Les passagers d’EasyJet risquent de subir des perturbations sur leurs vols au départ de la France pendant près d’un mois. Selon Le Figaro, les principaux syndicats des personnels navigants commerciaux (PNC) de la compagnie ont déposé un préavis de grève couvrant toutes les bases françaises du 7 août au 2 septembre 2026. Cette mobilisation, suspendue brièvement en raison des incendies en Gironde, marque le retour d’un conflit social qui s’inscrit dans une dynamique de tensions récurrentes avec la direction.

Ce qu'il faut retenir

  • Un préavis de grève a été déposé par les syndicats SNPNC-FO, UNAC-CFE-CGC et UNPNC-CFDT pour une durée d’un mois, du 7 août au 2 septembre 2026.
  • La mobilisation avait été suspendue fin juillet pour ne pas aggraver les difficultés des habitants sinistrés par les incendies en Gironde.
  • Les syndicats dénoncent une « dégradation continue des conditions de travail », évoquant des plannings instables et des rotations pénalisantes.
  • Aucune journée de grève n’est encore officiellement arrêtée, mais les dates seront communiquées avec un préavis de 48 heures.
  • La direction est appelée à répondre « clairement et concrètement » aux revendications pour éviter des perturbations massives.

Une trêve de courte durée avant le retour du conflit

Le mouvement social avait été temporairement suspendu fin juillet à la demande des syndicats, afin de ne pas compliquer le retour des habitants sinistrés par les incendies en Gironde. Comme le rapporte Le Figaro, cette pause n’aura duré que quelques jours. Dès ce 4 août 2026, les organisations SNPNC-FO, UNAC-CFE-CGC et UNPNC-CFDT ont annoncé le dépôt d’un nouveau préavis de grève, couvrant l’intégralité des bases françaises d’EasyJet. Cette décision intervient après que les syndicats ont estimé que « la situation s’est stabilisée » en Gironde, permettant de reprendre le bras de fer avec la direction.

Dans leur communiqué, les syndicats rappellent que cette suspension avait été décidée « afin de permettre aux habitants sinistrés de regagner leur domicile dans les meilleures conditions possibles ». Leur retour en grève marque donc une reprise des hostilités, alors que la saison estivale bat son plein et que les passagers redoutent des perturbations majeures.

Des revendications persistantes sur les conditions de travail

Ce nouveau préavis s’inscrit dans une séquence de tensions déjà anciennes entre les personnels navigants et la direction d’EasyJet France. Les syndicats dénoncent une « dégradation continue des conditions de travail » depuis près d’un an. Selon eux, les alertes répétées n’ont jamais obtenu de réponse satisfaisante de la part de la compagnie. Parmi leurs griefs, ils citent « l’instabilité chronique des plannings », « les changements de dernière minute », « les trippings imposés », des « rotations particulièrement pénalisantes » et « l’absence totale de mesures protectrices ».

Pour l’UNPNC-CFDT, l’urgence est désormais de « engager sans délai de véritables négociations afin d’éviter une crise sociale dont les premières victimes seraient les passagers ». La direction est appelée à apporter des « solutions claires, concrètes et engageantes » pour éviter que le préavis ne se transforme en mobilisation effective. Les syndicats précisent cependant qu’ils restent « ouverts au dialogue » et que le préavis pourrait être levé si des avancées significatives sont obtenues.

Des perturbations limitées mais possibles pendant l’été

À ce stade, aucune journée précise de grève n’a encore été arrêtée. Les syndicats ont indiqué que les dates de mobilisation seront communiquées au moins 48 heures à l’avance, afin de permettre aux voyageurs de s’organiser. Contrairement à une idée reçue, ce préavis ne signifie pas que tous les vols seront perturbés entre le 7 août et le 2 septembre. Seules certaines journées feront l’objet d’appels à la grève, qui seront annoncés au fur et à mesure.

Pour les passagers, cette incertitude complique l’organisation des vacances. EasyJet, qui mise sur une saison estivale déjà tendue, se retrouve une fois de plus sous le feu des projecteurs pour des raisons sociales. La compagnie, qui avait déjà connu des mouvements de grève fin juillet, devra désormais faire face à une pression accrue de la part de ses employés, tout en limitant l’impact sur sa clientèle.

« Les premières victimes [d’une éventuelle crise sociale] seraient les passagers. »
UNPNC-CFDT, dans un communiqué du 4 août 2026

Un conflit qui dépasse le cadre d’une simple négociation salariale

Au-delà des questions de rémunération, ce conflit illustre des tensions structurelles au sein d’EasyJet France. Les syndicats pointent du doigt une organisation du travail qu’ils jugent oppressante et peu respectueuse des équilibres personnels. Les « trippings imposés » — des affectations de dernière minute imposées aux équipages — et les rotations « particulièrement pénalisantes » sont au cœur de leurs revendications. Depuis des mois, ils multiplient les alertes, mais sans obtenir de réponses concrètes de la part de la direction.

Cette situation rappelle celle d’autres compagnies aériennes en Europe, où les personnels navigants dénoncent des conditions de travail de plus en plus difficiles. EasyJet, qui mise sur une image low-cost tout en cherchant à maintenir des standards de service élevés, se retrouve donc au cœur d’un débat plus large sur l’équilibre entre productivité et bien-être au travail dans le secteur aérien.

Et maintenant ?

Les prochaines 48 heures seront déterminantes pour savoir si le préavis de grève sera maintenu ou levé. La direction d’EasyJet France dispose désormais d’un délai pour proposer des concessions significatives aux syndicats, sous peine de voir le mouvement s’amplifier. Pour les passagers, l’incertitude plane : si les dates de grève sont annoncées, il leur faudra prévoir des alternatives pour leurs déplacements. Une chose est sûre : ce conflit, suspendu puis relancé en l’espace de quelques jours, montre que les tensions sociales au sein de la compagnie sont loin d’être résolues.

Reste à voir si EasyJet parviendra à désamorcer la crise avant le 7 août. Une issue négociée semble encore possible, mais le temps presse. Pour les syndicats, l’enjeu est double : obtenir des améliorations tangibles pour leurs membres, tout en évitant de pénaliser une clientèle déjà fragilisée par des années de crises successives dans le transport aérien.

La suite des événements dépendra donc de la capacité des deux parties à trouver un terrain d’entente, dans un contexte où ni les passagers ni les personnels navigants ne semblent prêts à céder.

Le préavis a été déposé par trois syndicats : SNPNC-FO, UNAC-CFE-CGC et UNPNC-CFDT.

Les syndicats dénoncent l’instabilité des plannings, les changements de dernière minute, les rotations pénalisantes et l’absence de mesures protectrices pour les personnels navigants.