En Grèce, la confiance dans les médias est mise à l’épreuve, alors que près de 9 citoyens sur 10 déclarent douter de la fiabilité des informations auxquelles ils sont exposés, selon un récent sondage réalisé par Focus Bari, comme le rapporte Euronews FR. Cependant, les publications spécialisées continuent de bénéficier d'un niveau de confiance élevé, avec 65 % des lecteurs les considérant comme une source d’information fiable.
Ce qu'il faut retenir
- 80 % des citoyens grecs déclarent être exposés chaque jour à un volume très important d’informations.
- Près de 9 sur 10 disent mettre fréquemment en doute leur validité.
- 65 % des lecteurs considèrent les publications spécialisées comme une source d’information fiable.
- 50 % estiment qu’elles soutiennent une information indépendante et de qualité.
- Un lecteur sur deux (50 %) se dit prêt à payer pour du contenu de qualité.
La presse spécialisée et régionale, pilier de fiabilité
Les réseaux sociaux apparaissent comme la principale source de désinformation, alors que la presse écrite est plus rarement perçue comme véhiculant des contenus problématiques. La presse magazine spécialisée conserve un lectorat important, puisque 78 % des citoyens sont en contact avec des publications à contenu spécialisé. Parmi eux, environ un sur cinq les lit chaque semaine, tandis qu’une part significative les utilise aussi à des fins professionnelles ou pour s’informer à titre personnel.
De la même manière, la presse régionale reste très présente, avec 77 % des citoyens qui déclarent être en contact avec des journaux régionaux. Environ un sur quatre les lit chaque semaine, et le public reconnaît leur rôle déterminant dans la mise en lumière des enjeux locaux (62 %), le soutien à l’économie locale (47 %) et le maintien du lien des citoyens avec leur territoire (50 %, un taux qui atteint 74 % chez les lecteurs réguliers).
Les prises de position
Lors de la présentation de l’étude, à la journée de l’Union des journalistes propriétaires de presse magazine (EDIPT), Pavlos Marinakis, vice-ministre auprès du Premier ministre et porte-parole du gouvernement, a souligné que le débat sur les médias concerne le cœur de la démocratie. Il a également évoqué la modernisation institutionnelle des médias au moyen des registres de presse, la transparence du financement, le soutien à la presse locale et régionale, ainsi que la nécessité de lutter contre la désinformation par l’éducation et des interventions institutionnelles.
Dimitris Kirmikiroglou, secrétaire général à la Communication et à l’Information, a souligné que la perte de confiance envers les institutions crée un terrain favorable à la désinformation et aux discours de haine. L’objectif est selon lui de protéger la liberté de la presse et de renforcer la presse imprimée, avec pour la première fois des mesures qui soutiennent le coût du travail, le maintien des emplois et la déontologie des médias.
En conclusion, la presse spécialisée et régionale joue un rôle essentiel dans la fourniture d’informations fiables et de qualité en Grèce. Les prises de position des autorités et des professionnels du secteur sont encourageantes, mais il reste à voir comment ces mesures seront mises en œuvre et quels seront leurs effets à long terme.