmi ces dossiers figurent trois nouvelles plaintes et un signalement de l’Aide sociale à l’enfance (ASE), ainsi que des éléments liés à des comportements inappropriés dans un lycée et une relation avec une mineure.

Le directeur d’un centre sportif fréquenté par Barella a confié à BFM - Faits Divers que l’homme avait une « présence insistante avec les enfants » et que son comportement avait rapidement suscité des inquiétudes. « Très vite, on a repéré que quelque chose n’allait pas. Il était tout le temps avec les enfants et on le surveillait », a-t-il déclaré. Ces éléments soulèvent des questions sur les défaillances du suivi judiciaire et social dont a pu bénéficier Barella avant les faits.

La marche blanche, un hommage émouvant et une mobilisation citoyenne

Dès le début de l’après-midi, les rues de Fleurance se sont remplies de participants vêtus de blanc, certains tenant des fleurs ou des pancartes. Le cortège, silencieux, s’est élancé à 15 heures depuis le jardin d’enfants situé en face de la piscine municipale, où Lyhanna a été vue pour la dernière fois. Selon BFM - Faits Divers, le parcours de deux kilomètres s’est terminé sur la place centrale, où une estrade avait été installée pour les discours.

Les parents de Lyhanna, escortés par la police et le maire Grégory Bobbato, ont marché en tête du cortège. À leur arrivée sur l’estrade, une tante de la jeune fille a lu un mot écrit par sa mère : « « Aujourd’hui, ma fille Lyhanna doit être émue par tout ce monde rassemblé pour elle » ». Le maire a ensuite pris la parole, saluant la dignité de la famille et dénonçant une « tragédie qui se joue depuis bien trop longtemps ».

Un discours politique et des propositions pour une justice plus protectrice

Grégory Bobbato n’a pas hésité à critiquer les dysfonctionnements du système judiciaire et social. Dans un discours retransmis par BFM - Faits Divers, il a estimé que la mort de Lyhanna était « le dernier acte d’une tragédie qui se joue depuis bien trop longtemps », accusant la société française de nier « la parole des enfants ». Il a appelé à l’adoption de lois plus protectrices et à une volonté politique « au-delà du palabre ministériel » : « Nous sommes tous Estelle Mouzin, Maëlys et Lyhanna », a-t-il lancé, reprenant les noms de trois enfants victimes de violences ou de disparitions non élucidées.

Ses propos ont trouvé un écho parmi les responsables politiques. L’ex-Premier ministre Dominique de Villepin a qualifié la situation de « scandale d’État dans sa globalité » et proposé la création d’un parquet spécialisé sur les violences faites aux femmes et aux enfants. De son côté, le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a exprimé une « profonde colère » et une « forme de honte », estimant que la société ne parvenait pas à donner « toute l’importance qu’elle mérite à la parole des plus vulnérables ».

Les dysfonctionnements judiciaires au cœur des débats

L’affaire Lyhanna a mis en lumière les lacunes du logiciel Cassiopée, utilisé par les autorités pour centraliser les plaintes et les signalements. Selon BFM - Faits Divers, ce logiciel, saturé de données, multiplie les difficultés techniques et ralentit le traitement des procédures. L’avocat général David Senat, de la cour d’appel de Versailles, a reconnu ces dysfonctionnements : « On est tous dans l’incapacité de dire qui a failli », a-t-il déclaré, évoquant « plusieurs défaillances » au sein de la chaîne pénale, y compris avant la disparition de Lyhanna.

Cette situation a relancé les appels à une réforme du système judiciaire. La députée LFI Mathilde Panot a exigé la démission de Gérald Darmanin, tandis que le président des Républicains Bruno Retailleau a proposé la création d’une « cour disciplinaire de la magistrature » pour sanctionner plus efficacement les manquements. L’ancienne ministre Laurence Rossignol a, quant à elle, dénoncé une « complaisance » envers les auteurs de violences sexuelles et plaidé pour la formation de magistrats spécialisés.

Et maintenant ?

L’enquête judiciaire se poursuit avec pour objectif de déterminer l’étendue des responsabilités dans le suivi judiciaire de Jérôme Barella. Une audition des différents acteurs impliqués dans les procédures précédentes (ASE, établissements scolaires, employeurs) est attendue dans les prochaines semaines. Par ailleurs, la mobilisation citoyenne et politique pourrait s’amplifier, avec la tenue d’un débat à l’Assemblée nationale sur la protection des mineurs et les défaillances des outils de signalement. Enfin, la famille de Lyhanna a annoncé son intention de déposer plainte contre X pour non-assistance à personne en danger, une procédure qui pourrait aboutir à des auditions de responsables administratifs.

Cette affaire laisse en suspens plusieurs questions : comment un homme aux lourds antécédents a-t-il pu échapper aussi longtemps à un suivi efficace ? Quelles mesures concrètes seront prises pour éviter que d’autres enfants ne subissent le même sort ? Et, surtout, comment la société peut-elle garantir que la parole des plus vulnérables ne sera plus ignorée ? Autant de sujets qui devraient alimenter les débats dans les semaines à venir.

La procédure pénale suit désormais son cours avec une phase d’instruction menée par le juge en charge de l’affaire. Les proches de Barella, ainsi que les différents acteurs ayant été en contact avec lui (employeurs, services sociaux, établissements scolaires), pourraient être convoqués pour des auditions. Le procès n’est pas attendu avant plusieurs mois, le temps que l’instruction soit complète et que les expertises nécessaires soient réalisées.

Plusieurs pistes sont évoquées : la refonte du logiciel Cassiopée pour le rendre plus efficace, la création de magistrats spécialisés dans les violences faites aux mineurs, et une meilleure coordination entre les services sociaux, l’Éducation nationale et la justice. Certains politiques demandent également la mise en place d’un fichier centralisé des auteurs de violences sexuelles, bien que cette mesure fasse débat sur son efficacité et ses risques pour les libertés individuelles.