Cinq mois après le début de la guerre entre Israël, les États-Unis et l’Iran, la Corée du Sud s’impose comme la grande gagnante des marchés boursiers en 2026. Selon Euronews FR, l’indice KOSPI a enregistré une progression de 51,59 % depuis le 1er janvier, écrasant les performances des autres grandes places financières mondiales. Une performance qui contraste avec les craintes initiales d’un effondrement économique lié à la crise pétrolière et aux tensions géopolitiques.

Ce qu'il faut retenir

  • 51,59 % : la hausse de l’indice KOSPI sud-coréen depuis janvier 2026, soit 13 fois celle du S&P 500 américain
  • Un supercycle des puces mémoire, porté par Samsung Electronics et SK Hynix, explique en grande partie cette performance
  • Le baril de Brent a frôlé 120 dollars après la fermeture du détroit d’Ormuz en mars, avant de chuter de 25 % après l’annonce d’un cessez-le-feu
  • Les négociations pour une prolongation de l’accord, qui expire cette semaine, restent incertaines
  • La Grèce, Taïwan et la Pologne figurent parmi les autres marchés ayant le plus rebondi depuis fin mars

Une année boursière en trois actes, marquée par la guerre et la résilience asiatique

L’année 2026 a offert aux investisseurs une trajectoire boursière en trois temps, chacun plus mouvementé que le précédent. D’après Euronews FR, les marchés ont d’abord bénéficié, de janvier à fin février, d’un contexte porteur : espoirs de baisses de taux des banques centrales et un supercycle des semi-conducteurs ont propulsé les indices coréen (KOSPI) et taïwanais (TWII) à des niveaux records. Samsung Electronics et TSMC, leaders mondiaux des puces mémoire, ont tiré ces indices vers le haut, tandis que les investisseurs tablaient sur une poursuite de la croissance technologique.

Le deuxième acte, qui a débuté le 28 février 2026, a bouleversé cette dynamique. Des frappes aériennes conjointes américano-israéliennes contre des cibles iraniennes ont marqué le début d’un conflit ouvert, déclenchant une onde de choc sur les marchés. Le baril de Brent a dépassé les 120 dollars après la fermeture du détroit d’Ormuz le 4 mars, un verrou stratégique pour le commerce mondial du pétrole. En Corée du Sud, l’indice KOSPI, qui avait gagné plus de 50 % en deux mois, a plongé de 19 % en mars, sa plus forte baisse mensuelle depuis octobre 2008. Le S&P 500 américain s’est approché d’une zone de correction, tandis que les indices européens décrochaient sous la menace d’une stagflation.

Un rebond spectaculaire porté par le cessez-le-feu et la baisse du pétrole

Le troisième acte s’est ouvert début avril, lorsque des négociations menées par le Pakistan et la Chine ont abouti à une proposition de cessez-le-feu en cinq points. Le 7 avril, Donald Trump a officiellement annoncé un accord de deux semaines avec l’Iran, à condition que le détroit d’Ormuz soit rouvert. Depuis, les cours du pétrole ont chuté de près de 25 %, offrant un rebond salvateur aux marchés mondiaux. Les places boursières, jusqu’alors paralysées par l’incertitude géopolitique, ont retrouvé des couleurs, avec une accélération des gains à partir de fin mars.

Cette séquence a mis en lumière les disparités entre les économies. Si la Corée du Sud a été l’une des plus touchées par la crise — en raison de sa dépendance aux importations de pétrole et de son exposition aux semi-conducteurs —, elle a aussi été la plus résiliente. Son indice KOSPI a effacé l’intégralité de sa baisse de mars et affiche désormais une performance annuelle de 51,59 %. Un exploit qui s’explique par la domination de deux géants industriels : Samsung Electronics et SK Hynix, dont les actions ont respectivement progressé de près de 80 % depuis janvier. Leur résultat opérationnel au premier trimestre (57 000 milliards de wons pour Samsung, en hausse de 185 % sur un an) illustre la force du secteur des puces mémoire, dopé par la demande en IA et en cloud computing.

Trois classements, trois leçons : qui a le plus gagné, qui a le moins perdu, et qui peut encore rebondir

Pour comprendre les dynamiques à l’œuvre, Euronews FR propose trois angles d’analyse. Le premier compare les performances des indices boursiers depuis le début de l’année. Sans surprise, la Corée du Sud écrase la concurrence : son KOSPI surpasse le S&P 500 (3,85 % de gain), le Nasdaq (5 %) et l’Euro Stoxx 50 (3,40 %). Ce leadership s’explique par la concentration extrême du marché sud-coréen, où Samsung et SK Hynix représentent 41 % de la capitalisation totale du KOSPI.

Le deuxième classement se concentre sur la période de guerre, du 27 février au 30 mars. Ici, les gagnants se répartissent en trois catégories : les pays exportateurs de pétrole (Arabie saoudite, Norvège, Brésil, Colombie), les hubs technologiques résilients (Taïwan) et les marchés émergents volatils (Argentine, Turquie, Pologne). L’ETF iShares MSCI South Korea (EWY) s’est notamment distingué en retrouvant son niveau d’avant-guerre, effaçant la chute de mars grâce à un rebond post-Ormuz.

Le troisième indicateur, enfin, mesure les performances depuis le 30 mars, veille de l’initiative de paix sino-pakistanaise. La Corée du Sud et Taïwan trustent les deux premières places, confirmant leur statut de places fortes industrielles d’Asie. La Grèce, en troisième position, surprend par sa résilience : son indice, très exposé aux banques, a bénéficié de la baisse du pétrole et de la perspective d’un assouplissement de la politique monétaire de la BCE. La Pologne, les Pays-Bas et la Suède complètent ce peloton, chacun avec ses spécificités économiques.

« La Corée est le seul marché à figurer en tête dans deux de ces trois classements. À ce stade, son parcours boursier est l’histoire la plus marquante de 2026. »

Analystes de Goldman Sachs, note de recherche du 6 mars 2026

Et maintenant ?

Le cessez-le-feu de deux semaines annoncé par Donald Trump arrive à échéance cette semaine. Les négociations en cours à Islamabad pourraient aboutir à une prolongation de l’accord… ou à son échec. Lundi 21 avril, le détroit d’Ormuz n’était toujours pas rouvert en totalité, et chaque camp s’accusait mutuellement de violations. Si la Corée du Sud reste en tête, sa performance future dépendra de la stabilité du secteur des semi-conducteurs et de l’évolution des tensions géopolitiques. Pour les investisseurs, la question est simple : avril aura-t-il été un tremplin… ou un sommet ?

Ce que révèlent ces performances sur l’état de l’économie mondiale

Au-delà des chiffres, ces mouvements de marché illustrent trois tendances de fond. D’abord, la concentration des gains dans un nombre limité de secteurs et de pays, dominés par l’Asie et les technologies de pointe. Ensuite, la révélation des faiblesses structurelles : les économies européennes, moins résilientes, ont payé le prix fort pendant la crise, tandis que les pays émergents, plus volatils, ont pu profiter de la volatilité. Enfin, l’importance des réseaux d’influence : la médiation du Pakistan et de la Chine a joué un rôle clé dans la détente, montrant comment la géopolitique pèse désormais sur les équilibres économiques.

Les analystes soulignent aussi les risques à venir. La guerre en Iran reste un sujet de préoccupation, avec des négociations qui piétinent et une situation humanitaire préoccupante. En Corée du Sud, la dépendance excessive aux géants des semi-conducteurs expose le marché à un retournement si la demande en puces mémoire venait à faiblir. Quant à l’Europe, elle reste sous la menace d’un ralentissement économique, avec une BCE désormais contrainte d’adapter sa politique monétaire face à un contexte encore incertain.

Trois questions en suspens pour les prochaines semaines

Plusieurs échéances pourraient redessiner le paysage boursier d’ici la fin du printemps. La première concerne la prolongation du cessez-le-feu : un échec des négociations à Islamabad pourrait relancer la spéculation sur les marchés, avec un nouveau choc pétrolier et une volatilité accrue. La seconde porte sur les résultats trimestriels des géants technologiques asiatiques, dont dépend en grande partie la performance du KOSPI. Enfin, l’évolution des politiques monétaires, notamment aux États-Unis et en zone euro, pourrait influencer la trajectoire des indices européens, encore à la traîne en 2026.

Pour les investisseurs, la leçon est claire : en 2026, la résilience asiatique et la maîtrise des chaînes de valeur technologiques ont fait la différence. Mais cette performance reste fragile, dépendante de facteurs externes sur lesquels les marchés n’ont que peu de prise.

La Corée du Sud a été moins touchée que d’autres économies grâce à deux facteurs clés : la domination de ses champions industriels, Samsung Electronics et SK Hynix, dans le secteur des semi-conducteurs — un marché dopé par la demande en IA et en cloud computing — et une capacité à rebondir rapidement après la chute de mars 2026. Son indice KOSPI a perdu 19 % en mars, mais a ensuite effacé cette baisse grâce à la baisse du pétrole et à la reprise des exportations de puces mémoire. Selon Euronews FR, cette résilience s’explique aussi par une concentration extrême du marché, où les deux géants représentent 41 % de la capitalisation totale.

Le cessez-le-feu annoncé le 7 avril 2026 a marqué un tournant en réduisant l’incertitude géopolitique et en permettant une baisse des prix du pétrole de près de 25 %. Cette détente a relancé les marchés actions mondiaux, offrant un rebond spectaculaire aux places boursières jusqu’alors paralysées par la crise. La Corée du Sud et Taïwan, deux économies asiatiques fortement exposées à la dépendance énergétique du Moyen-Orient, ont été les principales bénéficiaires de cette amélioration. Selon Euronews FR, ce rebond illustre l’importance des facteurs externes — et non seulement des fondamentaux économiques — dans la dynamique des marchés en 2026.