Alors que la Coupe du monde 2026 s’apprête à débuter le 11 juin au Canada, aux États-Unis et au Mexique, Gianni Infantino, président de la Fifa depuis 2016, incarne l’un des acteurs centraux de l’événement, selon Courrier International. À quelques jours du coup d’envoi, l’homme de 56 ans confirme sa volonté de rester à la tête de la Fédération internationale de football association pour plusieurs années encore, comme il l’a réaffirmé lors du dernier congrès de l’organisation à Vancouver fin avril 2026.
Ce qu'il faut retenir
- Gianni Infantino, né en 1970 en Suisse, possède désormais les nationalités suisse, italienne et libanaise.
- Ancien juriste, il a gravi les échelons au sein de l’UEFA avant de devenir secrétaire général sous Michel Platini.
- Élu président de la Fifa en février 2016, il a été réélu en 2019 et 2023.
- Son mandat est marqué par l’extension de la Coupe du monde à 48 équipes, l’introduction du VAR et des revenus records, mais aussi par des polémiques sur la transparence et les choix géopolitiques.
- Il a récemment défendu l’attribution de la Coupe du monde 2034 à l’Arabie saoudite et plaidé pour la réintégration de la Russie, suscitant des critiques.
Un parcours marqué par l’ambition et un réseau international
Né en 1970 à Brigue, dans le canton du Valais en Suisse, Gianni Infantino est aujourd’hui un figure incontournable du football mondial. Détenteur de trois passeports – suisse, italien et libanais –, il a obtenu cette dernière nationalité fin 2025, comme l’a rapporté L’Orient-Le Jour, en reconnaissance de son engagement pour le développement du football au Liban. Titulaire d’un diplôme de juriste, son parcours professionnel a débuté en 1995 au Centre international d’étude du sport (CIES) de Neuchâtel, avant de rejoindre l’Union des associations européennes de football (UEFA) cinq ans plus tard.
Au sein de l’UEFA, sa carrière prend de l’ampleur sous la présidence de Michel Platini. Promu directeur général en 2007, puis secrétaire général deux ans plus tard, il devient le bras droit du Français, acquérant une réputation d’ambitieux capable de « tisser un impressionnant réseau », selon les mots du quotidien suisse Le Temps.
L’ascension vers la présidence de la Fifa en 2016
La trajectoire de Gianni Infantino prend un tournant décisif en 2015, année marquée par le scandale de corruption au sein de la Fifa qui pousse Sepp Blatter à démissionner quelques jours après sa réélection. Dans un contexte où Michel Platini, alors favori pour lui succéder, est lui-même suspendu en septembre 2015 après l’ouverture d’une procédure pénale le concernant, l’UEFA désigne Infantino comme candidat de repli. Élu en février 2016, il promet de « restaurer l’image » de l’instance, alors fortement ébranlée par les affaires de corruption.
Son élection intervient après que lui et Michel Platini ont été acquittés en 2022 des accusations de « paiement déloyal » de 2 millions de francs suisses (2,2 millions d’euros) à l’encontre de l’ancien numéro 10 des Bleus. Une affaire qui a pourtant retardé sa candidature et mis en lumière les tensions internes au football européen.
Un mandat controversé, entre succès financiers et choix géopolitiques
Depuis son arrivée à la tête de la Fifa, Gianni Infantino a marqué l’histoire du football en plusieurs points. Sous sa présidence, la Coupe du monde est passée de 32 à 48 équipes, une réforme effective dès l’édition 2026. L’introduction de l’assistance vidéo à l’arbitrage (VAR) et l’augmentation des revenus de la fédération ont également marqué son mandat, avec des recettes record enregistrées ces dernières années.
Pourtant, son bilan est loin de faire l’unanimité. Plusieurs observateurs critiquent un manque de transparence croissant, notamment concernant la gestion financière, ainsi qu’une logique commerciale de plus en plus poussée. Le prix élevé des billets pour la Coupe du monde 2026, dont les organisateurs ont déjà évoqué des tarifs pouvant atteindre plusieurs milliers d’euros, illustre cette orientation. Par ailleurs, son soutien indéfectible à des éditions organisées dans des pays aux bilans contestés, comme la Russie en 2018 ou le Qatar en 2022 – attribuées sous la présidence Blatter –, a alimenté les controverses.
« Gianni Infantino a souvent occulté les sujets de droits humains et de corruption pour se rapprocher des dirigeants de ces pays », souligne le média américain Politico.
Des positions géopolitiques qui divisent
Les prises de position de Gianni Infantino sur la scène internationale ont également alimenté les polémiques. Proche du président russe Vladimir Poutine, il a milité pour la levée de la suspension de la Russie des compétitions internationales, une position qui a suscité l’indignation de Kiev. En décembre 2025, il a remis au président américain Donald Trump le Prix de la paix de la Fifa, une distinction créée « quatre semaines après que Trump eut été écarté par le comité Nobel », comme l’a rappelé The Washington Post.
Autre décision controversée : son soutien à l’attribution de la Coupe du monde 2034 à l’Arabie saoudite, un choix largement contesté en raison des questions liées aux droits humains et à la gouvernance dans ce pays. Ces orientations ont renforcé l’image d’un président davantage tourné vers les alliances stratégiques que vers les valeurs traditionnelles du sport.
Une chose est sûre : alors que le tournoi 2026 s’ouvre dans un contexte géopolitique tendu, la Coupe du monde pourrait aussi devenir un révélateur des tensions entre les ambitions commerciales de la Fifa et les attentes éthiques des supporters et des instances du football.
Selon L’Orient-Le Jour, Gianni Infantino a été honoré par le Liban fin 2025 pour « son rôle dans le développement du football et son soutien constant au football libanais ». Cette distinction reflète son engagement en faveur du football dans la région, au-delà de ses fonctions à la tête de la Fifa.
Parmi les réformes majeures figurent l’extension de la Coupe du monde à 48 équipes, l’introduction systématique de l’assistance vidéo à l’arbitrage (VAR), ainsi que la recherche de nouveaux revenus, entraînant une hausse des budgets et des investissements dans le football mondial.