Dans le contexte actuel de développement de l'aquaculture en France, un projet de mégaferme terrestre à saumons dans la Gironde a récemment fait l'objet d'une autorisation de la part de l'État, selon Le Figaro. Ce projet, porté par la société Pure Salmon et financé par un fonds d'investissement singapourien, est estimé à 280 millions d'euros et devrait produire jusqu'à 10 000 tonnes de saumons par an.

Ce projet, qui présente un grand intérêt économique et industriel pour le territoire, selon la préfète de la Gironde, Sophie Brocas, répond à plusieurs enjeux d'intérêt général. Il s'agit notamment de la reconversion d'une friche industrialo-portuaire à la pointe du Médoc, la création de 250 emplois directs et la production sur le territoire national du poisson le plus consommé par les Français, et actuellement importé à 99 %.

Ce qu'il faut retenir

  • Le projet de mégaferme terrestre à saumons dans la Gironde a été autorisé par l'État.
  • Le projet est estimé à 280 millions d'euros et devrait produire jusqu'à 10 000 tonnes de saumons par an.
  • Le projet présente un grand intérêt économique et industriel pour le territoire.
  • Le projet répond à plusieurs enjeux d'intérêt général, notamment la reconversion d'une friche industrialo-portuaire et la création de 250 emplois directs.
  • Le projet est financé par un fonds d'investissement singapourien.

Le projet et ses enjeux

Le projet de mégaferme terrestre à saumons dans la Gironde est un projet d'envergure, qui devrait être construit sur 14 hectares au Verdon-sur-Mer, au bout de l'estuaire de la Gironde, à partir de 2027. L'autorisation environnementale est assortie de prescriptions environnementales particulièrement exigeantes qui encadreront aussi bien la phase de travaux que l'exploitation de l'installation, et feront l'objet d'un contrôle permanent, affirme la préfecture.

La technologie utilisée est basée sur un système de recirculation d'eau, « RAS », qui est adoptée par de plus en plus de pays producteurs de poissons et reconnue comme étant la plus vertueuse quant aux volumes d'eaux nécessaires au fonctionnement de ce type d'installation, assure la préfecture. Cependant, des projets de cette taille constituent un changement d'échelle avec encore peu de références opérationnelles dans le monde, pointait l'Ifremer dans une note publiée en mars.

Les oppositions au projet

Jugeant les risques environnementaux trop importants, plusieurs centaines d'opposants avaient manifesté en janvier sur le lieu d'implantation, à la veille de la clôture de l'enquête publique qui a enregistré plus de 20 000 contributions, défavorables dans leur quasi-totalité. Une proposition de loi soutenue par une centaine de députés, déposée en 2025 mais qui n'a pas été examinée depuis à l'Assemblée nationale, réclame un moratoire de dix ans sur ces fermes-usines de saumons.

Des ONG ont également dénoncé un projet « complètement démesuré » qui menacerait l'écosystème du plus grand et plus sauvage estuaire d'Europe, avec des rejets de boues au détriment de la pêche et de la conchyliculture. La société Pure Salmon assure que sa « technologie éprouvée » garantit « un impact maîtrisé sur la biodiversité », que « le bien-être animal est au cœur du projet » et que son approvisionnement obéit à des « normes strictes », assurant aux saumons une alimentation « responsable et traçable ».

Et maintenant ?

Les opposants au projet ont annoncé qu'une dizaine d'ONG vont déposer prochainement un recours contentieux devant la Cour administrative d'appel de Bordeaux. Le projet divise également au sein du gouvernement, la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, s'y étant opposée « à titre personnel » lors d'une audition au Sénat en avril, tandis que son collègue de l'Industrie, Sébastien Martin, a affirmé qu'il n'y a aucune raison qu'il ne se fasse pas.

Il reste à voir comment ce projet va évoluer et quelles seront les prochaines étapes. La décision de la Cour administrative d'appel de Bordeaux sera sans aucun doute un élément clé dans la suite de ce projet.

En conclusion, le projet de mégaferme terrestre à saumons dans la Gironde est un projet complexe et controversé, qui soulève des enjeux économiques, environnementaux et sociaux importants. Il est essentiel de prendre en compte les différentes perspectives et de trouver un équilibre entre les intérêts économiques et les préoccupations environnementales.