Le gouvernement ghanéen a lancé un programme de rapatriement pour ses ressortissants présents en Afrique du Sud, confrontés depuis plusieurs semaines à une vague de violences xénophobes. Selon Le Monde, un premier vol, parti mercredi 27 mai 2026, a permis le retour de près de 300 Ghanéens depuis Johannesburg. Ces départs s’inscrivent dans un contexte de manifestations organisées depuis la mi-mars contre l’immigration illégale, qui ont pris une tournure particulièrement agressive ces dernières semaines.

Ce qu'il faut retenir

  • Un premier vol de rapatriement a ramené 300 Ghanéens d’Afrique du Sud le 27 mai 2026.
  • Les départs sont une réponse aux manifestations anti-immigration lancées mi-mars en Afrique du Sud.
  • Le gouvernement ghanéen propose un programme de rapatriement pour ses citoyens exposés à ces tensions.
  • Les violences xénophobes ont pris de l’ampleur ces dernières semaines en Afrique du Sud.

Des manifestations anti-immigration qui s’intensifient

Les tensions en Afrique du Sud ont atteint un paroxysme ces dernières semaines, poussant des centaines de Ghanéens à quitter le pays. Selon les autorités sud-africaines, les manifestations contre l’immigration illégale, qui se multiplient depuis mars, ont dégénéré en violences dans plusieurs townships. Des commerces appartenant à des étrangers ont été vandalisés, et des heurts ont éclaté entre habitants et forces de l’ordre. Le gouvernement d’Accra a donc décidé d’agir en urgence pour protéger ses ressortissants, comme l’a confirmé le ministère des Affaires étrangères du Ghana dans un communiqué diffusé ce week-end.

Ces violences ne sont pas un phénomène isolé. Depuis des années, l’Afrique du Sud connaît des poussées de xénophobie envers les migrants, notamment en provenance d’autres pays africains. En 2019, une série d’émeutes avait déjà provoqué le rapatriement de milliers de ressortissants du Zimbabwe et du Nigeria. Cette fois, c’est le Ghana qui est particulièrement touché, avec des centaines de Ghanéens contraints de quitter Johannesburg et Le Cap en raison des risques encourus.

Un programme de rapatriement organisé en urgence

Face à l’urgence de la situation, les autorités ghanéennes ont mis en place un dispositif pour faciliter le retour de leurs citoyens. Le premier vol, affrété mercredi dernier, a atterri à Accra avec près de 300 passagers, selon les chiffres communiqués par l’ambassade du Ghana à Pretoria. D’autres vols sont prévus dans les prochains jours, sans que le gouvernement n’ait encore précisé le nombre total de rapatriements envisagés.

Ce programme s’accompagne d’un soutien logistique et financier pour les rapatriés. Les autorités ont indiqué que des mesures seraient prises pour faciliter leur réintégration, notamment en matière d’emploi et de logement. « Nous travaillons avec les autorités locales pour garantir une transition fluide pour nos compatriotes », a déclaré un responsable du ministère des Affaires étrangères, cité par Le Monde. Pour autant, les défis restent nombreux, notamment pour ceux qui ont tout perdu lors des émeutes.

« Nous ne pouvons pas laisser nos citoyens dans une situation aussi précaire. Leur sécurité est notre priorité absolue. »
— Déclaration du ministre ghanéen des Affaires étrangères, relayée par Le Monde

Un contexte régional marqué par les tensions migratoires

Cette crise s’inscrit dans un contexte plus large de tensions migratoires en Afrique australe. Les pays de la région, comme le Mozambique ou le Zimbabwe, sont également confrontés à des poussées de xénophobie, souvent instrumentalisées par des groupes politiques. En Afrique du Sud, l’immigration est devenue un sujet hautement inflammable, alimenté par des discours populistes et une précarité économique persistante.

Les experts soulignent que la situation risque de s’aggraver si les autorités sud-africaines ne parviennent pas à calmer les tensions. « Les émeutes actuelles risquent de créer un effet domino dans la région, avec des répercussions sur les flux migratoires et les relations diplomatiques », a expliqué un analyste politique basé à Pretoria. Le Ghana, pour sa part, a appelé à une médiation internationale pour trouver une solution durable à la crise.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines seront déterminantes pour évaluer l’ampleur des rapatriements et la capacité du Ghana à absorber ce retour massif de ses ressortissants. Les autorités ghanéennes ont indiqué qu’elles suivraient de près l’évolution de la situation en Afrique du Sud, où de nouvelles manifestations sont annoncées pour les prochains jours. Une mission diplomatique devrait se rendre sur place début juin pour évaluer les besoins des Ghanéens encore sur place et négocier des garanties de sécurité avec les autorités sud-africaines.

Reste à voir si ce programme de rapatriement suffira à apaiser les tensions, ou si d’autres pays de la région seront contraints de suivre la même voie. Une chose est sûre : la crise actuelle révèle une fois de plus les failles d’un système migratoire africain encore trop fragile face aux crises politiques et économiques.

Les tensions sont principalement alimentées par un sentiment de frustration économique et sociale, souvent dirigé contre les migrants accusés de prendre les emplois locaux. Les discours politiques populistes et la précarité persistante dans les townships exacerbent ces tensions, comme l’ont montré les émeutes de 2019 ou celles de ces dernières semaines.