Selon nos confrères de Euronews FR, la guerre déclenchée fin février 2026 entre les États-Unis, Israël et l’Iran a provoqué une flambée des prix de l’énergie en Europe. Entre mars et août, les quatre principaux pays touchés – les Pays-Bas, l’Italie, la France et l’Espagne – ont supporté un surcoût cumulé de 41 milliards d’euros pour leurs importations de combustibles fossiles, sans augmentation des volumes importés.
Ce qu'il faut retenir
- Les Pays-Bas, l’Italie, la France et l’Espagne ont subi des surcoûts respectifs de 11,5 milliards, 12,7 milliards, 10,8 milliards et 8,8 milliards d’euros entre mars et août 2026.
- Sur 170 pays étudiés, 134 ont payé leur diesel plus cher que prévu avant le début du conflit, selon le Centre de recherche sur l’énergie et l’air propre (CREA).
- La crise a ajouté 282 milliards d’euros aux factures mondiales d’importation, dont 140 milliards imputables au seul pétrole.
- Les prix du gaz naturel liquéfié (GNL) ont progressé de 60 % dans l’Atlantique et de 75 % dans le Pacifique, tandis que ceux du diesel et de l’essence ont bondi de 59 %.
- Les énergies renouvelables ont permis à l’Europe d’économiser 36 milliards d’euros en évitant des achats de combustibles fossiles depuis le début de la crise.
- Plus de 100 ONG européennes demandent à la Commission européenne de présenter un plan de sortie accélérée des énergies fossiles lors du discours sur l’état de l’Union du 16 septembre 2026.
Une dépendance coûteuse aux énergies fossiles
La guerre entre Israël, les États-Unis et l’Iran a perturbé les approvisionnements énergétiques au Moyen-Orient, entraînant une hausse généralisée des prix. D’après le rapport du Centre de recherche sur l’énergie et l’air propre (CREA) cité par Euronews FR, cette crise a touché 134 pays sur 170, tous devant débourser plus que prévu pour leur diesel. Aux Pays-Bas, le surcoût a atteint 11,5 milliards d’euros, tandis que l’Italie a subi une facture supplémentaire de 12,7 milliards. La France et l’Espagne ne sont pas en reste, avec des hausses respectives de 10,8 milliards et 8,8 milliards.
Ces quatre pays totalisent à eux seuls 41 milliards d’euros de coûts supplémentaires, alors même que leurs volumes d’importation n’ont pas augmenté. Une situation qui illustre la vulnérabilité des économies européennes face aux fluctuations des prix du pétrole et du gaz. À l’échelle mondiale, la crise a alourdi de 282 milliards d’euros les dépenses liées aux importations d’énergies fossiles, dont 140 milliards proviennent uniquement du pétrole.
Le gaz et le diesel, les carburants les plus touchés
Les prix du gaz naturel liquéfié (GNL) ont enregistré des hausses spectaculaires : 60 % dans l’Atlantique et 75 % dans le Pacifique, selon les données du CREA. Le diesel et l’essence n’ont pas été épargnés, avec une augmentation de 59 % depuis le début du conflit le 28 février 2026. Pour compenser la perte d’approvisionnement en provenance du Moyen-Orient, les États-Unis et la Norvège sont devenus les principaux fournisseurs de pétrole et de GNL de l’Union européenne au premier trimestre 2026.
L’Europe, qui dépend fortement du diesel pour le fret, l’agriculture et l’industrie, subit de plein fouet cette hausse. « Chaque jour, les prix élevés du carburant se répercutent sur l’ensemble des chaînes d’approvisionnement, renchérissant le coût de biens essentiels », explique un analyste du CREA. Les ménages et les entreprises subissent ainsi une pression accrue sur leurs budgets, alors que l’inflation reste un enjeu majeur sur le continent.
Les énergies renouvelables, un bouclier contre les chocs énergétiques
Malgré ce contexte difficile, les investissements dans les énergies vertes commencent à porter leurs fruits. Selon le rapport du CREA, les capacités de production d’électricité renouvelable installées en Europe depuis 2020 ont permis d’économiser 36 milliards d’euros en évitant des achats de combustibles fossiles entre mars et août 2026.
Luke Wickenden, analyste énergie au CREA, en tire une leçon claire : « La meilleure façon de se prémunir contre la flambée des prix du pétrole est de sortir de l’or noir le plus rapidement possible ». Les pays ayant massivement investi dans les énergies propres après les précédentes crises énergétiques ont ainsi limité l’impact de la hausse des prix. « Chaque unité de gaz, de pétrole ou de charbon remplacée par de l’électricité verte représente une économie directe », souligne-t-il.
Les énergies renouvelables et l’électrification ne servent plus seulement à réduire les émissions de CO₂, mais deviennent un rempart contre les chocs géopolitiques. Les pays où la part d’électricité verte est élevée et la dépendance aux fossiles faible sont moins exposés aux fluctuations des prix internationaux.
« Les renouvelables ont fait économiser des milliards à l’Espagne, mais un secteur des transports, de l’aviation et de l’industrie toujours dépendant du pétrole fait que chaque habitant supporte encore un surcoût brut d’importations de combustibles fossiles de 181 euros », indique Isaac Levi, responsable de l’équipe chargée des politiques Europe-Russie et de l’analyse énergétique au CREA. « L’expérience espagnole montre que l’électricité verte doit désormais s’accompagner d’une électrification plus rapide de l’ensemble de l’économie. »
Les ONG appellent l’UE à accélérer sa transition énergétique
Face à cette crise, plus de 100 organisations environnementales, dont Climate Action Network Europe, ont adressé une lettre à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. Elles lui demandent de présenter un plan ambitieux pour sortir des énergies fossiles lors de son discours sur l’état de l’Union, prévu le 16 septembre 2026.
Dans ce courrier, les signataires soulignent que l’Europe paie « deux fois sa dépendance aux énergies fossiles » : d’abord par la hausse des coûts de l’énergie, ensuite par l’aggravation des impacts du changement climatique. « Rien de tout cela n’est fortuit. La dépendance aux énergies fossiles a, à maintes reprises, sapé la prospérité de l’Europe et limité sa capacité d’action dans le monde », peut-on lire dans la missive.
Les ONG réclament un rapport indépendant, similaire au rapport Draghi, détaillant les modalités d’une sortie complète des énergies fossiles. Leur proposition mise sur les énergies renouvelables, l’efficacité énergétique, les réseaux intelligents et la flexibilité des systèmes. Elles insistent également sur la nécessité de sécuriser les chaînes d’approvisionnement pour les matériaux critiques, indispensables aux industries européennes des énergies propres.
Une chose est sûre : cette crise rappelle, une fois de plus, que la sécurité énergétique passe par une sortie accélérée des énergies carbonées. Les prochains mois seront décisifs pour l’avenir du continent.
L’Europe reste fortement dépendante des importations de pétrole et de gaz, notamment en provenance du Moyen-Orient. La guerre entre Israël, les États-Unis et l’Iran a perturbé ces approvisionnements, provoquant une hausse des prix. De plus, certains pays européens n’ont pas suffisamment diversifié leurs sources d’énergie ni accéléré leur transition vers les renouvelables, ce qui les rend plus sensibles aux chocs externes.