Le Giro féminin a été marqué par un coup de tonnerre ce week-end à Ravenne, où la sprinteuse néerlandaise Lorena Wiebes, victorieuse de la première étape, a finalement été disqualifiée pour l’usage d’un vélo non conforme. Selon RMC Sport, cette sanction a inversé le classement final et offert le maillot rose à l’Italienne Elisa Balsamo, initialement deuxième.

Ce qu'il faut retenir

  • Wiebes a remporté l’étape à Ravenne avec plusieurs longueurs d’avance sur Balsamo et l’Irlandaise Lara Gillespie, mais sa victoire a été annulée.
  • Son vélo pesait 6,78 kg, soit 22 grammes de moins que le poids minimal de 6,8 kg imposé par l’UCI, entraînant sa disqualification.
  • Elisa Balsamo hérite du maillot rose pour la deuxième étape, tandis que Wiebes est exclue de la course.
  • L’équipe SD Worx dénonce des « sérieux doutes » sur les contrôles, évoquant une différence de plus de 50 grammes entre deux pesées du même vélo.
  • Le parcours de la deuxième étape, entre Roncade et Caorle, reste favorable aux sprinteuses avant un contre-la-montre en côte dès la 4e étape.

Une victoire éphémère et une sanction immédiate

La première étape du Giro féminin, longue de 139 km entre Cesenatico et Ravenne, s’est terminée dans un final chaotique marqué par plusieurs chutes dans les derniers kilomètres. Lorena Wiebes, sprinteuse de l’équipe SD Worx, a pourtant dominé le sprint final avec une avance confortable, s’emparant du maillot rose sur le podium.

Quelques heures plus tard, la joie a laissé place à la stupeur : les commissaires de course ont annoncé sa disqualification, révélant que son vélo pesait 6,78 kg, soit 22 grammes en dessous du seuil réglementaire de 6,8 kg fixé par l’Union Cycliste Internationale (UCI). Elisa Balsamo, initialement deuxième, a ainsi hérité du maillot rose pour la suite de l’épreuve.

L’équipe SD Worx crie au scandale des contrôles

Dans une réaction publiée sur X (ex-Twitter), l’équipe SD Worx a exprimé son incompréhension face à cette décision. « Nous sommes stupéfaits et émettons de sérieux doutes quant aux contrôles du poids des vélos effectués durant ce Giro d’Italia », a déclaré la formation néerlandaise. Elle a notamment pointé une différence de plus de 50 grammes entre deux pesées du vélo de Wiebes après l’arrivée à Ravenne.

« Wiebes a couru avec ce vélo à de multiples reprises tout au long de la saison, et il a toujours été assemblé de la même manière », a ajouté SD Worx, soulignant que le vélo en question avait déjà été utilisé sans problème auparavant. Cette affaire relance les interrogations sur la rigueur des contrôles techniques en compétition, d’autant que la marge de tolérance est souvent critiquée pour son manque de précision.

Un final d’étape marqué par le chaos

Le parcours plat de cette première étape, ponctué de plusieurs chutes dans les derniers kilomètres, a mis en lumière les tensions entre les équipes de sprinteuses et celles visant le classement général. Charlotte Kool, autre favorite néerlandaise, a terminé 6e après avoir perdu la roue de ses équipières sous la flamme rouge. « C’était vraiment chaotique entre celles qui protégeaient leurs leaders pour le classement général et les équipes de sprinteuses », a-t-elle déclaré après l’arrivée.

Parmi les autres coureuses affectées, Marion Bunel, révélation récente du cyclisme féminin français, a concédé près de deux minutes après être tombée dans les derniers hectomètres. À l’inverse, Elisa Longo Borghini, tenante du titre, et Demi Vollering, grande favorite de l’épreuve, ont terminé dans le même temps que Wiebes avant la disqualification.

Quel impact sur la suite du Giro ?

Cette affaire survient à un moment clé du Giro féminin, où les sprinteuses dominaient largement les débats avant cette première étape. La deuxième étape, longue de 156 km entre Roncade et Caorle, s’annonce à nouveau propice aux arrivées au sprint, selon les observateurs. Les grimpeuses devront attendre la 4e étape, qui comportera un contre-la-montre de 13 km en côte, pour espérer s’illustrer.

Pour Wiebes, cette disqualification représente un revers majeur, alors qu’elle était considérée comme l’une des favorites pour le classement général. L’équipe SD Worx pourrait envisager un recours, bien que la décision des commissaires semble difficile à contester sur le plan réglementaire. Cette affaire rappelle également les polémiques récurrentes autour des vélos, souvent au cœur des débats dans le cyclisme professionnel.

Et maintenant ?

La deuxième étape, programmée ce dimanche 1er juin, s’annonce décisive pour les sprinteuses. Si Balsamo conserve le maillot rose, elle devra défendre sa position face à des adversaires comme Kool ou l’Australienne Ally Wollaston, toutes deux en lice pour le classement par points. Les organisateurs pourraient renforcer les contrôles techniques en amont des arrivées, une piste déjà évoquée par plusieurs équipes. Enfin, l’affaire Wiebes pourrait servir de catalyseur pour une révision des règles de pesée des vélos, un dossier régulièrement pointé du doigt par les coureurs.

En attendant, le Giro féminin entre dans une phase plus technique, où les grimpeuses, comme Vollering ou Niamh Fisher-Black, pourraient profiter des prochaines étapes pour réduire leur retard au classement général. Une chose est sûre : ce Giro s’écrit désormais sans Lorena Wiebes, mais avec une polémique qui risque de faire durablement parler d’elle.

Le vélo utilisé par Wiebes pesait 6,78 kg, soit 22 grammes de moins que le poids minimal de 6,8 kg imposé par l’UCI. Cette infraction technique a entraîné sa disqualification immédiate, bien que son équipe argue que le vélo avait déjà été utilisé à plusieurs reprises dans la saison sans problème.