Une excursion matinale vers le sommet du Morro Dois Irmãos, à Rio de Janeiro, a basculé dans la confusion ce lundi 20 avril 2026 après des échanges de tirs entre policiers et narcotrafiquants dans la favela de Vidigal, située en contrebas. Selon Le Figaro, plus de 200 touristes, dont une majorité d’étrangers, se sont retrouvés bloqués pendant près de deux heures à 533 mètres d’altitude, sans possibilité de redescendre en raison des combats en cours.

Ce qu'il faut retenir

  • 200 touristes, dont 70 % d’étrangers, bloqués pendant près de deux heures sur le Morro Dois Irmãos, à Rio de Janeiro.
  • Une fusillade oppose policiers et narcotrafiquants dans la favela de Vidigal, sans faire de blessés parmi les touristes.
  • Trois arrestations effectuées par la police civile, qui évoque une « mise en danger délibérée » des habitants et visiteurs.
  • La favela de Vidigal, habituellement « pacifique », attire chaque semaine des milliers de touristes pour sa vue imprenable sur les plages de Leblon et d’Ipanema.
  • Un incident qui survient six mois après l’opération policière la plus meurtrière de l’histoire du Brésil, ayant fait plus de 120 morts dans la zone nord de Rio.

Une excursion touristique interrompue par des tirs nourris

L’incident s’est produit alors que des groupes de touristes, accompagnés de guides locaux, gravissaient les pentes du Morro Dois Irmãos pour admirer le lever du soleil. Selon les autorités et un organisateur d’excursions cité par Le Figaro, les visiteurs ont dû patienter près de deux heures en altitude avant de pouvoir redescendre, les forces de l’ordre ne leur donnant le feu vert qu’après la fin des combats. « Il y avait plus de 200 personnes ce matin, 70 % étaient des touristes étrangers », a précisé Renan Monteiro, de l’agence Favela Turismo, à l’Agence France-Presse (AFP).

Des témoignages marqués par la peur et l’incompréhension

Plusieurs touristes ont livré des récits de leur expérience, évoquant une situation « terrifiante ». Debora Moraes, 28 ans, originaire de São Paulo, a raconté à l’AFP : «

C’était vraiment terrifiant. (...) Nous étions au milieu de la fusillade, l’hélicoptère (de la police) passait juste au-dessus de nous. Des gens se sont évanouis.
» Ariane Sampaio Moura, 41 ans, en vacances avec sa fille depuis samedi, a décrit un réveil brutal à 5h30 par le bruit des hélicoptères et des coups de feu. «
Nous partons le cœur serré car nous voulions rester et en profiter, mais le mieux maintenant, c’est de partir.
»

Une opération policière ciblée, sans victime parmi les civils

La police civile a indiqué dans un communiqué que l’intervention à Vidigal avait été déclenchée en réponse à des activités illégales. Selon elle, les trafiquants ont « ouvert le feu délibérément », mettant en danger « les habitants et les visiteurs de la zone ». L’opération, qui s’est soldée par trois arrestations, n’a fait aucun blessé parmi les touristes ou les riverains. Cependant, elle rappelle les tensions récurrentes entre forces de l’ordre et groupes criminels dans les favelas de Rio, où la criminalité reste un défi majeur pour les autorités.

La favela de Vidigal, bien que souvent présentée comme « pacifique et ouverte aux touristes », est régulièrement le théâtre d’affrontements lors d’opérations policières. « À chaque opération policière, les images tournent dans le monde entier et cela a un impact sur l’afflux de visiteurs », a souligné Renan Monteiro. Les autorités locales tentent de concilier sécurité et attractivité touristique, un équilibre difficile dans une ville où le tourisme international représente une manne économique majeure.

Un contexte sécuritaire déjà tendu à Rio

Cet incident survient six mois après l’opération policière la plus meurtrière de l’histoire récente du Brésil. Le 28 octobre 2025, une vaste opération dans plusieurs favelas de la zone nord de Rio avait fait plus de 120 morts, dont de nombreux civils, suscitant une vague d’indignation nationale et internationale. Les autorités avaient alors justifié cette intervention par la lutte contre les cartels, mais les dérives des forces de sécurité et la violence endémique avaient été largement critiquées.

Rio de Janeiro a accueilli plus de 2,1 millions de touristes étrangers en 2025, un record selon les données officielles. La ville, symbole mondial de beauté et de fête, reste néanmoins confrontée à des défis majeurs en matière de sécurité, particulièrement dans ses quartiers populaires. Les autorités locales et fédérales tentent de rassurer les visiteurs tout en luttant contre la criminalité organisée, un exercice délicat dans une métropole où les inégalités sociales alimentent les tensions.

Et maintenant ?

Les autorités brésiliennes devraient renforcer les mesures de sécurité dans les favelas touristiques comme Vidigal, tout en évaluant l’impact de cet incident sur l’image du pays. Une enquête interne pourrait être ouverte pour analyser les circonstances de la fusillade, notamment les raisons ayant conduit à la mise en danger des civils. Pour les touristes, cet épisode rappelle que les excursions en altitude dans les favelas, bien que populaires, comportent des risques qu’il convient de prendre en compte avant de s’engager.

Reste à voir si cet incident entraînera des ajustements dans les protocoles de sécurité ou une baisse de fréquentation dans les zones concernées. Les prochaines semaines seront déterminantes pour évaluer l’ampleur des conséquences, tant sur le plan sécuritaire que touristique.

Vidigal, située entre les quartiers huppés de Leblon et d’Ipanema, offre une vue imprenable sur les plages et la baie de Rio. Elle est souvent présentée comme une favela « pacifique » et accessible, proposant des visites guidées pour découvrir la culture locale et des points de vue exceptionnels. Des milliers de touristes y passent chaque semaine, attirés par cette combinaison de paysages et de vie communautaire.