Alors que la Coupe du monde 2026 s’apprête à débuter dans quelques jours, le président de la Fifa, Gianni Infantino, a apporté un soutien public à la libération du journaliste français Christophe Gleizes, actuellement incarcéré en Algérie. Selon Franceinfo - Sport, Infantino a exprimé lors d’une conférence de presse à Mexico, le 9 juin 2026, son espoir de voir le président algérien accorder une grâce présidentielle à Gleizes, arrêté il y a deux ans dans le cadre de son travail.

Cette intervention intervient à un moment clé, à la veille de l’ouverture de la plus grande compétition internationale de football. Elle s’ajoute à une mobilisation croissante en faveur du journaliste, dont la détention prolongée suscite l’émotion en France et dans les milieux médiatiques.

Ce qu'il faut retenir

  • Christophe Gleizes, journaliste français, est détenu en Algérie depuis mai 2024 après un reportage sur le club de football de la Jeunesse sportive de Kabylie (JSK).
  • Inculpé pour apologie du terrorisme, il a été condamné en juin 2025 à sept ans de prison et incarcéré après avoir été initialement placé sous contrôle judiciaire.
  • Gianni Infantino, président de la Fifa, a déclaré espérer sa grâce présidentielle lors d’une conférence de presse à Mexico, le 9 juin 2026.
  • Thibaut Bruttin, directeur général de Reporters sans frontières (RSF), a salué « une spirale de la générosité » après cette prise de position.
  • Les parents de Gleizes, Sylvie et Francis Godard, ont exprimé leur détresse face à une situation qui « n’en finit plus ».

Un soutien inattendu de la part de Gianni Infantino

Dans un contexte où les relations entre la Fifa et les droits humains font régulièrement débat, la déclaration de Gianni Infantino marque une rupture. Selon Franceinfo - Sport, le président de l’instance dirigeante du football mondial a déclaré : « Je vois qu’il s’exprime de façon très libre, très directe, très forte pour la cause de Christophe Gleizes. » Cette prise de position, à quelques jours du coup d’envoi de la Coupe du monde 2026, a surpris les observateurs.

Pour Thibaut Bruttin, directeur général de RSF, cette intervention reflète une « spirale de la générosité » : « Il y a une spirale de la générosité qui est enclenchée, y compris chez ceux que l’on suspecte parfois de ne pas être si engagé que ça, c’est assez formidable », a-t-il commenté sur Franceinfo le 10 juin 2026. Il a également souligné que la seule issue envisageable restait la grâce présidentielle, insistant sur l’urgence de cette libération.

Les circonstances de l’arrestation et la condamnation de Christophe Gleizes

Christophe Gleizes a été arrêté en mai 2024 en Algérie alors qu’il réalisait un reportage sur la Jeunesse sportive de Kabylie (JSK), club emblématique de la région. Initialement placé sous contrôle judiciaire, il a été incarcéré en juin 2025 après sa condamnation à sept ans de prison pour apologie du terrorisme. Cette décision judiciaire a été contestée par plusieurs organisations de défense des droits humains et des journalistes.

Ses parents, Sylvie et Francis Godard, ont vivement réagi à travers un communiqué de RSF : « Alors que va s’ouvrir la plus importante compétition internationale de football, notre fils Christophe reste emprisonné. Cette situation qui n’en finit plus nous bouleverse. » Ils ont également rappelé que leur fils, alors âgé de 32 ans, n’avait fait l’objet d’aucune autre condamnation auparavant.

Une mobilisation internationale en faveur du journaliste

L’affaire Gleizes a suscité une vague de solidarité, notamment au sein de la communauté journalistique. Plusieurs organisations, dont RSF et la Fifa, ont multiplié les appels en faveur de sa libération. La Fifa, qui l’avait accrédité pour la Coupe du monde 2026 malgré sa détention, a ainsi marqué une position claire en faveur de sa cause.

Thibaut Bruttin a rappelé que la seule issue possible restait la grâce présidentielle : « Il est temps qu’elle advienne et que Christophe soit rendu à cette République du football, à ses parents et à sa grand-mère de 102 ans qui l’attend. » Cette mention de sa grand-mère, dont l’âge avancé ajoute une dimension humaine à l’affaire, a particulièrement touché l’opinion publique.

Et maintenant ?

La prochaine étape dépend désormais des autorités algériennes. Une grâce présidentielle pourrait intervenir dans les semaines à venir, même si aucun calendrier précis n’a été rendu public. La Fifa, de son côté, a d’ores et déjà maintenu l’accréditation de Gleizes pour la Coupe du monde, laissant entendre qu’elle ne considère pas sa situation comme un obstacle à sa participation symbolique à l’événement. Le sort du journaliste français pourrait ainsi devenir un enjeu diplomatique et médiatique dans les jours précédant le début de la compétition.

Cette affaire soulève par ailleurs des questions plus larges sur les conditions de travail des journalistes dans les pays où la liberté de la presse est restreinte. À l’approche d’une Coupe du monde marquée par des débats sur les droits humains, l’affaire Gleizes rappelle les risques encourus par les professionnels des médias dans certaines régions du monde.

Christophe Gleizes a été condamné pour apologie du terrorisme en juin 2025, une peine de sept ans de prison lui ayant été infligée. Son arrestation en mai 2024 faisait suite à un reportage sur la Jeunesse sportive de Kabylie (JSK), un club de football local.