Selon Euronews FR, la Grèce fait face à une vague d’incendies d’une ampleur inédite, alors que le pays est déjà en proie à des températures extrêmes. Entre mardi 28 et mercredi 29 juillet, 37 feux de végétation se sont déclarés à travers le pays, dont sept foyers restent actifs ce jeudi 30 juillet. Les îles de Crète et de Lesbos sont les plus touchées, où les pompiers luttent contre des feux incontrôlables et des vents violents.
Ce qu'il faut retenir
- Trois pompiers ont péri dans l’exercice de leurs fonctions : deux en Crète et un dans le Péloponnèse.
- Un front de feu de plus de 15 km reste hors de contrôle au sud de la Crète, près de Réthymnon.
- Environ 8 000 personnes ont été évacuées en urgence, dont 700 relogées dans des gymnases.
- À Lesbos, 100 hectares ont brûlé, principalement des oliveraies et des forêts de pins.
- Les autorités grecques ont placé l’Attique, la Crète et les Cyclades en alerte maximale pour risque d’incendie.
Des vents à plus de 125 km/h attisent les flammes en Crète
Le front le plus critique se situe au sud de l’île de Crète, où les pompiers peinent à contenir un incendie qui s’étend sur plus de 15 kilomètres. Les vents violents, soufflant jusqu’à 125 km/h, rendent les opérations aériennes impossibles : deux hélicoptères ont d’ailleurs été cloués au sol hier. L’incendie, qui a débuté mercredi sur la côte sud, s’est rapidement propagé vers des zones touristiques comme Melampes, Agia Galini ou Agios Pavlos, ravageant au passage des terres agricoles et des habitations.
La vice-gouverneure de Réthymnon, Maria Lioni, a décrit « une nuit et une journée cauchemardesques ». Pour l’heure, aucun bilan officiel n’a été établi concernant le nombre de bâtiments détruits ou la superficie brûlée. Les autorités locales attendent que l’accès aux zones sinistrées soit sécurisé avant d’engager les recensements.
Un déploiement massif de moyens humains et matériels
Pour faire face à l’urgence, 224 pompiers, onze unités pédestres spécialisées et 53 véhicules de secours sont mobilisés en Crète, épaulés par des volontaires. Des renforts logistiques — camions-citernes et engins de chantier — ont été mis à disposition par la municipalité d’Agios Vassilios, la région de Crète et des acteurs privés. Malgré ces moyens, la situation reste critique, notamment en raison des conditions météo défavorables.
Deux pompiers tués en Crète, un troisième dans le Péloponnèse
Ce jeudi, des hommages ont été rendus aux deux sapeurs-pompiers morts en intervention à Krya Vrysi, dans la région d’Amari. Il s’agissait de Pantelis Diamantakis, pompier volontaire de 25 ans, et de Manolis Stratidakis, soldat du feu de 58 ans. Leurs circonstances exactes de décès n’ont pas encore été précisées par le Corps des sapeurs-pompiers. Un troisième pompier a également péri en combattant un incendie dans la péninsule du Péloponnèse.
« Les deux hommes ont perdu la vie alors qu’ils participaient aux opérations de lutte contre le feu. »
— Corps des sapeurs-pompiers grec
Des milliers d’évacuations et une gestion de crise sous tension
Dès mercredi après-midi, le service grec d’alerte d’urgence a déclenché des alertes répétées. À Agia Galini, station balnéaire prisée, 8 000 personnes ont été évacuées en urgence. Les garde-côtes ont mené des opérations de sauvetage par voie maritime depuis Triopetra, où les routes étaient impraticables. Environ 700 sinistrés ont été accueillis dans le gymnase de Festos, où des lits de camp et des produits de première nécessité leur ont été distribués. D’autres ont pu être relogés grâce à des hôtels ou via une plateforme numérique mise en place par le ministère du Tourisme et la Chambre hôtelière de Grèce.
« Nous avons accueilli les personnes contraintes de quitter la zone. Certains ont été pris en charge par des agences de voyages, mais la plupart ont été hébergés ici. »
— Grigoris Nikolidakis, maire de Festos
La fumée visible depuis l’espace et une accalmie relative à Lesbos
L’intensité des incendies est telle que les fumées ont été transportées par le vent sur près de 100 kilomètres au-dessus de la mer, selon les observations de l’Observatoire national d’Athènes. À Plomari, sur l’île de Lesbos, la situation s’est légèrement améliorée, même si des reprises de feu persistent. Environ 100 hectares ont été réduits en cendres, principalement des oliveraies et des forêts de pins. 92 pompiers, cinq unités pédestres spécialisées et 19 véhicules sont mobilisés sur place, avec le renfort de 20 pompiers supplémentaires venus de Thessalonique.
Les largages d’eau par voie aérienne ont repris à l’aube pour limiter les reprises de feu avant le retour des vents forts dans l’après-midi. Une évacuation préventive avait été organisée la veille à Agios Isodoros.
Un risque maximal d’incendie sur une grande partie du territoire
La Secrétairerie générale de la protection civile grecque a placé en alerte maximale les régions de l’Attique, de la Crète, des Cyclades et de la mer Égée septentrionale, ainsi que des zones du Péloponnèse et de la Grèce centrale. Les autorités appellent la population à la plus grande prudence : interdiction de brûler des broussailles ou des résidus agricoles, d’utiliser des outils produisant des étincelles (scies circulaires, appareils de soudure), d’allumer des barbecues ou d’enfumer des ruches. La combustion des terres agricoles est également prohibée pendant cette période.
La situation en Grèce s’inscrit dans un contexte européen marqué par des incendies ravageurs en France et en Espagne, poussant l’Union européenne à coordonner une réponse internationale depuis Bruxelles.