Gianni Infantino, président controversé de la FIFA, vient de traverser une semaine particulièrement agitée, marquée par l’abandon de son projet controversé d’ouvrir la Coupe du monde à des investisseurs privés. Un recul qui n’a pas suffi à apaiser les tensions autour de sa gestion, alors qu’il se prépare à briguer un nouveau mandat en mars 2027, selon RFI.
Ce qu'il faut retenir
- L’UEFA, forte de ses 55 membres, a réaffirmé avoir perdu confiance en la présidence d’Infantino, comme le confirme RFI.
- La Confédération africaine de football (CAF), avec ses 54 membres, s’est en revanche unanimement rangée derrière lui.
- Le président de la FIFA a renoncé à son projet de privatisation partielle de l’organisation de la Coupe du monde.
- La bataille pour sa réélection en 2027 s’annonce serrée, avec des alliances géopolitiques en jeu.
- Un économiste du sport, Vincent Chaudel, a analysé les enjeux stratégiques de cette crise pour RFI.
L’abandon de son projet phare, qui prévoyait d’associer des investisseurs privés à l’organisation de la Coupe du monde, marque un tournant pour Gianni Infantino. Ce recul, révélé par RFI, intervient après des semaines de critiques virulentes envers sa gouvernance. Le président suisse de la FIFA, souvent accusé de centraliser le pouvoir et de fragiliser l’équité sportive, voit désormais son avenir politique dépendre de soutiens régionaux clés. L’Amérique du Nord et l’Asie pourraient bien devenir les arbitres de son maintien à la tête du football mondial.
L’UEFA en première ligne contre Infantino
L’Union des associations européennes de football (UEFA) n’a pas caché son désaveu. Dans un communiqué rendu public cette semaine, l’instance a réitéré sa perte de confiance dans la présidence d’Infantino, confirmant ainsi les tensions persistantes entre les deux entités. Cette opposition ouverte de l’UEFA, qui représente les fédérations les plus influentes du football mondial, pèse lourd dans la balance. Cinq des six confédérations continentales (hors Afrique) ont déjà exprimé des réserves, voire des critiques explicites, envers la gestion d’Infantino.
Ces divergences reflètent des désaccords profonds sur la redistribution des revenus, la transparence financière et la gouvernance du football. L’UEFA, dirigée par Aleksander Čeferin, milite pour une plus grande équité économique entre les nations, un principe que ses dirigeants estiment bafoué par les réformes récentes de la FIFA. RFI souligne que cette prise de position de l’UEFA pourrait fragiliser la candidature d’Infantino lors du prochain scrutin.
La CAF en première ligne pour soutenir le président
À l’inverse, la Confédération africaine de football (CAF) a choisi de se ranger massivement derrière Infantino. Selon RFI, les 54 membres de la CAF ont voté à l’unanimité en sa faveur lors d’une réunion exceptionnelle tenue cette semaine. Cette alliance africaine s’explique en partie par les investissements massifs consentis par la FIFA en faveur du développement du football sur le continent ces dernières années. Infantino a notamment mis en avant les programmes de construction d’infrastructures et de formation des jeunes talents, perçus comme des avancées majeures par les fédérations africaines.
Cette division géographique des soutiens illustre les fractures au sein du football mondial. D’un côté, l’Europe, riche mais exigeante en matière de transparence, et de l’autre, l’Afrique, souvent perçue comme plus pragmatique dans ses attentes. RFI rappelle que la CAF représente près de 30 % des membres votants de la FIFA, un poids qui pourrait s’avérer décisif pour Infantino.
Les prochaines échéances qui pourraient tout changer
Le calendrier s’accélère pour Gianni Infantino. En plus de la réunion du Conseil de la FIFA prévue en septembre 2026, plusieurs conférences continentales doivent se tenir avant le vote de mars 2027. RFI indique que les fédérations d’Amérique du Nord (CONCACAF) et d’Asie (AFC) devraient jouer un rôle pivot lors de ces échanges. Leurs positions pourraient en effet basculer le rapport de force en faveur ou contre le président sortant.
Un économiste du sport, Vincent Chaudel, fondateur de l’Observatoire du Sport Business, a analysé pour RFI les stratégies d’Infantino. Selon lui, le président mise sur une diplomatie sportive agressive, combinant promesses financières et alliances politiques, pour s’assurer une majorité. Chaudel précise que «
Infantino a compris que la légitimité ne se décrète plus, elle se conquiert. Son pari ? Transformer chaque fédération en partenaire économique avant de la convaincre politiquement.»
Cette crise révèle en effet une réalité plus large : le football mondial est désormais tiraillé entre deux visions. D’un côté, une gouvernance centralisée et lucrative, portée par Infantino, et de l’autre, une demande croissante de transparence et d’équité, incarnée par des instances comme l’UEFA. RFI note que cette opposition pourrait bien redéfinir l’équilibre des pouvoirs au sein du football pour les années à venir. Dans ce contexte, le rôle des confédérations intermédiaires, comme l’Amérique du Nord ou l’Asie, sera déterminant pour trancher entre ces deux modèles.
L’UEFA critique principalement trois aspects de la gouvernance d’Infantino : le manque de transparence dans la redistribution des revenus de la FIFA, la centralisation excessive du pouvoir entre ses mains, et les réformes perçues comme défavorables aux fédérations européennes. Ces désaccords ont été formalisés dans un communiqué officiel cette semaine, confirmant une rupture de confiance.