Le président de la FIFA, Gianni Infantino, conservera son poste malgré les vives critiques et les appels à sa démission, à l’issue d’une réunion de crise organisée mercredi 6 août 2026 à Rabat, au Maroc. Selon Euronews FR, cette rencontre, réunissant les principaux dirigeants de l’instance mondiale du football, dont le secrétaire général Mattias Grafström, visait à apaiser les tensions consécutives à l’annonce, une semaine plus tôt, d’un projet de financement controversé.

Ce qu'il faut retenir

  • Gianni Infantino conserve le soutien total du Conseil de la FIFA et de Mattias Grafström malgré les critiques.
  • Le projet de filiale commerciale FIFA Forward Enterprise (FFE), abandonné, prévoyait une levée de 4,2 milliards de dollars pour une valorisation initiale de 20 milliards.
  • La FIFA reconnaît des erreurs dans la gestion du projet et présente ses excuses à ses associations membres.
  • Plusieurs fédérations, dont celles du Pays de Galles, de la Serbie et de la Suède, retirent leur soutien à la réélection d’Infantino.
  • L’UEFA menace de boycotter les événements de la FIFA en réaction au projet FFE.

Une réunion de crise pour désamorcer la crise

Mercredi dernier, Gianni Infantino s’est entretenu à Rabat avec les membres du Conseil de la FIFA, dont Mattias Grafström, pour discuter des conséquences du projet FIFA Forward Enterprise (FFE). Ce plan, révélé la semaine précédente, prévoyait l’ouverture du capital minoritaire de cette filiale à des investisseurs privés, sans transfert de pouvoir de contrôle. Autant dire que l’idée a immédiatement suscité une levée de boucliers au sein de la communauté footballistique.

Malgré les tensions, la FIFA a publié un communiqué tard dans la soirée, réaffirmant que Gianni Infantino bénéficiait toujours du plein soutien de Grafström et des membres du comité exécutif. L’instance a reconnu des erreurs dans la gestion du projet, notamment l’exclusion des associations membres du processus décisionnel. « Il a été convenu qu’il n’était pas dans l’intention que le Conseil de la FIFA et les associations membres se sentent exclus du processus et que ce processus aurait dû être géré autrement », peut-on lire dans le texte.

Des excuses officielles et l’abandon du projet FFE

Dans son communiqué, la FIFA admet également des erreurs dans la communication autour du projet après sa fuite dans les médias. L’organisation a envoyé une lettre à ses 211 associations membres pour présenter ses excuses et s’engager à éviter que de telles situations ne se reproduisent. Le projet FFE, qui devait permettre de lever jusqu’à 4,2 milliards de dollars sur la base d’une valorisation initiale de 20 milliards, a été officiellement abandonné.

La FIFA a également réaffirmé sa fermeté face aux critiques, déclarant qu’elle ne « tolérera plus aucune attaque contre son intégrité, sa bonne gouvernance et le respect des procédures régulières ». L’instance a précisé qu’elle prendrait « toutes les mesures nécessaires pour protéger son nom et sa réputation ».

Des accusations graves et des soutiens qui s’effritent

Cette réunion de crise intervient alors que les appels à la démission de Gianni Infantino se multiplient. Parmi les voix les plus critiques figure celle de l’ancienne légende portugaise Luís Figo, qui a qualifié le mandat d’Infantino de « désastre » sur les réseaux sociaux. « Il a menti, trompé et cherché à servir ses propres intérêts au détriment du jeu qu’il est censé servir », a-t-il écrit. « Il est trop tard pour sauver sa dignité, mais il n’est pas trop tard pour sauver le football. Il doit partir. Maintenant. »

L’UEFA, instance dirigeante du football européen, s’est montrée particulièrement virulente. Dans un communiqué, elle a estimé que la direction actuelle de la FIFA avait « perdu la confiance » non seulement de l’UEFA, mais aussi de « nombreux autres membres de la famille du football ». L’UEFA a même brandi la menace d’un boycott des événements organisés par la FIFA en réponse au projet FFE.

Des fédérations et des responsables politiques tournent le dos à Infantino

Plusieurs fédérations nationales ont également retiré leur soutien à la candidature d’Infantino pour un nouveau mandat. C’est le cas du Pays de Galles, de la Serbie et de la Suède, qui ont justifié leur décision par la gestion du projet FFE. Du côté des responsables politiques, le Premier ministre canadien Mark Carney a clairement indiqué qu’il n’avait « plus confiance en M. Infantino après ce qui s’est passé ». Son homologue britannique, Andy Burnham, a adopté une position similaire.

Gianni Infantino était déjà sous le feu des critiques pour la gestion de la Coupe du monde 2026, organisée aux États-Unis, au Canada et au Mexique. Ses relations avec le président américain Donald Trump avaient également alimenté les polémiques. Autant dire que le climat autour du président de la FIFA est des plus tendus.

« Il a menti, trompé et cherché à servir ses propres intérêts au détriment du jeu qu’il est censé servir. »
Luís Figo, ancien joueur du Real Madrid et du FC Barcelone, dans un message sur les réseaux sociaux.

Une affaire de corruption démentie par la FIFA

Les tensions ont encore été attisées par une révélation du Times de Londres, selon laquelle Gianni Infantino aurait promis au Maroc l’organisation de la finale de la Coupe du monde 2030 en échange de son soutien. La FIFA a immédiatement démenti ces allégations, les qualifiant de « fausses et trompeuses ». L’instance a rappelé que la décision sur le lieu de la finale serait prise « en temps voulu », sans influence extérieure.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines s’annoncent décisives pour Gianni Infantino. Bien qu’il ait conservé le soutien de la majorité du Conseil de la FIFA, plusieurs fédérations et personnalités politiques ont clairement indiqué qu’elles ne voteront pas pour sa réélection. La menace d’un boycott des compétitions de la FIFA par l’UEFA pèse également sur l’avenir du football mondial. Reste à voir si Infantino parviendra à restaurer la confiance ou si cette crise accélérera son départ. La prochaine assemblée générale de la FIFA, prévue en 2027, pourrait être le théâtre d’un changement de direction.

En attendant, la FIFA devra clarifier sa stratégie de gouvernance et rassurer ses membres sur sa transparence. Les prochaines décisions prises par l’instance, notamment sur l’attribution des compétitions futures, seront scrutées de près. Une chose est sûre : l’image de la FIFA, déjà fragilisée par des années de controverses, reste sous haute tension.