Selon Euronews FR, la Grèce a été officiellement reconnue comme « pays exemplaire » par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour sa lutte contre l’obésité infantile, lors d’une cérémonie marquant la clôture de l’Action nationale contre l’obésité infantile. Cette initiative, menée par le ministère grec de la Santé en collaboration avec l’UNICEF et financée par l’Union européenne dans le cadre du plan « Grèce 2.0 », a permis d’obtenir des résultats concrets et mesurables, transformant durablement les habitudes alimentaires et sportives des familles grecques.

Ce qu'il faut retenir

  • 8 enfants sur 10 en surpoids ou obèses ont retrouvé un indice de masse corporelle normal grâce à un accompagnement nutritionnel personnalisé.
  • La proportion de parents informés des recommandations de l’OMS sur l’alimentation saine est passée de 29,4 % à 43,7 %.
  • 135 000 enfants ont pratiqué une activité sportive gratuitement, et la participation aux sports organisés a progressé de 52,5 % à 60 %.
  • Plus de 130 000 repas sains et de fruits frais ont été distribués dans 435 écoles primaires.
  • L’OMS qualifie désormais la Grèce de modèle en Europe du Sud pour sa stratégie de prévention.

Une stratégie globale déployée sur l’ensemble du territoire

L’Action nationale contre l’obésité infantile s’est structurée autour de plusieurs axes, touchant directement les écoles, les familles et les professionnels de santé. Le volet le plus marquant concerne le conseil nutritionnel personnalisé : 1 900 enfants en surpoids ou obèses ont bénéficié de 13 000 consultations individuelles avec des diététiciens-nutritionnistes. Résultat, 80 % d’entre eux ont perdu du poids et affichent désormais un IMC normal. Parmi ceux présentant des pathologies associées comme le diabète ou l’hypertension, 40 % ont vu leur état de santé s’améliorer, permettant une réduction de leur traitement médicamenteux. Parallèlement, 1 124 pédiatres et professionnels ont été formés, et une plateforme numérique dédiée a été mise en place pour orienter les familles.

Dans les écoles, le programme « Nourriture pour l’action » a été institutionnalisé via une circulaire interministérielle. 7 656 enseignants et parents se sont inscrits à des boîtes à outils numériques et des séminaires. 31 écoles ont fonctionné comme « Health Hubs », accueillant 3 492 enfants et 1 390 parents. Par ailleurs, 694 professeurs d’éducation physique ont été formés pour promouvoir l’activité sportive comme levier de santé. Des outils pédagogiques adaptés aux enfants en situation de handicap ont également été distribués pour garantir une inclusion équitable.

Des avancées concrètes dans les habitudes de vie

Les chiffres témoignent d’un changement profond dans les comportements. La fréquence des mesures du poids et de la taille lors des visites pédiatriques est passée de 69 % à 72,5 %, signe d’un suivi préventif renforcé. Côté alimentation, plus de 130 000 repas sains et de fruits frais ont été distribués dans 435 écoles primaires, tandis que 99 328 adolescents ont participé à des ateliers dans 1 625 écoles à travers le programme « Le voyage de l’alimentation ». Ces ateliers, organisés sur les marchés de 23 municipalités, ont permis de collecter et redistribuer plus de 20 tonnes de denrées à des familles vulnérables.

L’activité physique a également connu un essor notable. 135 000 enfants ont pratiqué gratuitement un sport dans le cadre du programme. La part des enfants participant à une activité sportive organisée est passée de 52,5 % à 60 %, et celle de ceux restant actifs au moins une heure par jour a augmenté de 49,9 % à 52,8 %. Enfin, 18 345 élèves ont pris part à des fêtes de l’activité physique et de la nutrition, organisées dans plus de 40 municipalités et dans les 13 régions du pays, de l’Evros à la Crète, en passant par Corfou ou Thessalonique.

Un bond dans l’information des parents

L’un des succès majeurs de l’initiative réside dans la sensibilisation des familles. La proportion de parents informés des recommandations de l’OMS sur l’alimentation saine des enfants et adolescents est passée de 29,4 % à 43,7 %, soit une hausse de 16,3 points. Concernant l’activité physique, le niveau d’information a progressé de 28,4 % à 42,5 %, soit 14,1 points de plus. Dans l’ensemble, 73,5 % des parents déclarent avoir été impliqués, directement ou indirectement, dans l’Action nationale contre l’obésité infantile, qui a ainsi touché l’ensemble des territoires grecs.

« Pendant des années, notre pays était confronté à une réalité qui n’honorait aucun d’entre nous », a déclaré Irini Agapidaki, vice-ministre de la Santé, lors de la cérémonie. « Les tristes premières places de la Grèce en Europe n’étaient pas seulement des chiffres décourageants dans des rapports. C’était un avertissement clair pour la santé de la prochaine génération. Nous avons décidé de ne pas rester les bras croisés. Avec l’UNICEF, nous avons élaboré une stratégie qui est sortie des bureaux, est entrée dans les écoles et a changé les mentalités. Le plus encourageant, c’est que la Grèce est passée du déni à l’action, puisque plus de 75 % des parents ont désormais été informés ou ont participé au programme. Cela montre que l’Action a touché le pays tout entier. »

Et maintenant ?

Les spécialistes estiment que, si les structures de contrôle et de prise en charge mises en place se poursuivent, les taux d’obésité infantile en Grèce devraient enregistrer une baisse continue d’ici 2040. Pour pérenniser ces résultats, le ministère de la Santé et l’UNICEF prévoient de maintenir les formations des professionnels de santé et d’étendre les outils numériques à de nouvelles régions. Une évaluation à mi-parcours est également prévue pour ajuster les actions en fonction des besoins émergents.

Cette initiative grecque, désormais citée en exemple par l’OMS, pourrait inspirer d’autres pays européens confrontés à des défis similaires en matière d’obésité infantile. Reste à savoir si d’autres États suivront cette voie, ou si la Grèce restera un cas isolé de réussite dans un continent où le surpoids chez les jeunes continue de progresser.

Plusieurs éléments clés ont contribué à son efficacité : une approche multisectorielle impliquant santé, éducation et familles, un financement européen solide via le plan « Grèce 2.0 », une mobilisation massive des acteurs locaux (écoles, pédiatres, diététiciens), et une communication ciblée auprès des parents pour changer les mentalités. L’institutionnalisation du programme dans les écoles a également joué un rôle central.