La guerre en Iran, déclenchée le 28 février 2026, a provoqué une volatilité sans précédent sur les marchés de l’énergie, profitant directement aux géants britanniques BP et Barclays. Selon Euronews FR, ces deux entreprises ont vu leurs résultats trimestriels markedly améliorés grâce à des activités liées à la crise géopolitique.

Ce qu'il faut retenir

  • BP enregistre un bénéfice sous-jacent de 3,2 milliards de dollars au premier trimestre 2026, soit plus du double par rapport au trimestre précédent
  • Les activités de trading de pétrole de BP ont bénéficié de la flambée des prix du Brent, passés de 70 à plus de 120 dollars le baril entre février et mars
  • Barclays affiche une hausse de 6 % de ses revenus totaux, atteignant 9,5 milliards d’euros, mais voit son rendement des capitaux propres reculer à 13,5 %
  • La banque a enregistré une perte de 264 millions d’euros liée à la faillite du prêteur hypothécaire Market Financial Solutions (MFS)
  • Les actions de BP progressent de plus de 2 % en Bourse, tandis que celles de Barclays reculent d’environ 2 %

BP : des profits dopés par le trading pétrolier dans un contexte de guerre

Les résultats financiers de BP pour le premier trimestre 2026 reflètent une performance exceptionnelle, directement liée à l’escalade des tensions en Iran. Le groupe britannique a annoncé un bénéfice sous-jacent au coût de remplacement de 3,2 milliards de dollars (2,7 milliards d’euros), contre 1,5 milliard un trimestre plus tôt. Cette progression s’explique principalement par une contribution « exceptionnelle » des activités de trading de pétrole et une amélioration des performances dans le midstream, comme l’a précisé BP dans un communiqué.

La volatilité des cours du pétrole, passée de 70 dollars le baril début février à plus de 120 dollars fin mars avant de se stabiliser autour de 110 dollars en avril, a généré des opportunités de profit importantes pour le groupe. Les opérations pétrolières sont restées stables, avec une production amont maintenue à 2,3 millions de barils équivalent pétrole par jour. BP a également souligné son exposition au Moyen-Orient, avec une production de 411 000 barils équivalent pétrole par jour dans la région, incluant des activités à Abou Dhabi, Oman et en Irak.

« Le bénéfice sous-jacent au coût de remplacement pour le trimestre s’est élevé à 3,2 milliards de dollars, contre 1,5 milliard de dollars au trimestre précédent. Par rapport au quatrième trimestre 2025, ce résultat reflète une contribution exceptionnelle des activités de trading de pétrole et de meilleures performances dans le midstream. »

— Communiqué de BP

En Bourse, l’action BP a progressé de plus de 2 % en milieu de journée, reflétant la confiance des investisseurs dans la capacité du groupe à tirer profit de la crise énergétique actuelle.

Barclays : la volatilité compense les pertes sur prêts, mais inquiète les marchés

De son côté, Barclays a présenté des résultats en demi-teinte pour le premier trimestre 2026. La banque britannique a enregistré une hausse de 6 % de ses revenus totaux, atteignant 8,2 milliards de livres (9,5 milliards d’euros), et un bénéfice avant impôts de 2,8 milliards de livres (3,2 milliards d’euros), en légère progression par rapport à l’année précédente. Cependant, son principal indicateur de rentabilité, le rendement des capitaux propres tangibles (RoTE), a reculé à 13,5 %, contre 14 % un an plus tôt.

La volatilité des marchés, exacerbée par la guerre en Iran, a dopé les revenus de Barclays, notamment grâce à des performances solides dans sa division banque d’investissement. Cette dernière a dépassé pour la première fois les 4 milliards de livres (4,6 milliards d’euros) de revenus sur un trimestre, portés par le trading et les activités de conseil. Will Howlett, analyste chez Quilter Cheviot, a souligné que cette croissance était tirée par une hausse de 16 % des revenus en un an, voire 23 % en dollars, ainsi que par une augmentation de 17 % des commissions dans ce secteur.

Malgré ces bonnes nouvelles, Barclays a dû faire face à des pertes significatives sur ses prêts, notamment à cause de la faillite de Market Financial Solutions (MFS). La banque a enregistré une charge de 228 millions de livres (264 millions d’euros) liée à cet événement. Son directeur général, C.S. Venkatakrishnan, a indiqué que la banque allait réduire ses prêts complexes et son exposition aux entreprises très endettées pour limiter les risques futurs.

Les investisseurs surveillent la solidité financière de Barclays

Alors que la banque d’investissement de Barclays a réalisé un trimestre « exceptionnel », selon les termes de Russ Mould, directeur des investissements chez AJ Bell, les investisseurs restent attentifs aux conséquences des pertes récentes sur prêts. Ces dernières pourraient, en effet, révéler un relâchement des critères d’octroi de crédit de la banque. En réponse, Barclays a annoncé un programme de rachat d’actions de 500 millions de livres (580 millions d’euros), portant le total des rachats à 1,74 milliard d’euros sur l’année. La banque a réaffirmé sa position financière solide, mais les marchés ont réagi négativement, avec un recul d’environ 2 % de son titre en Bourse.

Pour Will Howlett, la performance de Barclays reste « tirée par le trading sur actions dans un contexte de forte volatilité depuis le début de la guerre en Iran ». Une situation qui pourrait se prolonger tant que le conflit persiste et que les marchés énergétiques restent instables.

Et maintenant ?

La guerre en Iran devrait continuer de peser sur les marchés de l’énergie dans les semaines à venir, avec un impact direct sur les résultats des entreprises comme BP. Pour Barclays, l’enjeu sera de concilier la rentabilité de sa banque d’investissement avec une gestion rigoureuse de son portefeuille de prêts. Les prochains trimestres seront cruciaux pour évaluer si les pertes enregistrées sont des cas isolés ou le signe d’une fragilité plus structurelle.

Les investisseurs suivront également de près l’évolution des cours du pétrole et les annonces géopolitiques, qui pourraient influencer les stratégies des deux groupes. Une stabilisation des tensions en Iran pourrait, à terme, réduire la volatilité des marchés et, par ricochet, les profits exceptionnels générés par cette crise.

Au-delà de ces perspectives, la question centrale reste celle de la résilience des secteurs bancaire et énergétique face à des chocs géopolitiques prolongés. Pour BP, la dépendance aux marchés du Moyen-Orient pourrait devenir un sujet de préoccupation si le conflit s’enlise. Pour Barclays, le défi sera de restaurer la confiance des investisseurs dans sa gestion des risques, alors que la volatilité actuelle masque partiellement les faiblesses structurelles.