Les transports sanitaires privés seront partiellement paralysés ce mercredi 8 avril 2026, alors que deux syndicats majeurs d’ambulanciers appellent à la grève pour dénoncer les difficultés économiques du secteur. Selon BFM Business, les perturbations concerneront notamment les retours d’hospitalisation et les missions non urgentes, risquant de désorganiser la sortie des patients des établissements médicaux.

La Chambre nationale des services d’ambulances (CNSA), principale organisation représentative du secteur, a appelé à interrompre « tout ou partie des missions » entre 9 heures et 20 heures, à l’exception des interventions vitales. « Le mouvement prend bien, les taux de participation devraient être importants », a indiqué mardi Dominique Hunault, président de la CNSA, sans préciser de chiffres.

Ce qu'il faut retenir

  • Grève nationale des ambulanciers privés ce 8 avril 2025 entre 9h et 20h, sauf urgences vitales
  • 147 défaillances d’entreprises enregistrées en 2025, soit trois fois plus qu’en 2024
  • Les tarifs de l’Assurance maladie ne couvrent plus les coûts, avec 64 euros de l’heure pour une intervention préhospitalière
  • Deux syndicats en désaccord : la CNSA cible les tarifs, la FNMS dénonce une réforme de décentralisation
  • Des ambulanciers déjà réquisitionnés dans « plus de la moitié des départements »
  • Rencontres prévues ce mercredi au ministère de la Santé avec les deux syndicats

Des tarifs jugés insuffisants face à la hausse des charges

Les ambulanciers privés dénoncent un modèle économique « largement déficitaire ». Pour les interventions préhospitalières, où le Samu sollicite une ambulance privée, l’entreprise est rémunérée 64 euros de l’heure, montant qui doit couvrir la mise à disposition de deux ambulanciers, du véhicule, du matériel et des consommables. « Les tarifs de l’Assurance maladie sont insuffisants pour couvrir la hausse des charges », a souligné Dominique Hunault, précisant que ces missions représentent un coût réel bien supérieur.

La situation économique du secteur s’est fortement dégradée en 2025 : le nombre de défaillances d’entreprises a triplé par rapport à 2024, atteignant 147 faillites. La CNSA réclame le « déblocage de fonds d’urgence » et l’ouverture de négociations avec l’Assurance maladie pour « trouver un modèle soutenable ». « On ne peut plus continuer comme ça », a-t-il martelé.

Une réforme contestée qui divise le secteur

Le second syndicat, la Fédération nationale de la mobilité sanitaire (FNMS), mène un combat contre une réforme prévue dans le projet de loi de décentralisation. Ce texte prévoit de confier l’organisation des transports sanitaires d’urgence aux préfets. « Ni la profession ni le Samu n’ont été associés à la réflexion, on nous a mis de côté », s’indigne Olivier Assié, co-président de la FNMS. Selon lui, cette réforme risque de reléguer la « logique médicale » au second plan au profit d’une « approche organisationnelle ou sécuritaire ».

Pour marquer son opposition, la FNMS appelle ses membres à se retirer des tableaux de garde ambulancière, ces « moyens mis à disposition du Samu ». Pourtant, en cas de désistement massif, les préfets ont la possibilité de réquisitionner les ambulanciers disponibles. « Des ambulanciers ont déjà été réquisitionnés dans plus de la moitié des départements », précise Olivier Assié. Une situation qui illustre, selon lui, l’indispensabilité de ces professionnels sur le terrain.

Des perturbations attendues dans plusieurs régions

Les retards de sortie d’hospitalisation et les annulations de transferts non urgents devraient se multiplier dans la journée. Les patients concernés par des interventions programmées pourraient se retrouver bloqués, ce qui risque d’engorger certains services hospitaliers. « Les trajets de retour d’hospitalisation ou de retour de services d’urgences seront par exemple annulés », a détaillé la CNSA, sans préciser l’ampleur géographique des perturbations.

Les deux syndicats, CNSA et FNMS, seront reçus séparément ce mercredi au ministère de la Santé. Une rencontre qui pourrait donner lieu à des annonces ou à l’ouverture de discussions sur les revendications portées par les ambulanciers. Les attentes sont fortes, alors que le secteur affiche des signes de grande fragilité économique.

Et maintenant ?

Les négociations entre les représentants du secteur et les autorités sanitaires devraient s’intensifier dans les prochaines semaines, alors que la crise économique menace la continuité du service public de transport sanitaire. Une mission d’évaluation pourrait être confiée aux préfets pour évaluer l’impact de la réforme contestée, sans que le calendrier précis de ces discussions ne soit encore connu. D’ici là, les usagers des transports sanitaires pourraient subir des retards, tandis que les ambulanciers maintiennent la pression pour obtenir des garanties financières.

La situation reste à suivre, alors que le ministère de la Santé n’a pas encore communiqué de mesures d’urgence pour éviter un blocage total du secteur dans les prochains mois.

Ils protestent contre la dégradation de leur situation économique, avec des tarifs jugés insuffisants par l’Assurance maladie, et contre une réforme de décentralisation qu’ils estiment imposée sans concertation. Les deux syndicats, CNSA et FNMS, mènent des actions distinctes mais complémentaires pour alerter sur les risques de désorganisation du secteur.

Seules les missions d’urgence vitale seront assurées entre 9 heures et 20 heures, selon l’appel lancé par la CNSA. Les retours d’hospitalisation et les transferts non urgents seront interrompus, ce qui pourrait perturber les sorties de patients des établissements médicaux.