En une semaine seulement, la Gironde a été ravagée par des incendies d’une ampleur inédite. Avec 42 000 hectares de végétation partis en fumée et 220 000 personnes évacuées, dont des habitants et des vacanciers, la région fait face à une double crise : celle des flammes et celle des comportements opportunistes. Selon BFM - Faits Divers, des individus profitent de la détresse des sinistrés pour commettre des escroqueries, des cambriolages et des vols, notamment dans les zones évacuées où les habitations restent sans surveillance.

Ce qu'il faut retenir

  • 220 000 personnes évacuées en une semaine en Gironde, dont 42 000 hectares de forêt détruits.
  • Au moins quatre affaires d’escroquerie ou de vol recensées en une semaine, ciblant les réfugiés et les biens laissés sans protection.
  • Un homme arrêté pour s’être fait passer pour un psychologue bénévole et avoir proposé des séances payantes à des personnes en détresse.
  • Deux autres individus interpellés pour le vol de denrées alimentaires destinées aux sinistrés au Parc des expositions de Bordeaux.
  • Une femme contrôlée au Haillan avec des bijoux et de l’outillage non justifiés, placée en garde à vue pour recel de vol.
  • Un homme arrêté à Eysines en possession de 44 bouteilles de grands crus, soupçonné de vol par effraction.

Parmi les lieux les plus exposés, le Parc des expositions de Bordeaux, transformé en centre d’accueil d’urgence pour les évacués, est devenu un terrain de chasse pour les malfrats. Selon la Police nationale, relayée par BFM - Faits Divers, des interpellations ont été opérées dès la fin juillet. L’une des affaires les plus marquantes concerne un individu qui s’est présenté comme un psychologue bénévole et a proposé des consultations payantes à des personnes en situation de détresse. Arrêté mardi 28 juillet au Parc des expositions, il a été placé en garde à vue. « Un individu s'est fait passer pour un psychologue bénévole et a proposé des séances payantes à des personnes en situation de détresse », ont indiqué les forces de l’ordre dans un communiqué.

Les vols de biens essentiels ne sont pas en reste. Deux hommes ont été interpellés dimanche pour avoir subtilisé des denrées alimentaires destinées aux sinistrés, toujours dans l’enceinte du centre d’accueil. Une affaire qui illustre la vulnérabilité des populations évacuées, souvent en quête de soutien matériel et moral. Parallèlement, dans les zones résidentielles évacuées, les cambriolages se multiplient. À Eysines, dès le 25 juillet, un homme a été contrôlé par les policiers alors qu’il transportait 44 bouteilles de grands crus. Suspecté d’avoir commis un vol par effraction dans une habitation laissée vide, il a également été placé en garde à vue.

Des habitations et sites industriels sous surveillance

Les zones évacuées ne sont pas les seules à subir les assauts des voleurs. À Saint-Médard-en-Jalles, des sites industriels stratégiques, classés Seveso, abritent des activités liées à la défense nationale. Parmi eux, des établissements d’ArianeGroup, Airbus, Dassault Aviation et Thales ont été mis sous protection renforcée dès le 24 juillet au soir. Sébastien Lecornu, alors ministre des Armées, avait annoncé le déploiement de dispositifs de sécurité pour éviter tout risque de pillage ou d’intrusion. Ces sites, qui abritent des produits hautement sensibles, représentent une cible potentielle pour les malfaiteurs, d’autant plus que les incendies ont fragilisé la région.

Dans le village du Porge, l’un des plus touchés par les flammes avec ses 3 500 habitants, les résidents ont organisé une brigade citoyenne pour surveiller leurs biens. Depuis l’évacuation, seules les personnes munies d’un laissez-passer délivré par la mairie sont autorisées à pénétrer dans la commune. « Il y a des personnes qui sont dépourvues de toute morale qui essaient de profiter de la situation. Il y a peut-être un ou deux individus qui ont commencé à essayer de visiter les maisons restées en état. Mais pour l’instant, ce phénomène est maîtrisé. Les CRS et les gendarmes sont en action pour sécuriser le village », a déclaré au Dauphiné Libéré le maire Martial Zaninetti. Les forces de l’ordre assurent une présence 24 heures sur 24 pour protéger les habitations et les biens des évacués.

Des biens de première nécessité et des objets de valeur ciblés

Les vols ne se limitent pas aux habitations. Au Haillan, une femme déjà connue des services de police a été contrôlée en possession de bijoux et d’outillage. Interrogée, elle n’a pu justifier la provenance de ces objets, ce qui a conduit à son arrestation pour recel de vol. Cette affaire rappelle que les sinistrés ne sont pas les seuls à souffrir des incendies : les opportunistes en profitent pour s’enrichir ou s’approprier des biens de valeur.

Les denrées alimentaires, elles aussi, attirent les convoitises. Au Parc des expositions, où sont hébergés des milliers de personnes, des vols de nourriture ont été signalés. Deux hommes arrêtés dimanche ont été placés en garde à vue pour ce motif. Ces actes, en plus d’être moralement condamnables, privent les victimes des rares ressources qui leur sont allouées dans l’urgence.

Et maintenant ?

Les autorités ont renforcé les dispositifs de surveillance dans les zones évacuées et autour des sites industriels sensibles. Cependant, la situation reste fragile, d’autant que les incendies pourraient encore s’étendre avec les fortes chaleurs annoncées. Les enquêtes en cours pourraient permettre d’identifier d’autres cas d’escroquerie ou de vol. Les prochains jours seront décisifs pour évaluer l’ampleur réelle des pillages et mettre en place des mesures de protection supplémentaires si nécessaire. Reste à voir si les dispositifs actuels suffiront à dissuader les comportements opportunistes.

Ces événements soulèvent une question plus large : jusqu’où la société est-elle prête à aller pour protéger ses membres les plus vulnérables dans un contexte de crise ? Entre solidarité et opportunisme, la frontière semble parfois ténue. Les prochaines semaines diront si la Gironde saura surmonter cette double épreuve.

Le village du Porge, avec ses 3 500 habitants, est l’un des plus touchés. D’autres communes en périphérie de Bordeaux, comme Eysines et Le Haillan, ont également subi des dégâts importants.

Dès le 24 juillet, des dispositifs de protection ont été déployés autour des sites classés Seveso, notamment ceux d’ArianeGroup, Airbus, Dassault Aviation et Thales, comme l’a annoncé Sébastien Lecornu, alors ministre des Armées.