Selon Frandroid, l’application mobile de Revolut n’est désormais plus compatible avec GrapheneOS, un système d’exploitation alternatif axé sur la protection des données. Cette décision, prise par les développeurs de GrapheneOS, s’inscrit dans une critique publique des lacunes en matière de sécurité du géant britannique de la fintech.
Ce qu'il faut retenir
- Revolut a retiré le support de son application pour GrapheneOS, un OS mobile alternatif réputé pour son approche stricte de la confidentialité.
- Les équipes de GrapheneOS ont publiquement pointé du doigt les failles de sécurité de Revolut, qualifiant la banque en ligne d’« complètement inconsciente en termes de sécurité ».
- GrapheneOS est un projet open source conçu pour renforcer la protection des utilisateurs contre les vulnérabilités logicielles et les intrusions.
Un OS mobile alternatif en conflit avec une fintech en croissance
Depuis plusieurs années, GrapheneOS se positionne comme une alternative robuste aux systèmes d’exploitation mobiles dominants, notamment en limitant les permissions des applications et en durcissant les protections contre les exploits. Pourtant, ce projet a récemment été confronté à un obstacle majeur : l’incompatibilité croissante avec des services populaires, dont celui de Revolut. D’après Frandroid, cette rupture technique intervient après que les développeurs de GrapheneOS ont émis des réserves répétées sur les standards de sécurité de l’application Revolut.
« Revolut est complètement inconsciente en termes de sécurité », a déclaré un représentant de GrapheneOS, soulignant que l’application ne respecte pas les bonnes pratiques en matière de protection des données. Selon les équipes du projet, la fintech britannique multiplierait les risques pour ses utilisateurs en accumulant les vulnérabilités logicielles, sans proposer de correctifs suffisants.
Les raisons d’une incompatibilité technique
Plusieurs éléments expliquent cette incompatibilité. D’une part, GrapheneOS applique des restrictions strictes sur l’accès aux capteurs, aux données biométriques et aux fonctions système, afin de limiter les surfaces d’attaque. Or, Revolut, comme de nombreuses applications bancaires, nécessite souvent des autorisations étendues pour fonctionner pleinement. « Les applications qui demandent des permissions excessives ou qui contournent les protections de base posent un risque majeur pour la sécurité des utilisateurs », a précisé un développeur de GrapheneOS.
D’autre part, la fintech britannique a récemment modifié son architecture logicielle, intégrant des composants propriétaires moins transparents. GrapheneOS, qui privilégie les solutions open source et auditées, a considéré que ces changements réduisaient la confiance dans l’application. « On ne peut pas garantir la sécurité d’une application dont les mécanismes internes ne sont pas accessibles à l’audit », a ajouté la même source.
Quelles conséquences pour les utilisateurs ?
Cette incompatibilité prive les utilisateurs de GrapheneOS d’un accès direct à leur compte Revolut via l’application officielle. Bien que des solutions alternatives existent — comme l’utilisation d’un navigateur sécurisé ou d’une application tierce —, elles ne garantissent pas toujours une expérience fluide ou sécurisée. « Les utilisateurs doivent désormais se tourner vers des méthodes moins pratiques pour gérer leurs finances », a indiqué un expert en cybersécurité contacté par Frandroid.
Cette situation illustre également un paradoxe plus large : alors que les utilisateurs recherchent des outils de plus en plus sécurisés, certains services populaires peinent à s’adapter aux exigences des plateformes alternatives. « C’est un dilemme pour les fintechs : soit elles s’adaptent aux standards de sécurité modernes, soit elles excluent une partie de leur clientèle », a analysé un analyste du secteur.
La question se pose désormais : les fintechs parviendront-elles à concilier croissance et exigences de sécurité à long terme ?
GrapheneOS a rompu la compatibilité avec Revolut en raison de ses lacunes présumées en matière de sécurité, notamment des permissions excessives et un manque de transparence dans son architecture logicielle. L’équipe de GrapheneOS estime que l’application ne respecte pas les standards nécessaires pour protéger les utilisateurs contre les vulnérabilités.