Selon Le Figaro, l’Iran a immédiatement douché l’optimisme affiché par Donald Trump jeudi 11 juin 2026 en annonçant qu’il n’avait pas encore pris de décision définitive concernant le projet d’accord avec les États-Unis. Une position qui contraste avec les déclarations du président américain, lequel a évoqué un « très bon accord » trouvé avec Téhéran, envisageant même une signature historique en Europe dès « ce week-end ».

Le média iranien Fars a pour sa part révélé que le texte en discussion prévoirait le déblocage de 24 milliards de dollars d’actifs iraniens, tandis que les cours du pétrole chutaient de plus de 5% dans la matinée du 12 juin, reflétant l’espoir d’un dénouement rapide au conflit. Pourtant, les tensions restent vives : l’autorité maritime iranienne a confirmé la veille que le détroit d’Ormuz, artère stratégique pour le transport d’hydrocarbures, restait totalement fermé « jusqu’à nouvel ordre », alors qu’il était traversé quotidiennement par une vingtaine de navires avant le début des hostilités en février 2026.

Ce qu'il faut retenir

  • Donald Trump a annoncé jeudi 11 juin 2026 avoir trouvé un « très bon accord » avec l’Iran pour mettre fin à la guerre, évoquant une signature en Europe dès « ce week-end »
  • Le guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, aurait selon le président américain validé cet accord-cadre, sans que Téhéran ne confirme cette information
  • L’Iran n’a pas encore pris de décision définitive, a indiqué le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaeil Baqaei
  • Le projet d’accord prévoit le déblocage de 24 milliards de dollars d’actifs iraniens et la réouverture immédiate du détroit d’Ormuz
  • Les cours du pétrole ont chuté de plus de 5% après les annonces de Trump, le baril de Brent passant sous les 87 dollars
  • L’Égypte a appelé Washington et Téhéran à saisir « l’opportunité » offerte par cet accord potentiel

Un revirement américain et des déclarations iraniennes contradictoires

Dans un communiqué publié jeudi soir sur Truth Social, Donald Trump a surpris en annulant des frappes américaines prévues contre l’Iran, seulement quelques heures après avoir menacé de « frapper très fort » Téhéran et évoqué la possibilité de prendre l’île de Kharg, principal terminal pétrolier iranien. « Les discussions et les points finaux ont été approuvés, tant dans leur concept que dans leurs détails, par toutes les parties concernées, notamment les États-Unis, Israël, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Qatar, la Turquie, le Pakistan, Bahreïn, le Koweït, la Jordanie, l’Égypte et d’autres », a-t-il affirmé, sans nommer explicitement l’Iran.

Cependant, le principal négociateur iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, avait auparavant critiqué les « stratégies inadaptées et les décisions impulsives » de Washington, évoquant un « bourbier sans fin » pour les États-Unis. Le ministère des Affaires étrangères iranien a ensuite précisé, via son porte-parole Esmaeil Baqaei, qu’aucune décision définitive n’avait encore été prise concernant l’accord. « Jusqu’à présent, l’Iran n’a pas encore abouti à une conclusion définitive concernant l’accord », a-t-il déclaré aux médias d’État, alors que Trump affirmait que Mojtaba Khamenei avait validé le compromis.

Le détroit d’Ormuz, symbole des tensions persistantes

Le détroit d’Ormuz, par lequel transitaient avant la guerre près d’un cinquième des hydrocarbures mondiaux, reste au cœur des tensions. L’Iran l’a verrouillé dès le début du conflit en février 2026, en représailles au blocus naval imposé par les États-Unis contre ses ports. Selon Axios, le projet d’accord prévoit sa réouverture immédiate et sans péage, ainsi qu’un allègement des sanctions contre Téhéran. Pourtant, l’autorité maritime iranienne a réitéré vendredi 12 juin que le passage restait totalement interdit « jusqu’à nouvel ordre ».

Sur le terrain, les hostilités se poursuivent malgré l’annonce de l’accord. Dans la nuit de mercredi à jeudi, l’armée américaine a ciblé « des installations de surveillance militaire, des systèmes de communication et des sites de défense aérienne iraniens à travers tout le pays ». Trois personnes ont été blessées, d’après les médias iraniens, qui ont fait état d’explosions sur l’île de Qeshm, à Minab, Sirik et dans le port de Bandar Abbas. L’Iran a riposté en tirant une vingtaine de missiles vers une base américaine à Azraq en Jordanie – tous interceptés – et en ciblant à nouveau les monarchies du Golfe avec des drones. À Bahreïn, une enfant a été blessée par des débris.

Les réactions internationales et les enjeux économiques

La possibilité d’un accord a immédiatement fait réagir les marchés. Vendredi 12 juin à 8h50 GMT, le prix du baril de Brent de la mer du Nord chutait de 4,37% à 86,43 dollars, tandis que le West Texas Intermediate reculait de 4,42% à 83,83 dollars. Cette baisse s’inscrit dans un contexte de flambée des cours des hydrocarbures, ayant poussé la Banque centrale européenne à relever ses taux d’intérêt pour la première fois depuis 2023 jeudi 11 juin.

Côté diplomatie, l’Égypte a appelé Washington et Téhéran à saisir « l’opportunité » offerte par cet accord potentiel. « Nous espérons que l’opportunité qui se présente sera saisie pour parvenir à un accord sur les différentes questions en suspens et préparer le terrain à la fin de la guerre et au début d’une nouvelle phase de stabilité régionale », a déclaré le ministère des Affaires étrangères égyptien dans un communiqué. De son côté, le président du Forum de Paris sur la paix, Philippe Étienne, a estimé que le sommet du G7 permettrait d’engager des discussions concrètes sur les guerres actuelles au Moyen-Orient et en Ukraine.

« Le sommet du G7 est un outil pour évoquer des solutions concernant le conflit au Moyen-Orient et en Ukraine. » — Philippe Étienne, président du Forum de Paris sur la paix, invité de Radio Classique le 12 juin 2026

Israël et les garanties sur l’uranium enrichi

Le bureau du Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu, a salué les annonces de Donald Trump en précisant que l’accord final inclurait « l’élimination de l’uranium enrichi » et « le démantèlement de l’infrastructure d’enrichissement » iranienne. « J’ai exprimé ma gratitude au président Trump pour s’être engagé sur le fait que l’accord final avec l’Iran inclurait le retrait du matériau enrichi et le démantèlement de l’infrastructure d’enrichissement », a indiqué Netanyahu dans un communiqué.

Cette position israélienne s’inscrit dans un contexte de relations tendues avec la Maison-Blanche ces dernières semaines. Selon Axios, Donald Trump aurait qualifié Benyamin Netanyahu de « complètement fou » lors d’un récent échange téléphonique, illustrant les divergences entre les deux alliés sur la gestion du dossier iranien.

Et maintenant ?

Si l’Iran maintient sa prudence, la signature de l’accord pourrait intervenir dès le week-end du 14-15 juin en Europe, selon les annonces de Donald Trump. Reste à savoir si Téhéran acceptera de finaliser le texte, notamment sur la question du contrôle du détroit d’Ormuz, et si les garanties israéliennes suffiront à apaiser les craintes régionales. Les prochaines 48 heures s’annoncent décisives pour la stabilité au Moyen-Orient.

En attendant, les marchés resteront attentifs aux moindres rebondissements, tandis que les populations des pays riverains du Golfe continueront de subir les conséquences d’un conflit qui dure depuis plus de quatre mois.

Un accord pourrait permettre une réouverture du détroit d’Ormuz, réduisant les perturbations dans l’approvisionnement en hydrocarbures et stabilisant les prix du pétrole. Les pays européens, dépendants des importations d’énergie, bénéficieraient d’une baisse des coûts et d’une réduction des tensions géopolitiques dans la région. La signature en Europe renforcerait également le rôle diplomatique de l’UE dans la résolution des conflits au Moyen-Orient.

Le détroit d’Ormuz est une voie maritime essentielle : avant la guerre, près d’un cinquième du pétrole mondial y transitait chaque jour. Son blocage par l’Iran en février 2026 a provoqué une crise énergétique mondiale, faisant flamber les prix du baril et perturbant les chaînes d’approvisionnement. Sa réouverture, prévue dans le projet d’accord, serait un signal fort de désescalade, mais sa fermeture reste un levier de pression majeur pour Téhéran dans les négociations.