L’armée soudanaise a annoncé, ce lundi 10 août 2026, avoir repris le contrôle d’une autoroute majeure reliant la capitale Khartoum, plongée dans un conflit depuis avril 2023, à El-Obeid, ville stratégique située au centre du pays. Cette avancée, revendiquée par les forces régulières, intervient alors que les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) cherchaient depuis des mois à s’emparer de cet axe logistique essentiel. Selon RFI, cette reprise marque un tournant dans les combats qui déchirent le Soudan depuis plus de trois ans.

Ce qu'il faut retenir

  • Une autoroute stratégique : l’axe relie Khartoum, capitale du Soudan, à El-Obeid, ville clé du centre du pays.
  • Un conflit de plus de trois ans : la guerre a éclaté en avril 2023 entre l’armée régulière et les paramilitaires des FSR.
  • Une reprise militaire : l’armée affirme avoir repris le contrôle de cette route après des mois de combats.
  • El-Obeid dans le viseur : cette ville est un objectif majeur pour les FSR depuis le début du conflit.

Un axe logistique vital pour les deux camps

L’autoroute en question, qui traverse le centre du Soudan, est bien plus qu’une simple route : elle représente une artère vitale pour le ravitaillement des populations et des troupes. Depuis le début du conflit, les deux belligérants se disputent le contrôle de ces axes pour asphyxier l’adversaire. Les Forces de soutien rapide (FSR), dirigées par le général Mohamed Hamdan Daglo, ont multiplié les offensives autour d’El-Obeid, ville située à environ 350 kilomètres au sud-ouest de Khartoum. Pour l’armée régulière, dirigée par le général Abdel Fattah al-Burhan, conserver cet axe est une question de survie stratégique. Selon RFI, cette reprise intervient après plusieurs semaines de combats intenses dans la région.

Un tournant possible dans le conflit

Cette avancée militaire pourrait redessiner la carte des zones sous contrôle dans le centre du Soudan. El-Obeid, troisième ville du pays, est un carrefour économique et militaire. Son contrôle permettrait à l’armée régulière de sécuriser une partie du territoire et de menacer les positions des FSR dans cette zone. Le général al-Burhan, président du Conseil de souveraineté et chef des forces armées, a salué cette reprise dans un communiqué diffusé ce matin. « La reprise de cet axe est une étape cruciale dans la restauration de l’autorité de l’État », a-t-il déclaré, sans préciser si d’autres opérations étaient prévues dans les prochains jours.

Un conflit aux conséquences humanitaires dramatiques

Depuis le début des hostilités en avril 2023, le conflit au Soudan a fait plus de 15 000 morts et déplacé plus de 10 millions de personnes, selon les dernières estimations de l’ONU. Les combats autour d’El-Obeid ont aggravé la crise humanitaire, avec des pénuries de nourriture, d’eau et de médicaments dans plusieurs régions du pays. Les organisations internationales, comme le Programme alimentaire mondial (PAM), alertent depuis des mois sur l’aggravation de la famine dans les zones sous tension. Selon RFI, les habitants d’El-Obeid et des localités voisines vivent depuis des semaines sous la menace constante des combats et des exactions commises par les deux camps.

« La situation humanitaire à El-Obeid et dans ses environs est catastrophique. Les populations sont prises en étau entre les deux belligérants, et l’accès aux soins et à la nourriture devient de plus en plus difficile », a indiqué un responsable de l’ONU sous couvert d’anonymat.

Et maintenant ?

La reprise de l’autoroute par l’armée régulière ouvre plusieurs scénarios possibles pour les prochaines semaines. Si cette avancée se confirme, les FSR pourraient se replier vers d’autres zones, comme la région du Darfour, où leurs positions restent solides. Les observateurs s’attendent à de nouveaux affrontements autour d’El-Obeid dans les jours à venir, alors que les deux camps tentent de consolider leurs gains territoriaux. Une conférence de paix internationale, prévue à Genève en septembre 2026, pourrait également être influencée par l’évolution du front militaire. Reste à voir si cette reprise sera durable ou si elle marquera le début d’une nouvelle phase de combats encore plus intenses.

Pour l’instant, la situation reste extrêmement volatile. Les populations civiles, déjà exsangues après trois ans de guerre, doivent faire face à une insécurité persistante et à des conditions de vie de plus en plus précaires. La communauté internationale, qui a jusqu’ici échoué à trouver une issue diplomatique, pourrait être appelée à jouer un rôle plus actif dans les prochaines semaines.