Le goûter, moment sacré pour de nombreux enfants, cache souvent des produits industriels ultra-transformés, alerte le magazine 60 Millions de consommateurs dans son dernier hors-série. Selon Franceinfo - Santé, l’association a analysé plus de 80 références sucrées disponibles dans les rayons, mettant en lumière les dangers de certaines marques emblématiques comme Lu, Kinder ou Brossard.

Ce qu'il faut retenir

  • Huit produits sur dix dans les rayons de grande distribution sont classés comme ultra-transformés, selon les données récentes.
  • Parmi les marques les plus critiquées : Lu (Lulu l’Ourson, Napolitain, Petit Écolier), Kinder (Délice, Country) et Brossard (Savane).
  • Ces produits cumulent excès de sucre, de graisses et additifs controversés, avec un emballage souvent trompeur pour les parents.
  • 60 Millions de consommateurs appelle à rendre obligatoire le Nutri-Score et une signalétique sur l’ultra-transformation.
  • Les brioches nature ou pains au lait bio, comme ceux de Pasquier ou La Boulangère, sont présentés comme des alternatives plus saines.

L’étude souligne que les enfants, grands consommateurs de ces produits, tirent près de la moitié de leurs apports énergétiques des aliments ultra-transformés. Une tendance préoccupante, d’autant que les gâteaux moelleux au chocolat – comme le Savane de Brossard – forment une catégorie particulièrement pointée du doigt. Ces biscuits, bien que pratiques pour les parents pressés, sont souvent trop sucrés, trop gras et bourrés d’additifs. « Ces produits sont des bombes sanitaires pour les enfants », résume l’association.

Côté marques, Lu et Kinder trustent le classement des pires produits. Leurs références phares, comme le Lulu l’Ourson, le Napolitain, le Kinder Délice ou le Kinder Country, sont accusées de jouer sur l’imaginaire enfantin tout en masquant une composition douteuse. Kinder met en avant des publicités vantant des « aliments sains », une affirmation que l’étude conteste formellement. « Ce n’est pas le cas », tranche 60 Millions de consommateurs, qui rappelle que ces produits contiennent des taux élevés de sucres ajoutés et de graisses saturées.

Des alternatives existent, mais restent méconnues

Face à ce constat alarmant, l’association souligne qu’il existe des alternatives plus saines, même parmi les produits industriels. Les brioches nature, surtout lorsqu’elles sont bio ou allégées en sucre, ainsi que les pains au lait des marques Pasquier ou La Boulangère, sont présentés comme des options viables. « Ces produits sont une bonne alternative industrielle, à condition de ne pas les noyer dans du Nutella », précise l’étude. Les biscuits secs nature – sablés, palets ou galettes au beurre – sont également cités, même s’ils restent gras.

L’association insiste : il ne s’agit pas de culpabiliser les parents, mais de leur donner des outils pour décrypter les étiquettes. Car le principal problème réside dans la complexité de composition de ces produits. « Les marques jouent sur les codes de l’enfance avec leurs emballages colorés et leurs promesses marketing », explique Sophie Coisne, rédactrice en chef du magazine. « Pourtant, beaucoup de ces produits n’affichent pas de Nutri-Score, ce qui rend leur sélection d’autant plus difficile. »

Un appel à plus de transparence nutritionnelle

Pour remédier à cette opacité, 60 Millions de consommateurs exige deux mesures fortes : rendre le Nutri-Score obligatoire pour tous les produits alimentaires, et ajouter une signalétique claire sur l’ultra-transformation. L’objectif ? Permettre aux consommateurs d’identifier d’un coup d’œil les produits les plus sains et ceux à éviter. « C’est important que le Nutri-Score devienne obligatoire pour voir les meilleures compositions, mais aussi qu’il puisse s’adosser à une signalétique autour de l’ultra-transformation », déclare Sophie Coisne. « Ainsi, les parents pourraient agir en toute connaissance de cause. »

Cette exigence s’inscrit dans un contexte où près de 80 % des produits sucrés vendus en supermarché sont classés comme ultra-transformés. Les enfants, en particulier, sont les premières victimes de cette tendance. Selon les études citées par l’association, près de la moitié de leurs apports énergétiques quotidiens proviennent de ces aliments, avec des conséquences potentielles sur leur santé à long terme.

Et maintenant ?

La question d’une réglementation plus stricte sur l’étiquetage nutritionnel pourrait revenir sur le devant de la scène dans les mois à venir. En France, le Nutri-Score, bien que largement adopté par l’industrie, reste facultatif. Une proposition visant à le rendre obligatoire pour certains produits pourrait être discutée au Parlement d’ici fin 2026. Dans l’intervalle, les associations de consommateurs comptent bien maintenir la pression pour accélérer les changements. Pour les parents, la prudence reste de mise : vérifier les étiquettes et privilégier les produits les plus simples reste le meilleur conseil.

Cette enquête de 60 Millions de consommateurs rappelle une fois de plus l’importance de l’information nutritionnelle dans l’alimentation des enfants. Alors que les rayons regorgent de gourmandises colorées et alléchantes, les parents doivent redoubler de vigilance pour éviter les pièges des produits ultra-transformés.

Un produit est considéré comme ultra-transformé lorsqu’il contient des additifs, des ingrédients raffinés ou des substances non utilisées en cuisine domestique. Selon la classification NOVA, ces produits subissent plusieurs procédés industriels et comportent souvent des conservateurs, émulsifiants ou arômes artificiels. Dans l’étude de 60 Millions de consommateurs, les produits épinglés cumulent généralement plus de cinq additifs et des taux élevés de sucre ou de graisses saturées.