Le Tour d’Italie 2026 vit dimanche sa troisième étape entre Plovdiv et Sofia (175 km), une journée charnière en Bulgarie qui verra le peloton s’élancer sous la direction de Guillermo Thomas Silva. Selon RMC Sport, l’Uruguayen de l’équipe XDS-Astana a profité des abandons et des chutes de la deuxième étape pour s’emparer du maillot rose et devenir le premier coureur de son pays à remporter une étape de Grand Tour avant de porter le maillot de leader.
Ce qu'il faut retenir
- Guillermo Thomas Silva, vainqueur de l’étape 2, endosse le maillot rose pour la première fois de sa carrière et de l’histoire du cyclisme uruguayen.
- Paul Magnier, maillot rose avant-hier, abandonne la tête du classement général après une chute lors de l’étape 2, mais reste en lice pour le classement par points.
- L’étape 3, longue de 175 km, comporte un seul obstacle significatif : l’ascension de Borovec (9,2 km à 5,3 % de moyenne) au km 103.
- Un sprint intermédiaire placé au pied de cette montée et des bonifications au km 167 pourraient redistribuer les cartes avant l’arrivée à Sofia.
- Parmi les favoris, Tobias Lund Andresen (Decathlon CMA-CGM) et Jonathan Milan (Bahrain Victorious) sont cités comme principaux rivaux pour le sprint.
Cette troisième journée bulgare s’annonce sous haute tension. Après deux étapes marquées par des chutes spectaculaires et des abandons parmi les favoris — dont le Britannique Adam Yates et le Colombien Santiago Buitrago, victimes d’une lourde chute collective lors de l’étape 2 —, le peloton aborde l’étape avec prudence. « L’objectif n’est plus seulement de finir la course, mais de le faire sans nouveau blessé », a précisé un membre de l’encadrement technique sous couvert d’anonymat.
Sur le papier, le tracé de 175 km entre Plovdiv et Sofia semble taillé pour les sprinteurs. Pourtant, les organisateurs du Giro 2026 ont glissé plusieurs pièges. Le premier se situe au kilomètre 103 avec l’ascension de Borovec : 9,2 kilomètres à 5,3 % de moyenne, avec des passages à plus de 6 %. « Rien d’insurmontable pour les équipes de sprinteurs », tempère RMC Sport, « mais une longue descente vers Sofia pourrait favoriser une échappée si le peloton se montre trop relâché. »
Autre élément de tension : le sprint intermédiaire placé au pied de la montée. Ce passage, situé vers le km 100, pourrait provoquer une sélection brutale dans le peloton. Les équipes des sprinteurs devront alors adapter leur stratégie pour éviter de se retrouver piégées avant même l’ascension. « On sait que certains coureurs vont vouloir attaquer tôt pour prendre des secondes de bonification ou simplement semer la pagaille », confie un directeur sportif.
Les bonifications du kilomètre Red Bull, au km 167, ajoutent une couche de complexité. Les trois premiers du passage obtiendront respectivement 6, 4 et 2 secondes de bonification, une aubaine pour les coureurs bien placés dans la hiérarchie du classement général. « Une bataille de placement pourrait s’engager bien avant l’arrivée », estime RMC Sport.
Un parcours technique malgré l’apparence
Le profil de l’étape est globalement plat, avec un départ depuis les plaines autour de Plovdiv avant de s’enfoncer dans le Parc national de Rila. Après l’ascension de Borovec, les coureurs redescendront vers le réservoir d’Iskar avant de filer vers Sofia. « Le tracé est limpide, mais la course ne l’est pas », résume un observateur du peloton. « Les équipes devront gérer à la fois l’attente d’une arrivée groupée et la crainte d’une échappée matinale. »
Côté favoris, Paul Magnier, désormais leader du classement par points, reste l’un des hommes à battre malgré son abandon du maillot rose. Le Français, vainqueur autoritaire de la première étape, a déjà prouvé sa pointe de vitesse. « On a perdu le général, mais pas l’ambition de briller », a-t-il déclaré après l’étape 2. Solidement épaulé par son équipe, il pourrait viser un deuxième succès d’étape à Sofia pour consolider son avance au classement cyclamen.
Parmi ses principaux adversaires, Tobias Lund Andresen (Decathlon CMA-CGM) se présente comme un sérieux prétendant. Le Danois, capable de franchir les bosses sans difficulté et doté d’une pointe de vitesse redoutable, a déjà remporté plusieurs sprints cette saison. « Je sais que l’étape est faite pour moi, mais la prudence sera de mise », a-t-il souligné lors du briefing d’équipe. « Après ce qui s’est passé hier, personne ne prendra de risque inutile. »
Jonathan Milan et Ethan Vernon en embuscade
Jonathan Milan (Bahrain Victorious), quatrième de la première étape, n’a pas encore confirmé son statut de sprinteur de premier plan sur ce Giro. Pourtant, l’Italien sait que les occasions de briller seront rares. « Je veux montrer que je peux rivaliser avec les meilleurs », a-t-il indiqué. « L’arrivée à Sofia est une belle opportunité. »
Ethan Vernon (Israel-Premier Tech), spécialiste des arrivées massives, pourrait également jouer un rôle clé si le final se joue sur un sprint parfaitement lancé. « Tout dépendra de la gestion de l’étape par les équipes de leaders », a-t-il rappelé. « Si le peloton reste compact, on aura notre chance. »
Quelle que soit l’issue de cette troisième étape, une chose est sûre : le Giro 2026 s’annonce déjà comme l’une des éditions les plus imprévisibles de ces dernières années. Entre chutes, abandons et stratégies audacieuses, les coureurs et leurs équipes devront faire preuve d’adaptabilité pour espérer s’imposer au terme des trois semaines de course.
Les bonifications sont attribuées aux trois premiers coureurs du sprint intermédiaire (au pied de l’ascension de Borovec) et au kilomètre Red Bull (km 167). Elles offrent respectivement 6, 4 et 2 secondes de bonification au classement général, ce qui peut s’avérer décisif pour les coureurs bien placés au classement.
L’ascension de Borovec (9,2 km à 5,3 % de moyenne) pourrait servir de sélection naturelle dans le peloton. Même si elle n’est pas insurmontable pour les sprinteurs, elle intervient suffisamment tôt pour que les équipes des leaders doivent gérer leur effort et éviter de se retrouver piégées dans une échappée.